Le gouvernement canadien a annoncé une série de mesures pour faciliter la transition des travailleurs étrangers temporaires vers la résidence permanente, alors que plus de 1,3 million de permis de travail temporaires vont expirer d’ici la fin de 2026, selon nos confrères de Courrier International.
Ces travailleurs étrangers, présents sur le sol canadien à hauteur de 2,85 millions en octobre 2025, sont confrontés à une situation précaire en raison des restrictions sur l’immigration, comme l’indiquent les données de la Fédération canadienne de l’entreprise relevées par Le Journal de Québec.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 1,3 million de permis de travail temporaires vont expirer d’ici la fin de 2026 au Canada.
- Environ 300 000 permis de travail temporaires vont expirer d’ici la fin mars.
- Le gouvernement canadien a lancé un programme pour faciliter la transition des travailleurs étrangers temporaires vers la résidence permanente.
- Ce programme devrait offrir un statut permanent à 33 000 travailleurs étrangers temporaires qualifiés sur une période de deux ans.
- Les employeurs ruraux pourront embaucher une plus grande proportion de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire.
Les mesures gouvernementales
Le Toronto Star rapporte que le gouvernement « a lancé en douceur un programme visant à faciliter la transition des titulaires actuels de permis de travail vers la résidence permanente, alors qu’un nombre croissant de migrants se retrouvent en situation irrégulière au Canada ». La ministre responsable de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a déclaré au journal que son gouvernement fournira plus de détails sur ce programme en avril.
D’autre part, écrit la CBC, « Ottawa autorisera les employeurs ruraux à embaucher, pour une durée limitée, une plus grande proportion de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire ». Du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, cette proportion passera de 10 % à 15 %.
Les réactions des groupes concernés
Devant La Presse, le Conseil du patronat du Québec se dit déçu de voir les grands centres exclus, tandis que Manufacturiers & Exportateurs du Québec note que cette mesure ne couvre pas l’ensemble des entreprises concernées. Aux ministres et maires de la Belle Province qui réclament des mesures depuis des semaines « afin d’éviter que des travailleurs bien établis au Québec soient forcés de rentrer chez eux », Ottawa a annoncé de plus qu’il accorde une prolongation d’une année aux permis de travail des travailleurs étrangers installés au Québec.
La Presse en explique les paramètres : « Les travailleurs admissibles pourront continuer à travailler pour leur employeur actuel pour une période supplémentaire maximale de douze mois, le temps que le gouvernement du Québec examine leur admissibilité à la résidence permanente ». Si ces travailleurs répondent aux critères, ils pourront présenter une demande au ministère de l’Immigration jusqu’au 31 décembre 2026.
Les critiques et les attentes
Le regroupement de travailleurs étrangers Le Québec c’est nous aussi parle sur Facebook d’« une goutte d’eau dans l’océan de la crise actuelle » et réclame le retour du Programme d’expérience québécoise. La mesure d’Ottawa, affirme au Montreal Gazette un avocat spécialisé en immigration, Yves Martineau, « ne change absolument rien » pour ceux ayant des permis de travail ouverts, qui sont exclus de ce programme caduc.
Le gouvernement canadien a pris des mesures pour répondre à la crise des travailleurs étrangers temporaires, mais il reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour répondre aux besoins des travailleurs et des employeurs. Les prochaines échéances, notamment la fin mars et la fin de 2026, seront importantes pour les travailleurs étrangers temporaires au Canada.
