La France a raté la date limite du 7 juin 2026 pour adopter la directive européenne sur la transparence salariale, comme le rapporte BFM Business. Cette directive vise à réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Malgré ce retard, un projet de loi est en route et le ministre du Travail espère pouvoir le voter avant la fin de l'année.
La directive prévoit différentes mesures, notamment l'obligation d'afficher les salaires sur les offres d'emploi ou la publication d'un index avec plusieurs indicateurs d'inégalité. Mais la mesure qui fait parler d'elle est la possibilité de connaître la moyenne des salaires des employés qui font un travail de valeur égale.
Ce qu'il faut retenir
- La France a raté la date limite pour adopter la directive européenne sur la transparence salariale.
- La directive vise à réduire les inégalités salariales entre les hommes et les femmes.
- Les entreprises devront afficher les salaires sur les offres d'emploi ou publier un index avec plusieurs indicateurs d'inégalité.
- La directive permettra de connaître la moyenne des salaires des employés qui font un travail de valeur égale.
- Les entreprises devront définir les catégories de postes de valeur égale et évaluer la valeur des postes.
Les enjeux de la transparence salariale
La transparence salariale est un enjeu important pour les entreprises et les salariés. Selon Sandrine Dorbes, consultante en rémunération, les entreprises sont inquiètes parce que c'est un changement structurel qui va falloir beaucoup plus se justifier qu'avant sur les choix en termes de rémunération.
Elle prend l'exemple des rémunérations des petites mains sur un point de deal dans le quartier Hoche à Grenoble, affichées en grand sur un mur. 300 euros la journée pour les vendeurs, 200 euros pour la sécurité, 150 euros pour les guetteurs, 250 euros pour l'approvisionnement. Cela montre que la transparence salariale peut être mise en place de manière simple et efficace.
La définition des catégories de postes de valeur égale
La notion de postes de valeur égale suscite beaucoup d'inquiétude parce qu'on n'a pas l'habitude de faire ça. Les catégories seront beaucoup plus panachées, il n'y aura pas tous les informaticiens ensemble. Les métiers qui auront la même 'valeur' iront dans la même catégorie.
Il faudra évaluer la valeur des postes, c'est-à-dire ce qu'ils apportent à l'entreprise. On peut utiliser la vieille méthode de pesée des postes, qui redevient d'actualité. Concrètement, on peut prendre les quatre critères de la directive, à savoir les compétences techniques et non-techniques, les efforts, les conditions de travail, les responsabilités.
Les réactions des entreprises et des syndicats
Patrick Martin, le patron du Medef, estime que la directive va dissuader les salariés qui veulent s'engager, qui veulent progresser, qui veulent être augmentés, parce qu'on va instaurer un principe d'égalitarisme. Mais Sandrine Dorbes pense qu'il ne connaît pas la directive, qui ne dit pas 'on donne la même chose à tout le monde', mais qui dit que si on fait des différences, il faut le justifier.
Les syndicats de leur côté estiment que la loi prévoit des sanctions insuffisantes. Mais pour Sandrine Dorbes, le plus gros risque est social : c'est comment les salariés vont s'en saisir.
La transparence salariale est un enjeu important pour les entreprises et les salariés. Il est essentiel de comprendre les implications de la directive européenne et de se préparer à la mise en place des mesures prévues.