Le secteur bancaire italien est en proie à des changements importants, avec des opérations financières qui pourraient modifier significativement le paysage bancaire du pays. Selon Euronews FR, le conseil d'administration de la banque Monte dei Paschi di Siena (Mps) a approuvé un plan visant à lancer deux offres publiques d'échange distinctes sur Banco Bpm et Banca Generali, afin de proposer une alternative industrielle à l'Opas (offre publique d'achat et d'échange) lancée par Intesa Sanpaolo sur la banque siennoise.
Ce plan, présenté par le directeur général de Mps, Luigi Lovaglio, a été approuvé jeudi après une réunion extraordinaire du conseil d'administration de Monte dei Paschi di Siena. L'objectif est de renforcer la taille et le poids de Mps dans le système bancaire italien, en créant un groupe de plus grande envergure.
Ce qu'il faut retenir
- Le conseil d'administration de Monte dei Paschi di Siena a approuvé deux offres publiques d'échange sur Banco BPM et Banca Generali.
- L'objectif est de renforcer la taille et le poids de Mps dans le système bancaire italien.
- L'opération pourrait modifier l'actionnariat de Banco Bpm, dont Crédit Agricole est l'un des principaux actionnaires.
Le contexte de l'opération
La décision du conseil d'administration de Mps intervient dans un contexte où Intesa Sanpaolo a lancé une OPA sur la banque siennoise, d'un montant d'environ 30,5 milliards d'euros. Cette offre vise à prendre le contrôle de la banque de Sienne au moyen d'une offre adressée aux actionnaires de Mps.
La riposte de Mps, soumise au conseil d'administration par le CEO Luigi Lovaglio, prévoit deux offres publiques d'échange (Ops) distinctes, entièrement en actions Mps, sur Banco BPM et Banca Generali. Après environ sept heures de réunion, le conseil d'administration de Mps a approuvé le plan du directeur général Luigi Lovaglio avec neuf voix pour et quatre abstentions.
Les réactions des principaux acteurs
Le vice-Premier ministre et leader de la Ligue, Matteo Salvini, a commenté les possibles évolutions du système bancaire italien, en soulignant la nécessité de protéger « l'histoire, l'autonomie et le personnel » d'établissements comme Monte dei Paschi di Siena, « symboles de l'ardeur au travail de villes aux traditions séculaires ».
« Nous suivons avec attention les propositions pour une future réorganisation du système bancaire italien », indique dans un communiqué Matteo Salvini. Salvini a revendiqué le rôle de la Ligue dans le salutage et le redressement de Mps. « Nous avons participé avec enthousiasme au salutage de Monte dei Paschi, l'un des premiers actes du nouveau gouvernement, en rachetant un nom glorieux qui était devenu le symbole de la mauvaise gestion de la gauche en Toscane. Le voir revenir au centre de la scène économique italienne est un succès dont, en tant que Ligue, nous ne pouvons qu'être fiers », explique le vice-Premier ministre.
Critiques et réactions des marchés
Jeudi matin, le sénateur d'Italia Viva Ivan Scalfarotto a critiqué l'attitude du gouvernement Meloni face au risiko bancaire, la qualifiant d'« absurde et inexplicable ». Scalfarotto a accusé l'exécutif d'être intervenu à la fois dans l'opération UniCredit-Banco Bpm et dans l'Opas d'Intesa Sanpaolo sur Mps, en demandant au gouvernement de rester neutre.
Entre-temps, le marché réagit au risiko bancaire. Selon les données enregistrées jeudi, Piazza Affari progresse prudemment de 0,35 %. Le titre Mps gagne 1,05 %, tandis que Bpm est en légère hausse de 0,21 %. En vedette, Banca Generali, contrôlée par le Lion de Trieste, qui avance de 2,08 %. Intesa Sanpaolo progresse de 0,90 %, tandis que Generali affiche une hausse de 0,61 %. Unipol, qui a conclu un accord avec Intesa à l'issue de l'Opas sur Mps, recule en revanche de 1,97 %.
La situation actuelle soulève également des questions sur le rôle du gouvernement dans les opérations financières et la nécessité d'une régulation plus stricte pour éviter les conflits d'intérêts et assurer la stabilité du système bancaire. Les réactions des principaux acteurs et les développements futurs seront étroitement surveillés pour comprendre les implications de cette opération sur l'économie italienne et le secteur bancaire.