Des scientifiques franco-japonais ont récemment démontré la capacité de l'ADN synthétique à garantir le chiffrement des informations, selon Franceinfo - Sciences. Cette découverte est particulièrement importante dans le contexte de l'avènement prochain de l'ordinateur quantique, qui menace de rendre accessibles tous les secrets actuellement protégés par des dispositifs de chiffrement.

Ce problème de sécurité est au cœur des préoccupations des lieux de pouvoir, car les gouvernements et les institutions travaillent à chiffrer et à décrypter les secrets diplomatiques, scientifiques, économiques et militaires. Les laboratoires civils et militaires à travers la planète sont en concurrence féroce pour parvenir en premier à maîtriser la technologie quantique, annoncée pour les années 2030/2035.

Ce qu'il faut retenir

  • L'ADN synthétique pourrait être utilisé pour sécuriser les messages sensibles.
  • Cette technologie permet de stocker de considérables quantités d'informations de manière stable et sécurisée.
  • Les chercheurs ont démontré la capacité de l'ADN synthétique à garantir le chiffrement des informations.

Les travaux de recherche

Une équipe pluridisciplinaire émanant du CNRS, des universités de Limoges et de Tokyo, de l'IMT Atlantique et de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI Paris - PSL) a publié des travaux de recherche très prometteurs début avril 2026. Ces travaux ont démontré qu'on pourrait être en mesure d'échanger un document, de manière sécurisée, en utilisant deux clés de chiffrement générées à Paris et à Tokyo à partir d'ADN synthétiques.

Ce procédé permet de stocker de considérables quantités d'informations : quelques milligrammes de matière peuvent héberger l'équivalent d'un million de disques durs d'ordinateurs. On parle en exaoctets, c'est-à-dire en milliards de gigaoctets. L'ADN synthétique est particulièrement stable et peut demeurer intact durant des milliers d'années. Contrairement au système quantique, il supporte très bien les communications longue distance.

Les avantages de l'ADN synthétique

Les chercheurs évoquent à ce propos des kilométrages possibles dépassant ceux de la Terre à la Lune. Dans leur modèle, pour verrouiller un document, seules deux clés de chiffrement uniques existent. Il faut la paire pour que l'échange devienne lisible. C'est donc un gage de sécurité, car toute clé partielle ne serait pas exploitable. Et les tentatives de copie via des opérations d'amplification génétique laisseraient des traces qui signaleraient la fraude.

Les réalisations sont encore au stade expérimental, mais elles témoignent de l'urgence à trouver des moyens d'assurer, dans un prochain monde post-quantique, la confidentialité des correspondances et des archives stratégiques.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à poursuivre les recherches pour améliorer la sécurité et la fiabilité de cette technologie. Les chercheurs devraient également travailler à rendre cette technologie plus accessible et plus abordable pour les utilisateurs. Pour l'instant, il est difficile de prédire exactement quand cette technologie sera prête pour une utilisation à grande échelle.

En conclusion, l'ADN synthétique pourrait être une solution prometteuse pour sécuriser les messages sensibles dans un monde post-quantique. Les travaux de recherche menés par les scientifiques franco-japonais ont démontré la capacité de cette technologie à garantir le chiffrement des informations de manière stable et sécurisée. Il reste à voir comment cette technologie sera développée et mise en œuvre dans les prochaines années.