Une récente étude menée par l'économiste Bruno Coquet de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) révèle que l'apprentissage ne vise pas assez les jeunes en difficulté, malgré un coût annuel dépassant les 20 milliards d'euros. Cette filière, alternant cours théoriques et travail en entreprise, s'avère bénéfique pour aider les jeunes peu diplômés à éviter le chômage. Depuis la réforme de 2018, qui a facilité l'ouverture de nouveaux cursus, le nombre de contrats d'apprentissage a explosé, passant de 277 293 en 2014 à 890 670 en 2024.
Ce qu'il faut retenir
- L'apprentissage ne cible pas suffisamment les jeunes en difficulté malgré un coût annuel dépassant les 20 milliards d'euros
- La réforme de 2018 a entraîné une explosion des contrats d'apprentissage, passant de 277 293 en 2014 à 890 670 en 2024
- Le nombre d'apprentis en licence ou master a augmenté de 415% entre 2018 et 2024
- Les profils moins diplômés ont bénéficié moins de cette expansion, au profit des jeunes suivant des études longues
- Le gouvernement prévoit de revoir les aides pour favoriser les moins diplômés et les PME
Cependant, cette croissance a principalement profité aux jeunes engagés dans des études longues. Entre 2018 et 2024, le nombre d'apprentis en licence ou master a bondi de 415%, passant de 67 100 à 345 400, tandis que ceux détenant un diplôme inférieur ou égal au baccalauréat n'ont augmenté que de 76%, passant de 195 500 à 344 500. De plus, ces profils sont davantage recherchés par les grandes entreprises, moins dépendantes des aides publiques.
Les ajustements du gouvernement
Face à cette tendance, le gouvernement a décidé de revoir sa politique en réduisant les aides et en favorisant à nouveau les jeunes moins diplômés et les PME, conformément à l'esprit de la loi de 2018. Bruno Coquet souligne l'importance de réorienter les dispositifs pour répondre aux besoins des publics les plus fragiles et des petites structures.
En conclusion, l'étude met en lumière le défi de mieux cibler les jeunes en difficulté dans le système d'apprentissage, tout en soulignant l'importance d'adapter les mesures d'accompagnement pour garantir une égalité d'accès à la formation professionnelle.
