Selon Franceinfo - Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié un avertissement concernant les dangers liés à la consommation excessive d’aliments très pimentés, popularisés par des défis en ligne. Entre 2023 et 2025, 124 appels ont été enregistrés par les centres antipoison français pour des cas d’intoxication liés à la capsaïcine, la molécule responsable de la sensation de brûlure. Environ 40 % de ces intoxications sont survenues dans le cadre de défis, impliquant notamment des adolescents.

Ce qu'il faut retenir

  • 124 appels aux centres antipoison entre 2023 et 2025 pour des intoxications liées à la consommation de piments, selon l’Anses.
  • 40 % des cas sont associés à des défis alimentaires, souvent partagés sur les réseaux sociaux, touchant particulièrement les adolescents.
  • La capsaïcine, molécule active des piments, peut provoquer des bouffées de chaleur, sueurs et malaises, voire des douleurs sévères en cas de consommation excessive.
  • Six produits trop pimentés (chips, sauces, nouilles) ont été retirés du marché européen depuis 2023 pour raisons sanitaires.
  • L’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, mène une évaluation pour mieux comprendre les effets des piments sur la santé.

Une mode alimentaire aux conséquences sanitaires

Les défis consistant à consommer des aliments extrêmement pimentés, comme des chips, des sauces ou des nouilles, se sont multipliés ces dernières années. Côté réseaux sociaux, ces vidéos virales encouragent une consommation rapide et massive de produits dont le niveau de piquant dépasse largement les habitudes alimentaires classiques. L’Anses, dans son communiqué publié le 28 juillet 2026, rappelle que cette pratique n’est pas anodine. « La capsaïcine trompe le cerveau en simulant une élévation de la température corporelle, ce qui peut entraîner des bouffées de chaleur, des sueurs ou même des palpitations », explique Sandra Sinno-Tellier, adjointe à la directrice des alertes et des vigilances de l’Anses.

Les conséquences peuvent être plus graves si la personne n’est pas habituée à ce type d’alimentation. « Des douleurs abdominales sévères, des vomissements ou des malaises peuvent survenir », précise-t-elle. Ces symptômes rappellent ceux d’une intoxication, bien que la capsaïcine ne soit pas, techniquement, une substance toxique. « Le risque principal réside dans la quantité ingérée », ajoute la spécialiste.

Des produits retirés du marché européen

Depuis 2023, six aliments trop pimentés ont été retirés de la vente en Europe après évaluation par les autorités sanitaires. Ces produits, souvent importés ou distribués en ligne, présentaient des niveaux de capsaïcine jugés dangereux pour la santé des consommateurs. L’Anses souligne que ces retraits s’inscrivent dans une démarche de prévention, alors que les défis alimentaires gagnent en popularité. « L’objectif est d’éviter que des cas graves ne se multiplient », indique l’agence dans son rapport.

Par ailleurs, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a lancé une évaluation approfondie des effets des piments sur la santé. Cette étude vise à déterminer si les seuils actuels de capsaïcine dans les aliments transformés sont adaptés, ou si de nouvelles réglementations sont nécessaires. Les résultats sont attendus d’ici la fin de l’année 2026.

Comment réagir en cas de brûlure ?

Face à une sensation de brûlure intense après avoir consommé un aliment pimenté, il existe des solutions pour atténuer l’inconfort. Les professionnels de santé déconseillent fortement de boire de l’eau, qui ne fait qu’étendre la diffusion de la capsaïcine dans la bouche. « Le lait ou les produits laitiers sont bien plus efficaces, car la caséine, une protéine présente dans le lait, permet de dissoudre la capsaïcine », recommande Sandra Sinno-Tellier. Autres astuces : mâcher du pain ou consommer de la glace peut également aider à neutraliser la sensation de brûlure.

L’Anses rappelle que les personnes souffrant de troubles digestifs, de reflux gastro-œsophagien ou de maladies cardiovasculaires doivent être particulièrement prudentes. « Une consommation excessive de piments peut aggraver leurs symptômes », précise l’agence. Les parents et éducateurs sont invités à sensibiliser les adolescents à ces risques, alors que les défis alimentaires se propagent rapidement en ligne.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires européennes pourraient renforcer les contrôles sur les produits alimentaires pimentés, notamment ceux vendus en ligne. Une révision des seuils de capsaïcine autorisés dans les aliments transformés est également envisageable, en fonction des conclusions de l’évaluation de l’EFSA. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation ciblant les jeunes pourraient être déployées, afin de limiter les risques liés aux défis alimentaires.

Dans l’attente de ces mesures, l’Anses recommande la prudence et invite les consommateurs à adapter leur consommation de piments à leur tolérance personnelle. Les professionnels de santé, quant à eux, appellent à signaler tout effet indésirable lié à la capsaïcine via les dispositifs de pharmacovigilance.

Ces alertes surviennent dans un contexte où les défis alimentaires, qu’ils concernent les piments ou d’autres ingrédients extrêmes, se multiplient sur les réseaux sociaux. Une question reste en suspens : les plateformes numériques feront-elles davantage pour encadrer ces pratiques à risque, ou faudra-t-il attendre une nouvelle intoxication grave pour agir ?

La capsaïcine, molécule responsable de la sensation de brûlure, est liposoluble, ce qui signifie qu’elle ne se dissout pas dans l’eau. Boire de l’eau ne fait donc qu’étaler la capsaïcine dans la bouche et la gorge, prolongeant ainsi l’inconfort. Les produits laitiers, en revanche, contiennent de la caséine, une protéine qui se lie à la capsaïcine et l’élimine efficacement, réduisant ainsi la sensation de brûlure.