Le gouvernement brésilien a officiellement engagé une procédure de règlement de différends auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester les droits de douane imposés par les États-Unis sur plusieurs de ses produits. Cette initiative, déposée le 27 juillet 2026, marque une escalade dans les tensions commerciales entre les deux pays, alors que les relations diplomatiques restent tendues depuis plusieurs mois. Selon BFM Business, qui révèle l’information, Brasilia considère ces mesures américaines comme « injustifiées » et « incompatibles avec le droit du commerce international ».
Ce qu'il faut retenir
- Le Brésil a déposé le 27 juillet 2026 une demande de consultations auprès des États-Unis dans le cadre du système de règlement des différends de l’OMC.
- Washington a instauré deux niveaux de droits de douane sur des produits brésiliens : 25 % pour des pratiques commerciales jugées déloyales et 12,5 % pour un présumé travail forcé.
- Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva dénonce une tentative d’influence sur la politique intérieure brésilienne avant l’élection présidentielle d’octobre 2026.
- Cette procédure rappelle un précédent en 2025, lorsque les États-Unis avaient imposé des droits de douane de 50 % en représailles aux poursuites contre l’ex-président Jair Bolsonaro.
- Lula a déjà engagé une telle procédure en 2025, puis une partie des taxes avait été levée après négociations.
Des taxes américaines jugées illégales par le Brésil
Dans un communiqué publié ce lundi 28 juillet 2026, le ministère brésilien des Affaires étrangères a vivement critiqué la décision de Washington d’instaurer de nouveaux droits de douane sur plusieurs produits importés du Brésil. Ces taxes, estimées à 25 % et 12,5 %, sont présentées par les États-Unis comme des mesures de rétorsion contre des pratiques commerciales déloyales ou des allégations de travail forcé. Selon Brasilia, ces arguments ne reposent sur aucune base juridique solide et violent les règles de l’OMC. « Ces mesures sont injustifiées et incompatibles avec le droit du commerce international », a souligné le ministère dans un communiqué.
Le gouvernement brésilien a donc décidé de saisir l’OMC pour tenter de faire annuler ces droits de douane. La procédure, entamée par une demande de consultations, constitue la première étape officielle du règlement des différends. Si les deux parties ne parviennent pas à un accord, le Brésil pourra ensuite demander la formation d’un groupe spécial chargé d’examiner la légalité des taxes américaines. Cette procédure pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire années, comme cela a été le cas pour d’autres différends commerciaux devant l’organisation.
Un différend qui s’inscrit dans une histoire récente de tensions commerciales
Cette crise n’est pas la première entre les deux pays. En 2025 déjà, les États-Unis avaient imposé des droits de douane de 50 % sur des produits brésiliens en représailles aux poursuites judiciaires engagées contre l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro. Ces mesures, soutenues par le fils de l’ancien chef d’État, Eduardo Bolsonaro, avaient été partiellement levées après des négociations. Lula da Silva avait alors accusé les partisans de Bolsonaro d’agir en « traîtres » contre leur propre pays, les accusant de vouloir nuire à la souveraineté brésilienne.
Les relations entre les deux pays se sont encore dégradées depuis la rencontre, le 7 mai 2026 à la Maison Blanche, entre Lula et le président américain Donald Trump. Lors de cette entrevue, les deux dirigeants avaient échangé des propos tendus, chacun défendant sa position. Lula a depuis accusé Trump d’utiliser ces taxes pour influencer la politique intérieure brésilienne, notamment en amont de l’élection présidentielle d’octobre 2026, où il brigue un nouveau mandat. Son adversaire principal sera Flavio Bolsonaro, fils de Jair Bolsonaro, qui a été investi candidat le 26 juillet 2026.
Une procédure qui pourrait durer des mois
La demande de consultations déposée le 27 juillet auprès de l’OMC donne aux deux parties un délai de 60 jours pour tenter de trouver une solution à l’amiable. Si aucun accord n’est trouvé, le Brésil pourra demander la constitution d’un groupe spécial, qui rendra un rapport après plusieurs mois d’enquête. Ce rapport pourra ensuite être contesté en appel, prolongeant ainsi la procédure. Comme le rapporte BFM Business, cette voie judiciaire est souvent longue et complexe, mais elle offre au Brésil une chance de faire annuler les droits de douane américains.
Cette affaire s’ajoute à une liste déjà longue de contentieux commerciaux devant l’OMC, où de nombreux pays contestent les mesures protectionnistes mises en place par les États-Unis sous l’administration Trump. Ces tensions reflètent une tendance plus large à la montée du protectionnisme, qui menace de fragiliser le système commercial multilatéral. Pour le Brésil, l’enjeu est double : obtenir la levée des taxes, mais aussi envoyer un signal fort à la communauté internationale sur le respect des règles du commerce mondial.
Cette affaire illustre une fois de plus les défis posés par le protectionnisme américain sous l’administration Trump, qui continue de peser sur les relations commerciales mondiales. Alors que l’élection présidentielle brésilienne d’octobre 2026 approche, le gouvernement de Lula da Silva pourrait utiliser cette crise pour mobiliser son électorat autour de la défense de la souveraineté nationale. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits, tant sur le plan intérieur qu’international.
Les États-Unis ont instauré des droits de douane de 25 % et 12,5 % sur plusieurs produits brésiliens, sans préciser lesquels dans leur communiqué officiel. Ces mesures visent des allégations de pratiques commerciales déloyales ou de travail forcé présumé. Le Brésil conteste ces accusations et dénonce une mesure protectionniste illégale selon les règles de l’OMC.
Après la demande de consultations déposée le 27 juillet 2026, les deux parties disposent de 60 jours pour tenter de trouver un accord. Si aucun compromis n’est trouvé, le Brésil pourra demander la formation d’un groupe spécial, qui rendra un rapport après plusieurs mois. Ce rapport pourra ensuite être contesté en appel, prolongeant ainsi la procédure.