Les consommateurs français se demandent si la forte augmentation du prix du pétrole brut, conséquence du conflit en Iran, va avoir un impact significatif sur les prix à la pompe. Selon nos confrères de BFM Business, le ministre de l'Économie se veut rassurant, affirmant que « le prix de l'essence n'augmente que de quelques centimes » et qu'il n'y a « aucune raison de se ruer sur les stations-services ».
Cependant, le prix du pétrole sur les marchés flambent à cause du déclenchement de la guerre en Iran, et notamment du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial. Le baril de Brent, unité de référence internationale du pétrole, était en hausse d'environ 2% ce mercredi 4 mars vers 11 heures et s'échangeait à près de 80 dollars le baril, contre 60 dollars environ en début d'année.
Ce qu'il faut retenir
- Le prix du pétrole brut a augmenté de 2% ce mercredi 4 mars.
- Le baril de Brent s'échangeait à près de 80 dollars le baril.
- Le ministre de l'Économie se veut rassurant sur les prix à la pompe.
- Le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial, est bloqué.
- Les experts estiment que l'écart entre les prix du pétrole brut et les prix à la pompe peut être compris entre quelques jours et trois semaines.
Les raisons de ce décalage
Il existe plusieurs raisons pour expliquer ce décalage entre les prix à la pompe et les prix du pétrole brut. Tout d'abord, cette hausse va se répercuter avec un certain décalage. « En général, il y a un délai de deux à trois semaines », explique Édouard Lotz à RMC Conso. De plus, le prix du pétrole brut représente en général 30% du coût d'un litre d'essence ou de diesel. Le raffinage, la distribution, mais aussi et surtout la fiscalité composent le reste.
Édouard Lotz évalue qu'une hausse de 8% sur les marchés pourrait représenter une hausse de 3% à la pompe. « Si le baril reste à ce niveau, on peut anticiper une augmentation de 4 à 5 centimes par litre en fin de semaine ou début de semaine prochaine », estime de son côté Blandine Ruty, porte-parole d’Ufip Énergies et Mobilités, cité par le site l'Officiel des transporteurs.
Les facteurs qui pourraient influencer les prix
Plusieurs facteurs pourraient toutefois venir atténuer ce scénario. D'abord, les pays de l'Opep+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pourraient augmenter leurs quotas de production. C'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait ce dimanche 1er mars, afin de limiter légèrement la flambée des prix. Mais ils n'ont augmenté ces quotas « que » de 206.000 barils par jour. Soit bien moins que les 15 millions de barils bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz.
Là où l'on peut également se rassurer, c'est que la France, et l'Europe de manière générale, ne dépendent pas tant des pays du Golfe Persique dans leurs importations. L'Arabie Saoudite et l'Irak représentent un peu moins de 15% des nôtres. Nous dépendons beaucoup plus des États-Unis, de la Norvège, ou encore de l'Algérie.
En conclusion, l'augmentation du prix du pétrole brut est une réalité, mais les impacts sur les prix à la pompe sont encore incertains. Les consommateurs devraient rester vigilants et se préparer à une possible augmentation des prix. Il est important de suivre de près les développements de la situation et de se tenir informé sur les prix du pétrole.
