Après près de trente ans de règne quasi ininterrompu sur le ciel européen, l’aéroport londonien de Heathrow vient de se faire souffler la première place par un rival bien plus jeune que lui, selon Le Figaro. L’aéroport d’Istanbul, ouvert seulement en 2018 et exploité 24 heures sur 24, a accueilli 8,15 millions de passagers en juillet, contre 7,86 millions pour Heathrow.
Ce recul s’explique en majeure partie par les tensions internationales, notamment les liaisons vers le Moyen-Orient, durement affectées par le conflit opposant l’Iran aux États-Unis, qui ont vu leur fréquentation reculer d’environ un cinquième sur un an en juillet. À cela s’ajoute un problème plus structurel, l’aéroport de Heathrow ne disposant que de deux pistes déjà exploitées quasiment à saturation.
Ce qu'il faut retenir
- L'aéroport d'Istanbul est devenu le plus fréquenté d'Europe, avec 8,15 millions de passagers en juillet.
- Heathrow a perdu sa première place après près de trente ans de règne.
- Les tensions internationales et le manque de capacité de Heathrow sont les principales raisons de ce recul.
Le contexte
De 1996 à 2019, Heathrow n’a jamais quitté la première marche du podium européen. Seule la pandémie de coronavirus l’en avait délogé en 2020, avant qu’il ne reprenne son titre en 2023 et le conserve jusqu’à cet été. L’aéroport d’Istanbul, quant à lui, n’aura donc mis que sept ans pour s’imposer face à des géants historiques comme Heathrow, Charles-de-Gaulle ou Francfort.
Les raisons du recul de Heathrow
Les liaisons vers le Moyen-Orient ont vu leur fréquentation reculer d’environ un cinquième sur un an en juillet, à cause des tensions internationales. De plus, l’aéroport de Heathrow ne dispose que de deux pistes déjà exploitées quasiment à saturation, ce qui limite sa capacité à absorber la croissance du trafic. Ses rivaux européens disposent quant à eux de marges bien plus larges pour absorber la croissance du trafic.
Les projets d'avenir
La direction de l’aéroport de Heathrow a jugé que les raisons de s’agrandir « n’ont jamais été aussi claires ». Le projet de troisième piste, en discussion depuis des années, permettrait à terme de traiter jusqu’à 150 millions de passagers par an, contre un peu moins de 85 millions attendus pour 2025. Cependant, l’issue du dossier reste toutefois incertaine, notamment en raison des changements dans le gouvernement britannique.