La forêt de Bornéo, l'une des plus grandes du monde, est menacée par la déforestation. Selon Futura Sciences, une association, Kalaweit, mène une guerre de terrain pour sauver cette forêt, face aux multinationales de l'huile de palme et du charbon. Fondée en 1998 par Chanee, qui signifie « gibbon » en thaïlandais, l'association a déjà sauvé 3 328 hectares de forêt.

Chanee, qui a quitté la France à l'âge de 20 ans pour se battre pour les gibbons et leurs forêts, utilise une méthode originale pour protéger la forêt. Il acquiert des droits sur les terres, en utilisant les mêmes outils que les géants de la déforestation, à savoir le foncier, le cadastre et l'argent. Cette approche lui permet de travailler avec les populations locales, qui peuvent ainsi continuer à exploiter leurs terres, tout en préservant la forêt.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 328 hectares de forêt sauvés par l'association Kalaweit
  • La forêt de Bornéo est menacée par la déforestation, avec un tiers de sa surface disparu en 30 ans
  • Chanee, fondateur de Kalaweit, utilise une méthode originale pour protéger la forêt, en travaillant avec les populations locales
  • L'association Kalaweit a obtenu la concession de 6 646 hectares de forêt pour 90 ans
  • Le gouvernement indonésien soutient l'action de Kalaweit

La méthode Kalaweit

La méthode de Chanee est basée sur le pragmatisme et le respect des populations locales. Il acquiert des droits sur les terres, en utilisant les mêmes outils que les géants de la déforestation, et travaille avec les populations locales pour les aider à préserver leur forêt. Cette approche lui permet de sauver des parcelles de forêt, qui seraient sinon détruites par les multinationales de l'huile de palme et du charbon.

Chanee affirme que « les solutions existent, les bonnes nouvelles aussi », mais que « pour que les gens mettent la main au porte-monnaie, on a l'impression qu'il faut leur faire peur ». Il souligne que la réalité du terrain est souvent moins « bankable » que les annonces dramatiques, mais que cela ne signifie pas que l'on doit abandonner la lutte pour sauver la forêt.

Les défis à relever

La déforestation est un problème complexe, qui nécessite une approche globale. Chanee souligne que « le monde laisse tomber les forêts », et que les promesses des États pour 2030 ne seront pas tenues si l'on ne change pas de cap. Il affirme que « les Dayak partagent une histoire avec la forêt », et que les populations locales doivent être impliquées dans la lutte pour sauver la forêt.

Le modèle Kalaweit est-il réplicable à plus grande échelle ? Chanee répond que « obtenir un morceau de papier de Jakarta, c'est presque le plus simple », mais que « le souci, c'est que si vous n'avez pas d'abord travaillé le foncier, sur le terrain, vous allez dans le mur ». Il souligne que la déforestation continuera d'avancer si l'on ne travaille pas avec les populations locales.

Et maintenant ?

Chanee a recueilli suffisamment de dons pour financer l'achat de 800 hectares de plus, et l'association Kalaweit continue de travailler pour sauver la forêt de Bornéo. Le gouvernement indonésien a attribué à Kalaweit une concession de 6 646 hectares pour 90 ans, ce qui permettra à l'association de protéger la forêt et de travailler avec les populations locales. Il reste à voir si cette approche sera suffisante pour sauver la forêt de Bornéo, mais pour l'instant, les résultats sont encourageants.

La lutte pour sauver la forêt de Bornéo est un exemple de la complexité des défis environnementaux, et de la nécessité de trouver des solutions innovantes et globales. La méthode Kalaweit, basée sur le pragmatisme et le respect des populations locales, est un exemple de ce que l'on peut faire pour sauver la planète, parcelle par parcelle."