Une proposition de loi visant à abaisser drastiquement les seuils d'exposition au cadmium dans les engrais a été adoptée en commission à l'Assemblée nationale, comme le rapporte France 24.
Ce métal lourd, classé comme cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé, est régulièrement retrouvé en concentration élevée dans les sols agricoles français. Son accumulation s'explique principalement par l'usage massif d'engrais phosphatés, largement répandus dans les exploitations céréalières. « L'exposition prolongée au cadmium représente un risque sanitaire avéré, notamment en raison de son lien avec l'augmentation des cas de cancers du pancréas », a rappelé un député à l'origine du texte.
Ce qu'il faut retenir
- Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène par l'OMS, présent en quantité excessive dans les sols français.
- Les engrais phosphatés, épandus en masse dans l'agriculture, constituent la principale source de contamination.
- La concentration maximale autorisée en France s'élève actuellement à 90 mg de cadmium par kilo d'engrais.
- L'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) recommande un seuil maximal de 20 mg/kg, bien en deçà de la réglementation en vigueur.
- Une proposition de loi, adoptée en commission à l'Assemblée, propose de réduire significativement ces seuils.
Un métal lourd aux effets sanitaires documentés
Le cadmium, présent naturellement dans l'environnement à faible dose, devient problématique lorsqu'il s'accumule dans les sols agricoles. Son absorption par les plantes, puis par les animaux et enfin par les humains, en fait une source majeure de contamination. Selon l'ANSES, « les populations les plus exposées sont celles vivant près de zones agricoles intensives ou consommant régulièrement des produits locaux ».
Les études épidémiologiques mettent en lumière un lien entre une exposition chronique au cadmium et plusieurs types de cancers, dont celui du pancréas. « Les données disponibles montrent une corrélation inquiétante entre les niveaux de cadmium dans les sols et l'incidence de cette maladie », a précisé un expert de l'agence sanitaire.
Des seuils réglementaires jugés trop élevés par les scientifiques
Actuellement, la réglementation française fixe à 90 mg de cadmium par kilogramme d'engrais le plafond autorisé. Pourtant, l'ANSES, dans un avis rendu en 2024, a clairement indiqué que ce seuil devait être revu à la baisse pour atteindre 20 mg/kg. « Ces valeurs ne sont plus adaptées aux connaissances scientifiques actuelles », a souligné le directeur général de l'agence.
Cette recommandation s'appuie sur des études démontrant que même à faible dose, le cadmium peut s'accumuler dans l'organisme et provoquer des effets toxiques après plusieurs années d'exposition. « Il s'agit d'un enjeu de santé publique qui nécessite une réponse urgente », a insisté un membre de la commission d'enquête parlementaire.
Une proposition de loi en phase avec les attentes des experts
Portée par un groupe transpartisan de députés, la proposition de loi vise à aligner la réglementation française sur les recommandations de l'ANSES. « Notre objectif est de réduire l'exposition des agriculteurs et des consommateurs tout en préservant la compétitivité de notre agriculture », a expliqué l'un des rapporteurs du texte.
Si le texte est adopté en l'état, les nouveaux seuils devraient entrer en vigueur d'ici 2027, après une période de transition de deux ans pour permettre aux industriels de s'adapter. « Cela laissera le temps nécessaire aux producteurs d'engrais pour ajuster leurs procédés de fabrication », a précisé un représentant du ministère de l'Agriculture.
Selon France 24, cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de réduction des polluants dans l'alimentation, portée par l'Union européenne dans le cadre de sa stratégie « De la ferme à la table ».
Le cadmium est classé cancérogène par l'OMS. Son accumulation dans l'organisme peut entraîner des cancers (notamment du pancréas), des lésions rénales et une fragilisation osseuse. Il perturbe également le système reproducteur et peut provoquer des troubles neurologiques à long terme.