Selon Cryptoast, le volume de transaction on-chain orchestré par des agents IA s’élève à 73 millions de dollars entre avril 2025 et mai 2026. Cette donnée, issue d’un rapport de Keyrock, met en lumière l’essor du commerce agentique, un écosystème dans lequel des agents sont capables de communiquer, d’interagir et d’exécuter des tâches plus ou moins complexes en autonomie.

Ce chiffre, bien loin des volumes de transaction de la finance traditionnelle, révèle toutefois un usage émergent en plein essor. En effet, McKinsey estime que le commerce agentique pourrait peser entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars d’ici 2030. Cependant, le plus gros défi à l’essor des paiements machine à machine est juridique.

Ce qu'il faut retenir

  • 73 millions de dollars de transactions on-chain orchestrées par des agents IA entre avril 2025 et mai 2026
  • 176 millions de transactions gérées par des agents IA en 12 mois
  • 8 milliards de dollars injectés dans des opérations de fusion-acquisition pour développer les systèmes de paiement machine-à-machine
  • Le commerce agentique pourrait peser entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars d’ici 2030
  • Les régulateurs ne sont pas prêts à gérer les implications juridiques du commerce agentique

Le commerce agentique : un écosystème en plein essor

Le commerce agentique est un écosystème dans lequel des agents sont capables de communiquer, d’interagir et d’exécuter des tâches plus ou moins complexes en autonomie. Google définit un agent IA comme un système logiciel qui utilise l’IA pour atteindre des objectifs et effectuer des tâches au nom des utilisateurs. Les agents IA sont capables d’exécuter de manière autonome et proactive des actions plus complexes, caractérisés par leur capacité à s’exécuter en plusieurs étapes, à apprendre et à s’adapter.

La démonstration de Luna Virtuals et Byte, qui ont collaboré pour faire livrer une pizza à Jesse Pollak, le fondateur de Base, a posé les bases du commerce agentique. Depuis, une vague d’agents IA a émergé dans le web3, avec plus de 104 000 agents enregistrés dans au moins 15 registres, comme Olas sur Safe, et annuaires tels que Virtuals ou Agentverse.

Les défis juridiques du commerce agentique

Le problème de fond est structurel : il tient à l’absence de personnalité agissante reconnue pour l’agent. Tant que ce nœud n’est pas tranché, on colmatera des brèches sans jamais étanchéifier le système, avertit Thibault Verbiest, avocat et co-fondateur de l’Institut Arkemia.org. La responsabilité légale en cas d’achat erroné réalisé par un agent IA est également un défi, car il faut déterminer si c’est au fournisseur du modèle, au développeur de l’agent ou à l’utilisateur d’en assumer la responsabilité.

« Il faut inventer le statut de l’agent IA », déclare Thibault Verbiest. L’AI Act, entré en vigueur en août 2024 en Europe, se contente de classer les systèmes IA en fonction de leur niveau de risque, mais ne propose pas de logique de régulation de l’agentivité. L’UETA §10(b) pose le principe de la protection de l’utilisateur contre l’erreur non corrigible, mais il faudra aller plus loin pour réguler le commerce agentique.

Les investissements dans le commerce agentique

Coinbase, Stripe, Google, Visa ou encore American Express investissent massivement pour mettre sur pied les systèmes de paiement machine-à-machine. Plus de 8 milliards de dollars ont été injectés dans des opérations de fusion-acquisition au cours des 12 derniers mois. L’initiative x402 portée par Coinbase permet par exemple de transformer un wallet en clé API universelle, tandis que le Machine Payment Protocol (MPP) de Stripe et Tempo facilite les paiements par carte, en cryptomonnaies ou via le Lightning Network.

Et maintenant ?

Les régulateurs devront trouver un équilibre entre la nécessité de réguler le commerce agentique et la nécessité de ne pas étouffer l’innovation. Il faudra également définir clairement le statut de l’agent IA et les responsabilités légales en cas d’achat erroné. Les prochaines échéances seront cruciales pour déterminer l’avenir du commerce agentique.

En attendant, les entreprises continueront à investir dans les systèmes de paiement machine-à-machine, et les agents IA continueront à émerger dans le web3. Il est difficile de prédire exactement comment les choses évolueront, mais il est clair que le commerce agentique est un domaine en plein essor qui nécessite une attention particulière des régulateurs et des entreprises.

En conclusion, le commerce agentique est un écosystème en plein essor qui présente des défis juridiques importants. Les régulateurs devront trouver un équilibre entre la nécessité de réguler ce domaine et la nécessité de ne pas étouffer l’innovation. Les prochaines échéances seront cruciales pour déterminer l’avenir du commerce agentique.