« La Russie a besoin d’une réorientation culturelle. Nous sommes restés en Europe un siècle de trop », a déclaré Sergueï Karaganov, universitaire et fondateur de la revue de géopolitique Russia in Global Affairs, cité par le quotidien Kommersant, lors des premières « Lectures de Tobolsk » en avril dernier, selon Courrier International. Cette déclaration reflète sa thèse sur le « pivot vers l’Est 2.0 ou la sibérisation de la Russie », qui promeut le développement du pays à travers ses profondeurs continentales.
Ce concept de « sibérisation » a été présenté dans un rapport universitaire d’une cinquantaine de pages, théorisant l’idée que le développement de la Russie s’inscrit dans ses profondeurs continentales, et non plus uniquement tourné vers l’Europe. Karaganov a également présenté Tobolsk, ville de la région de Tioumen en Sibérie occidentale, comme une possible nouvelle capitale, soulignant la présence de l’unique kremlin de pierre dans cette ville.
Ce qu'il faut retenir
- La « sibérisation » de la Russie est une idée défendue par l’universitaire Sergueï Karaganov.
- Le concept promeut le développement du pays à travers ses profondeurs continentales.
- Tobolsk est présentée comme une possible nouvelle capitale en raison de sa situation géographique et de la présence de l’unique kremlin de pierre.
Le contexte
La ville de Krasnoïarsk, l’un des principaux centres urbains de Sibérie, est souvent citée comme exemple de développement économique et culturel dans la région. La Sibérie, avec ses vastes ressources naturelles et son potentiel de développement, est considérée comme un élément clé pour l’avenir de la Russie. Selon Courrier International, cette idée de « sibérisation » prend en compte les ressources naturelles abondantes de la Sibérie et son potentiel pour devenir un centre économique et culturel majeur.
Le think tank SVOP, cofondé par Karaganov, a organisé les « Lectures de Tobolsk », un événement qui vise à promouvoir la discussion sur l’avenir de la Russie et le rôle de la Sibérie dans ce contexte. La Haute École d’économie a également participé à cet événement, soulignant l’importance de la coopération entre les institutions académiques et les think tanks pour élaborer des stratégies de développement pour la Russie.
Les implications
La « sibérisation » de la Russie pourrait avoir des implications significatives pour la politique étrangère et la stratégie économique du pays. Selon Sergueï Karaganov, cette réorientation vers l’est pourrait permettre à la Russie de renforcer ses liens avec les pays asiatiques et de diversifier ses partenariats économiques. Cependant, cette stratégie nécessiterait également des investissements importants dans les infrastructures et les ressources humaines de la Sibérie.
La promotion de Tobolsk comme possible nouvelle capitale reflète également une volonté de recentrer le développement de la Russie autour de ses régions les plus prometteuses. Cela pourrait avoir des conséquences positives pour le développement régional et la création d’emplois, mais soulève également des questions sur la gestion des ressources et la planification urbaine.
Les défis
La mise en œuvre de la « sibérisation » de la Russie face à des défis considérables, notamment en termes de développement des infrastructures, de gestion des ressources naturelles et de planification urbaine. La région de la Sibérie est vaste et peu peuplée, ce qui rend difficile la mise en place de services publics et d’infrastructures de transport efficaces.
De plus, la stratégie de « sibérisation » doit être cohérente avec les objectifs de développement durable et les engagements internationaux de la Russie. Cela implique de prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux des projets de développement, ainsi que de garantir la participation des communautés locales à la planification et à la décision.
En conclusion, la « sibérisation » de la Russie, telle que théorisée par Sergueï Karaganov, représente une vision ambitieuse pour l’avenir du pays, centrée sur le développement de ses régions orientales et la diversification de ses partenariats économiques. Cependant, sa mise en œuvre dépendra de la capacité de la Russie à relever les défis liés au développement des infrastructures, à la gestion des ressources et à la planification urbaine, tout en respectant les principes de développement durable et les engagements internationaux.
