L’artiste japonaise Yayoi Kusama, mondialement connue pour ses installations immersives et ses motifs à pois, est décédée ce mercredi 2 septembre 2026 à l’âge de 97 ans, comme l’a rapporté Le Figaro. Internée volontairement dans un hôpital psychiatrique de Tokyo depuis la fin des années 1970, elle était devenue une icône pop-culture, de la haute couture aux expositions avant-gardistes.
Ce qu'il faut retenir
- Pionnière de l’art contemporain, Yayoi Kusama a marqué l’histoire avec ses installations à pois et ses happenings dans les années 1960.
- Elle s’est imposée comme une figure de la contre-culture new-yorkaise avant de se retirer au Japon.
- Ses œuvres, souvent inspirées par ses troubles psychiatriques, ont conquis les musées et les passerelles de mode.
- Parmi ses projets les plus célèbres : Narcissus Garden, exposé lors de la Biennale de Venise en 1966.
- En 2026, elle reste une artiste vénérée, avec des collaborations emblématiques pour Louis Vuitton.
Une carrière marquée par l’avant-garde et la contre-culture
Née en 1929 dans le Japon rural, Yayoi Kusama a débuté sa carrière artistique dans un contexte de profondes mutations sociales. Dans les années 1960, elle s’installe à New York, où elle se lie aux cercles avant-gardistes. Ses performances et happenings, souvent provocants, la propulsent au rang d’icône de la contre-culture. En 1967, lors de l’événement Horse Play happening à Woodstock, elle choque le public en caressant un cheval noir à pois blancs, vêtue uniquement de collants blancs à pois noirs. Une image qui résume son audace et son refus des conventions.
Selon ses proches, ces actions s’inscrivaient dans une démarche artistique où le corps et l’espace public devenaient des toiles vivantes. « Kusama a toujours cherché à brouiller les frontières entre art et vie », explique un critique cité par Le Figaro.
De l’art éphémère aux installations monumentales
Son œuvre la plus célèbre, Narcissus Garden, exposée lors de la Biennale de Venise en 1966, a marqué les esprits. Composée de 1 300 boules miroir disposées comme un « tapis cinétique » devant le Pavillon italien, l’installation devait initialement être vendue comme marchandise. Kusama, vêtue d’un body rouge, s’y allongea en signe de protestation contre le mercantilisme de l’art. L’œuvre, aujourd’hui considérée comme un jalon de l’art contemporain, a été réinterprétée à plusieurs reprises, notamment lors de la Biennale de Venise 2017.
Ses motifs obsessionnels – les pois, les réseaux infinis – sont devenus sa signature. « Ses œuvres ne sont pas de simples décors, mais des explorations de l’infini et de l’obsession, liées à ses propres troubles psychiatriques », précise un expert en art moderne.
Une icône pop et une égérie de la mode
Dans les années 2000, Yayoi Kusama connaît un regain de popularité grâce à ses collaborations avec la mode. En 2012, Louis Vuitton lui consacre une collection capsule, avec des sacs, vêtements et accessoires ornés de ses célèbres pois. Des vitrines de Harrod’s à Londres ou de la Samaritaine à Paris mettent en scène des versions géantes de l’artiste, perruque orange et chasuble à pois, devenant des attractions urbaines. « Elle a su transcender les frontières entre l’art contemporain et la culture populaire », souligne un chroniqueur mode.
Cette notoriété a aussi fait d’elle une figure médiatique, malgré son retrait progressif de la vie publique. Depuis les années 1970, elle vit volontairement recluse dans un hôpital psychiatrique de Tokyo, où elle continue à travailler, entourée de son équipe.
Un héritage artistique et culturel intact
Avec plus de 50 ans de carrière, Yayoi Kusama laisse derrière elle un corpus d’œuvres parmi les plus influents du XXe et XXIe siècles. Ses expositions, souvent multimillionnaires, attirent des millions de visiteurs à travers le monde. En 2021, son musée à Tokyo, dédié exclusivement à son travail, a accueilli plus de 2,5 millions de personnes en cinq ans.
Son influence dépasse le champ des arts visuels. Ses installations immersives, comme Infinity Mirrored Room, ont inspiré des générations d’artistes, du street art au cinéma. « Kusama a redéfini la notion même d’expérience artistique », note un professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tokyo.
Pour les amateurs d’art contemporain, la question se pose : comment perpétuer l’esprit avant-gardiste de Kusama sans son aura ? Les prochaines années diront si son œuvre continuera à inspirer au-delà des générations qui l’ont vue naître.
Parmi ses créations emblématiques figurent Narcissus Garden (1966), Infinity Mirrored Room, ses séries de peintures « Infinity Nets » et ses installations à pois comme « Obliteration Room ». Ses collaborations avec Louis Vuitton en 2012 ont également marqué l’histoire de la mode.
Yayoi Kusama a choisi de s’installer dans un hôpital psychiatrique de Tokyo dans les années 1970 pour se concentrer sur son art et échapper aux pressions de la vie publique. Elle y vit toujours aujourd’hui, mais continue à créer et à superviser ses projets, entourée de son équipe.