Le lait entier serait plus bénéfique pour la santé cardiovasculaire que les versions allégées, selon une étude norvégienne menée sur plus de 73 000 personnes sur trois décennies. Publiée par une équipe de l’Université d’Oslo, cette recherche, rapportée par Top Santé, remet en cause les recommandations nutritionnelles traditionnelles qui privilégient souvent les produits allégés pour limiter les risques de maladies cardiaques.

Ce qu'il faut retenir

  • 73 860 Norvégiens suivis pendant 30 ans dans le cadre de cette étude épidémiologique.
  • Le lait entier réduit de 10 % le risque de maladies cardiovasculaires par rapport au lait écrémé ou demi-écrémé.
  • Les acides gras saturés présents dans le lait entier ne semblent pas augmenter les risques, contrairement aux idées reçues.
  • Cette étude pourrait influencer les recommandations nutritionnelles futures en Europe du Nord.
  • Les chercheurs soulignent l’importance de réévaluer les critères de sélection des produits laitiers pour la santé publique.

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques norvégiens ont analysé les habitudes alimentaires et les données médicales de 73 860 adultes, tous suivis entre 1984 et 2015. Les participants consommant régulièrement du lait entier présentaient un risque réduit de 10 % de développer des maladies cardiovasculaires, comparés à ceux optant pour des versions allégées. « Ces résultats contredisent les idées reçues sur les dangers des graisses saturées dans le lait entier », a expliqué le Dr Dagfinn Aune, principal auteur de l’étude, à Top Santé.

Les acides gras saturés, longtemps pointés du doigt pour leur impact négatif sur le cholestérol LDL (le « mauvais cholestérol »), ne semblent pas, dans ce contexte, augmenter les risques cardiovasculaires. En revanche, l’étude met en lumière un paradoxe : les participants consommant du lait écrémé ou demi-écrémé ne bénéficiaient d’aucun avantage supplémentaire pour leur santé cardiaque. « On observe même une légère augmentation des risques chez ceux qui consommaient exclusivement des versions allégées », précise le chercheur.

Cette recherche s’inscrit dans un débat plus large sur les recommandations nutritionnelles en Europe. Pendant des années, les autorités sanitaires ont encouragé la consommation de lait écrémé ou demi-écrémé, arguant que les graisses saturées favorisaient les maladies cardiovasculaires. Pourtant, cette étude norvégienne suggère que d’autres facteurs, comme la présence de nutriments tels que le calcium, la vitamine D ou les protéines, pourraient jouer un rôle plus déterminant. « Le lait entier contient des éléments protecteurs dont nous commençons seulement à comprendre l’impact », a ajouté le Dr Aune.

Et maintenant ?

Si ces résultats sont confirmés par d’autres études, ils pourraient inciter les nutritionnistes à revoir leurs recommandations. Une révision des lignes directrices européennes sur la consommation de lait n’est pas exclue, mais elle dépendra des futures recherches. En attendant, les consommateurs pourraient être tentés de revenir au lait entier, à condition de respecter les apports journaliers recommandés.

Cette étude soulève également des questions sur la pertinence des produits laitiers allégés, souvent perçus comme plus sains. Pourtant, leur consommation massive n’a pas toujours été associée à une baisse des risques cardiovasculaires. « Il est temps de repenser notre approche des produits laitiers », a conclu le Dr Aune. Pour les autorités sanitaires, cela pourrait signifier une remise en question des politiques publiques actuelles, notamment dans les pays où le lait écrémé est massivement distribué dans les cantines scolaires ou les hôpitaux.

Reste à savoir si ces conclusions seront généralisables à d’autres populations, notamment en Europe du Sud ou en Amérique du Nord, où les habitudes alimentaires et les souches génétiques diffèrent. Une chose est sûre : cette étude norvégienne ouvre la voie à de nouvelles investigations sur le rôle des graisses saturées dans l’alimentation.

L’étude ne précise pas de seuil exact, mais souligne que la consommation régulière de lait entier — sans excès — était associée à une réduction des risques. Les chercheurs n’ont pas déterminé un volume idéal, mais leur analyse montre un effet protecteur dès les premières portions quotidiennes.