La Suède a annoncé son intention d'interdire les PFAS, ces produits chimiques « éternels », dans les produits de consommation dès 2028, selon Euronews FR. Cette décision a été qualifiée de « victoire majeure pour la santé humaine et pour l'environnement suédois » par la ministre du Climat et de l'Environnement, Romina Pourmokhtari. Les PFAS, qui regroupent plus de 10 000 composés chimiques synthétiques, mettent des milliers d'années à se dégrader naturellement et ont été associés à des conséquences sanitaires néfastes, notamment à l'apparition de certains cancers.
Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) sont utilisées dans des produits du quotidien, des ustensiles de cuisine antiadhésifs aux vêtements, ainsi que dans des procédés industriels. On les retrouve pratiquement partout sur Terre, du sommet de l'Everest au sang humain. Une exposition chronique aux PFAS a été associée à des conséquences sanitaires néfastes, notamment à l'apparition de certains cancers, une baisse de la fertilité et des perturbations du système immunitaire.
Ce qu'il faut retenir
- La Suède interdira les PFAS dans les produits de consommation dès 2028.
- Les PFAS sont associés à des conséquences sanitaires néfastes, notamment à l'apparition de certains cancers.
- La France a déjà interdit les PFAS dans les produits de consommation en 2026.
- L'Union européenne doit présenter des propositions législatives sur les PFAS en 2027.
Les raisons de l'interdiction
Les PFAS font l'objet de restrictions croissantes à travers le monde en raison de leurs effets sur la santé humaine. « Les PFAS ne restent pas enfermés dans les produits. Ils s'échappent dans nos maisons, notre nourriture, notre eau et notre corps », explique Sian Sutherland, cofondatrice du groupe de campagne anti-plastique A Plastic Planet. La plus grande inquiétude concerne les personnes les plus vulnérables à la pollution chimique - les femmes enceintes et les bébés durant les 1 000 premiers jours de vie, période où l'exposition peut avoir des conséquences à vie qui se répercutent sur plusieurs générations.
La Suède emboîte ainsi le pas à la France, où une interdiction historique des produits chimiques « éternels » est entrée en vigueur en 2026. Elle prohibe la vente, la production ou l'importation de tout produit pour lequel il existe déjà une alternative aux PFAS. Plusieurs dérogations sont prévues à l'interdiction française, notamment pour les textiles jugés « nécessaires à un usage essentiel » ou à la souveraineté nationale.
Les prochaines étapes
L'Union européenne doit présenter en 2027 des propositions législatives sur les PFAS, mais l'adoption et la mise en œuvre de restrictions à l'échelle de l'UE pourraient prendre beaucoup plus de temps. D'autres pays européens ont déjà décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Le Danemark a interdit les PFAS dans les papiers et cartons destinés à entrer en contact avec les aliments en juillet 2020, avant d'étendre cette interdiction aux vêtements, aux chaussures et aux agents imperméabilisants en juillet 2026.
Ces législations nationales seront à terme remplacées par des règles harmonisées au niveau de l'UE, dont une proposition doit être présentée par la Commission en 2027. Ce texte devrait restreindre l'utilisation des PFAS dans les produits de consommation courante, comme les vêtements ou les boîtes à pizza, avec des dérogations pour certains secteurs stratégiques, tels que le domaine médical.
La Suède compte interdire ces substances dans les produits de consommation, notamment les vêtements, les chaussures, les agents imperméabilisants, les ustensiles de cuisine, les produits cosmétiques et les fart pour skis. L'interdiction devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2028. La proposition suédoise prouve que les gouvernements n'ont pas à accepter une chimie toxique comme le prix à payer pour la vie moderne.