Alors que les relations entre l’Europe et la Chine suscitent régulièrement des débats, la Serbie s’impose comme un cas à part sur le Vieux Continent. Selon Capital, le pays des Balkans est devenu, entre 2021 et 2025, le premier fournisseur d’armement de Belgrade, avec près de deux tiers des importations militaires serbes en provenance de Chine. Une dépendance qui s’étend désormais aux systèmes de défense avancés, comme en témoigne la possession de missiles de croisière supersoniques et de systèmes FK-3, un arsenal que la Serbie est le seul pays européen à détenir.
Ce qu'il faut retenir
- Un partenariat militaire sino-serbe en plein essor : près des deux tiers des importations d’armement serbes entre 2021 et 2025 provenaient de Chine, selon Capital.
- Des équipements chinois en possession de Belgrade : la Serbie dispose de missiles de croisière supersoniques sol-sol chinois, dont les CM-400AKG, ainsi que d’un système de défense aérienne FK-3.
- Un rapprochement stratégique avec Pékin et Moscou : la Serbie, candidate à l’UE depuis 2012, entretient des liens solides avec la Chine et la Russie, suscitant des interrogations chez ses voisins européens.
- Un partenariat français maintenu : malgré cette orientation chinoise, Belgrade a passé en 2024 une commande de 12 avions Rafale pour un montant de 2,7 milliards d’euros.
Un virage vers l’armement chinois
Mi-mars 2026, Aleksandar Vučić, président serbe, a confirmé publiquement la présence de missiles de croisière supersoniques chinois dans l’arsenal de son pays. Lors d’une intervention à la télévision nationale serbe, il a décrit ces engins comme « extrêmement coûteux » et « extrêmement efficaces », sans préciser leur nombre exact. Des photos diffusées sur les réseaux sociaux ont depuis révélé la présence de CM-400AKG, des missiles anti-navires capables d’atteindre des cibles à plus de 100 kilomètres de distance. Autant dire que cette acquisition marque un tournant dans la doctrine militaire serbe.
Outre les missiles, Belgrade s’est également doté d’un système de défense aérienne FK-3, une première en Europe. Ce système, capable d’intercepter des cibles à moyenne et longue portée, renforce considérablement les capacités de défense aérienne serbes. Ces acquisitions s’inscrivent dans une stratégie plus large de modernisation de l’armée, alors que la Serbie reste candidate à l’adhésion à l’Union européenne depuis 2012.
Un partenariat sino-serbe qui s’approfondit
Le rapprochement entre la Serbie et la Chine ne se limite pas à l’armement. Selon Capital, Pékin investit massivement dans les infrastructures serbes, avec des milliards d’euros injectés dans les transports, les mines, les usines et la production d’énergie. Cette coopération, formalisée lors d’une visite d’État d’Aleksandar Vučić en Chine le 25 mai 2026, a été saluée par une distinction remise au président serbe : la Médaille de l’amitié de la République populaire de Chine. Une cérémonie qui illustre l’importance accordée par les deux pays à leur alliance.
Pour autant, ce partenariat militaire sino-serbe ne fait pas l’unanimité en Europe. Certains pays voisins, comme la Croatie, ont déjà exprimé leurs inquiétudes. Andrej Plenkovic, Premier ministre croate, a mis en garde contre « ce type d’armement, qui est une nouveauté dans l’arsenal de l’armée serbe ». Selon lui, les partenaires de l’OTAN devront « en discuter » et évaluer les implications pour la sécurité régionale.
La France, partenaire historique de la Serbie, face à la concurrence chinoise
Malgré l’essor des liens sino-serbes, Belgrade n’a pas rompu ses relations avec l’Occident. En 2024, la Serbie a passé une commande de 12 avions de chasse Rafale auprès de Dassault Aviation, pour un montant de 2,7 milliards d’euros. Un contrat qui marque la volonté de modernisation de l’armée serbe, tout en maintenant un équilibre dans ses alliances. Selon Capital, cette commande s’inscrit dans une stratégie de diversification des approvisionnements militaires, alors que l’Europe cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Pour autant, le choix des Rafale en parallèle des équipements chinois interroge. Si la France reste un partenaire clé pour la Serbie, la montée en puissance des acquisitions chinoises pourrait, à terme, modifier l’équilibre géopolitique dans les Balkans. Une question d’autant plus sensible que Belgrade entretient également des liens étroits avec Moscou, autre acteur majeur dans le domaine de l’armement.
Reste à voir si la Serbie parviendra à concilier ses partenariats avec la Chine, la Russie et l’Occident, sans hypothéquer ses ambitions européennes. Une équation complexe qui pourrait, à terme, avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières.
Selon Capital, le choix des équipements chinois s’inscrit dans une stratégie de diversification des approvisionnements militaires, couplée à des investissements chinois massifs dans les infrastructures serbes. Ce partenariat permet à Belgrade de moderniser rapidement ses forces armées, tout en maintenant des liens avec d’autres acteurs comme la Russie ou la France.