Près de vingt ans après le décès d’Alter Fajnzylberg, survivant d’Auschwitz-Birkenau, son fils Roger a ouvert une boîte à souvenirs contenant des documents inédits. Selon France 24, il s’agit de quatre cahiers rédigés en polonais par le défunt à son retour des camps. Ces écrits offrent un témoignage exceptionnel d’un rescapé des Sonderkommandos, ces groupes de déportés contraints par les nazis de participer à l’élimination des victimes dans les centres de mise à mort.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre cahiers écrits en polonais par Alter Fajnzylberg, survivant des Sonderkommandos, ont été découverts par son fils Roger près de vingt ans après sa mort.
- Fajnzylberg faisait partie des déportés forcés de manipuler les corps dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.
- Ce témoignage, rare dans l’histoire des rescapés, est aujourd’hui adapté en bande dessinée.
L’histoire de ces cahiers commence dans l’horreur des camps nazis. Alter Fajnzylberg, originaire de Pologne, a été déporté à Auschwitz-Birkenau, où il a été intégré de force au sein des Sonderkommandos. Ces unités étaient composées de déportés chargés, sous la menace de la mort, de vider les chambres à gaz, de brûler les corps dans les crématoires et d’éliminer les preuves des massacres. Seuls quelques centaines d’hommes ayant appartenu à ces commandos ont survécu à la guerre, selon les historiens.
À son retour des camps, Alter Fajnzylberg a consigné son expérience dans quatre cahiers rédigés en polonais. Ces documents, restés inédits pendant des décennies, ont été conservés par son fils Roger. Ce n’est qu’en 2026, près de vingt ans après la mort de son père, que ce dernier a décidé de les ouvrir. « J’ai toujours su que ces cahiers existaient, mais je ne me sentais pas prêt à les lire avant aujourd’hui », a expliqué Roger Fajnzylberg à France 24.
Le contenu de ces cahiers n’a pas encore été entièrement dévoilé au grand public. Cependant, leur existence et leur mise en lumière constituent un apport majeur à l’histoire des survivants de la Shoah. « Ces écrits apportent un éclairage brut et direct sur le fonctionnement des Sonderkommandos, un aspect encore mal connu de la machine nazie », souligne l’historien Jean-Marc Dreyfus, spécialiste des archives de la Shoah.
Pour rendre ce témoignage accessible, une adaptation en bande dessinée est en cours. Le projet, porté par l’éditeur Éditions du Mémorial, vise à toucher un public plus large, notamment les jeunes générations. « La bande dessinée permet de transmettre ces récits d’une manière visuelle et immersive, tout en respectant la mémoire des victimes », précise l’éditeur.
Ces révélations soulèvent également des questions sur la transmission de la mémoire de la Shoah. Comment concilier le devoir de mémoire avec le respect de la douleur des familles ? Faut-il publier tous les témoignages, même ceux qui sont particulièrement violents ? Autant de débats qui pourraient resurgir à la sortie de cette bande dessinée et de l’ouvrage associé.
Les Sonderkommandos étaient des unités de déportés, principalement des Juifs, contraints par les nazis de participer à l’extermination. Leurs missions consistaient à extraire les corps des chambres à gaz, à les incinérer dans les crématoires, à trier les effets personnels des victimes et à nettoyer les lieux. Ces hommes étaient eux-mêmes promis à la mort après quelques semaines ou mois d’activité, afin d’empêcher toute fuite d’informations.
