Selon Euronews FR, l’araignée Nosferatu, une espèce méditerranéenne jusqu’alors rare sous nos latitudes, gagne du terrain en Allemagne, notamment sur les rives de la mer Baltique. Les signalements, en forte hausse depuis le début de l’année, confirment désormais sa présence dans l’ensemble des Länder, avec des observations marquantes sur les îles de Rügen et d’Usedom.

Le groupe écologiste NABU suit cette expansion depuis plusieurs années et a enregistré plus de 2 500 signalements photographiques entre janvier et mai 2026, un record pour la période. Cette progression soulève des questions sur les causes de cette migration et les risques potentiels pour les habitants.

Ce qu'il faut retenir

  • Expansion géographique : L’araignée Nosferatu, originaire de Méditerranée, est désormais observée dans tous les Länder allemands, y compris dans le Schleswig-Holstein, une région plus froide.
  • Signalements records : Plus de 2 500 photos et observations ont été enregistrées au printemps 2026, un chiffre sans précédent selon le NABU.
  • Localisation clé : Les îles de Rügen et d’Usedom, en mer Baltique, figurent parmi les zones les plus touchées par cette migration.
  • Morphologie : Les mâles mesurent entre 10 et 13 mm, tandis que les femelles peuvent atteindre 19 mm, avec une envergure allant jusqu’à 8 cm.
  • Comportement : Cette araignée apprécie les intérieurs chauffés et peut se reproduire toute l’année, favorisant ainsi son expansion.

Une espèce méditerranéenne désormais en mer Baltique

D’après Euronews FR, l’araignée Nosferatu, scientifiquement nommée Zoropsis spinimana, est une espèce méditerranéenne qui a commencé à étendre son aire de répartition vers le nord de l’Europe. Son arrivée en Allemagne remonte à plusieurs années, mais sa présence en mer Baltique, sur les îles de Rügen et d’Usedom, marque une étape significative de cette migration.

Le NABU, association de protection de la nature, suit cette progression depuis des années. Les signalements, autrefois rares, se multiplient depuis 2026. Le Dr Alexander Wirth, expert au NABU, précise : « Au printemps 2026, nous avons reçu plus de signalements accompagnés de photos que jamais auparavant. Plus de 2 500 clichés nous sont parvenus à ce jour. Si l’on considère cette période pour chaque Land, la plupart enregistrent un record de signalements photographiques. »

Pourquoi cette araignée fascine-t-elle autant ?

Son nom évocateur, « Nosferatu », lui vient du film muet allemand de 1922 Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau. Ce choix n’est pas anodin : l’araignée partage avec le vampire des traits physiques similaires, comme ses membres fins et allongés, ainsi que des motifs sur le thorax évoquant un visage ou une tête de mort. Le NABU parle même de « l’araignée au tatouage de vampire », une appellation qui, selon l’association, contribue à populariser cette espèce auprès du public.

D’un point de vue scientifique, Zoropsis spinimana se distingue par sa taille : les mâles mesurent entre 10 et 13 mm, tandis que les femelles peuvent atteindre 19 mm, pattes comprises. Leur envergure maximale atteint jusqu’à 8 cm, ce qui les rend particulièrement visibles. Leur capacité à grimper sur les surfaces vitrées, grâce à des poils adhésifs, leur permet de coloniser facilement les bâtiments chauffés.

Comment cette araignée s’installe-t-elle en Allemagne ?

Plusieurs facteurs expliquent cette expansion. Le NABU évoque notamment le rôle du changement climatique, qui rend les régions autrefois trop froides plus accueillantes pour cette espèce méditerranéenne. Une autre hypothèse, avancée par l’association, concerne l’introduction involontaire par des touristes. En transportant l’araignée dans leurs bagages, ces derniers pourraient avoir contribué à sa dissémination, notamment dans des zones comme le Schleswig-Holstein ou la mer Baltique.

Une fois sur place, l’araignée Nosferatu trouve des conditions idéales pour s’installer durablement. Elle apprécie les intérieurs chauffés et passe volontiers l’hiver dans les logements ou les garages. Cette présence toute l’année favorise sa reproduction, comme en attestent des images de jeunes spécimens et de pontes capturées par le NABU. « Cette reproduction continue tout au long de l’année, combinée au changement climatique, pourrait expliquer en partie le succès de son expansion », souligne l’association.

Faut-il craindre ses morsures ?

L’araignée Nosferatu est capable de mordre l’être humain lorsqu’elle se sent menacée. Sa morsure, comparée à une piqûre de guêpe, provoque un léger gonflement qui disparaît généralement en quelques jours. Seules les personnes allergiques doivent prendre des précautions particulières, comme le rappelle le NABU.

Pour éviter tout contact, l’association recommande de ne pas écraser l’araignée si on la découvre à l’intérieur d’un bâtiment. Il est préférable de la capturer délicatement et de la relâcher à l’extérieur. Les araignées Nosferatu se nourrissent principalement d’autres araignées, parfois plus grandes qu’elles, ainsi que de mouches et de papillons de nuit. Leur régime alimentaire ne les rend donc pas nuisibles pour l’homme, bien au contraire : elles participent à l’équilibre des écosystèmes locaux.

Et maintenant ?

Le NABU a mis en ligne une carte interactive, disponible sur sa plateforme NABU-Naturgucker, pour suivre en temps réel l’évolution de la répartition de l’araignée Nosferatu en Allemagne. Cette cartographie devrait permettre aux autorités et aux scientifiques de mieux comprendre les facteurs favorisant son expansion et d’anticiper d’éventuels risques sanitaires ou écologiques.

Pour l’instant, les experts estiment que cette migration devrait se poursuivre dans les années à venir, notamment sous l’effet du réchauffement climatique. Une surveillance accrue des zones récemment colonisées, comme la mer Baltique, sera nécessaire pour évaluer l’impact de cette espèce sur les écosystèmes locaux. Les prochains mois devraient apporter des éléments de réponse sur la capacité de l’araignée Nosferatu à s’adapter à des conditions climatiques moins tempérées.

L’expansion de l’araignée Nosferatu en Allemagne, et plus particulièrement en mer Baltique, illustre une fois de plus la capacité d’adaptation de certaines espèces face au changement climatique. Si son arrivée ne présente pas de danger majeur pour l’homme, elle pose la question de l’impact des espèces invasives sur les écosystèmes locaux et des mesures à mettre en place pour limiter leur propagation.

Selon le NABU, la morsure de l’araignée Nosferatu est similaire à une piqûre de guêpe et ne représente pas de danger pour la majorité des personnes. Seules les personnes allergiques doivent être vigilantes. Son impact sur les écosystèmes locaux reste limité, car elle se nourrit principalement d’autres araignées et d’insectes.

Le NABU a mis en place une plateforme participative, NABU-Naturgucker, où il est possible de signaler ses observations via des photos. Cette cartographie interactive permet de suivre en temps réel la répartition de l’espèce en Allemagne.