Un drone de reconnaissance Tekever AR3, fabriqué au Portugal et utilisé par les forces ukrainiennes, a été abattu par l’armée russe dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine, selon Euronews FR. Les autorités russes ont qualifié ce modèle d’« rare », en raison de ses caractéristiques techniques distinctives et de sa structure atypique. L’appareil, intact à l’exception du moteur endommagé, a été transféré vers un institut de recherche pour analyse, comme l’a confirmé l’agence de presse russe TASS.

Ce qu'il faut retenir

  • Un drone portugais Tekever AR3, utilisé par l’Ukraine, a été intercepté par les forces russes près de Briansk le 8 août 2026.
  • L’engin, d’une envergure de près de 4 mètres et pesant seulement 25 kg, est considéré comme un modèle « rare » par les militaires russes.
  • Le Tekever AR3 est équipé d’une portée de communication allant jusqu’à 230 km et d’une vitesse de croisière comprise entre 75 et 90 km/h.
  • Les exportations de drones Tekever vers l’Ukraine ont généré plus de 85 millions d’euros en 2025, faisant du Portugal l’un des principaux fournisseurs d’UAV du pays.
  • L’interception a nécessité une poursuite de 30 minutes par un drone russe « Lis », dont la batterie était presque épuisée lors de l’assaut final.

Un drone portugais au service de l’Ukraine

Le Tekever AR3, un véhicule aérien sans pilote (UAV) de reconnaissance, a été abattu par le bataillon russe de lutte antidrones dans la région de Briansk, une zone frontalière avec l’Ukraine. Selon les déclarations d’un officier russe cité par TASS et relayées par Euronews FR, l’appareil présentait une structure inhabituelle au niveau de la queue et des ailes, ce qui a surpris les militaires russes. « Un drone de reconnaissance ennemi a pénétré dans notre secteur. Nous avons été surpris, car nous n’avions jamais rien vu de tel », a expliqué ce commandant, identifié sous le pseudonyme de « Fantôme ».

Les forces russes ont souligné l’importance stratégique de ces UAV, qui permettent aux Ukrainiens de tracer des itinéraires pour leurs drones d’attaque et de localiser les positions ennemies. « Il est important d’abattre les UAV de reconnaissance parce que, premièrement, ils tracent des itinéraires pour que les drones ennemis puissent voler. Deuxièmement, ils recherchent nos positions afin de pouvoir nous attaquer », a-t-il précisé. Après son interception, le drone est tombé intact — à l’exception d’un moteur endommagé — et a été transféré vers un institut de recherche pour une analyse approfondie de sa conception et de ses caractéristiques techniques.

Des caractéristiques techniques remarquables

Le Tekever AR3 se distingue par ses performances : une envergure de près de 4 mètres, un poids de seulement 25 kg, une vitesse de croisière comprise entre 75 et 90 km/h, et une portée de communication allant jusqu’à 230 km. Ricardo Mendes, PDG de Tekever, a décrit ces appareils comme de véritables « ordinateurs volants », capables de transmettre des données en temps réel sur de longues distances. Fondée en 2001, cette entreprise portugaise est devenue le premier exportateur de drones vers l’Ukraine, avec des revenus dépassant 85 millions d’euros en 2025.

Les relations commerciales entre le Portugal et l’Ukraine ont fortement progressé grâce à ces exportations. En seulement six ans, le classement des exportations nationales ukrainiennes vers le Portugal est passé de la 75e à la 36e place, selon les données disponibles. Le Tekever AR3, utilisé pour la reconnaissance, joue un rôle clé dans cette dynamique, en fournissant à l’Ukraine des informations cruciales pour ses opérations militaires.

Une interception qualifiée de « très difficile » par l’armée russe

L’interception du drone portugais a représenté un défi majeur pour les forces russes. Selon les militaires cités par TASS, le Tekever AR3 tournait en cercles à une altitude d’environ 2,5 kilomètres, à une vitesse de 90 à 100 km/h, rendant toute approche impossible pendant près de 30 minutes. L’engin a été détecté par radar avant d’être pris en chasse par un drone intercepteur russe, le « Lis » (Renard), spécialement conçu pour détruire les UAV ennemis.

Le « Lis » est un petit UAV à aile fixe équipé d’une ogive d’environ 1 kg et d’un système automatique d’acquisition de cibles. Une fois lancé à la poursuite de sa cible, il se cale dans son sillage et déclenche sa charge explosive pour la détruire. Dans ce cas précis, l’équipage du « Lis » a dû agir avec rapidité : lors de l’assaut final, la batterie de l’intercepteur était presque épuisée, mais l’équipage a tout de même réussi à abattre le drone portugais. Les soldats russes ont qualifié cette opération de « très difficile ».

Et maintenant ?

L’analyse du Tekever AR3 par les spécialistes russes pourrait permettre de mieux comprendre les capacités des drones occidentaux utilisés en Ukraine et d’adapter les contre-mesures. Si ce modèle est effectivement considéré comme « rare » par Moscou, sa capture pourrait également influencer les stratégies de guerre électronique des deux camps. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer les conséquences de cette interception, notamment en termes de cybersécurité et de guerre technologique.

Pour l’Ukraine, la perte d’un tel appareil représente un coup dur, d’autant que Tekever reste un partenaire clé dans l’approvisionnement en drones de reconnaissance. Pour le Portugal, cette interception rappelle les risques liés à l’exportation de technologies militaires, alors que le conflit en Ukraine entre dans sa troisième année. Les relations entre Lisbonne et Kiev, renforcées par ces échanges, pourraient désormais faire l’objet d’un examen plus attentif de la part des autorités européennes.

Le Tekever AR3 est un drone de reconnaissance d’une envergure de près de 4 mètres, pesant 25 kg, avec une vitesse de croisière comprise entre 75 et 90 km/h et une portée de communication allant jusqu’à 230 km. Il est équipé de systèmes de transmission de données en temps réel, ce qui en fait un outil stratégique pour la localisation des positions ennemies et le guidage des drones d’attaque.

Les militaires russes ont été surpris par la structure atypique du Tekever AR3, notamment au niveau de la queue et des ailes. De plus, son interception intacte — à l’exception du moteur endommagé — a permis une analyse rapide de ses caractéristiques techniques, justifiant son classement comme modèle « rare » par les autorités russes.