Depuis le 1er mars 2026, une nouvelle perspective sur la protection des coraux est mise en avant par Martin Colognoli, biologiste marin et photographe, dans un article publié par nos confrères de Futura Sciences. Selon lui, le corail, cet organisme âgé de plus de 500 millions d’années, n’est pas seulement une espèce à protéger, mais également un maître du vivant capable de nous inspirer.
Colognoli a passé plus de quinze ans à travailler sur les récifs tropicaux, notamment en Indonésie, aux côtés des communautés locales. Il a cofondé l'ONG Coral Guardian pour protéger les coraux en impliquant directement les pêcheurs. Cependant, au fil du temps et des immersions, un basculement intérieur s'est opéré, et il s'est mis à remettre en question son approche de protection des coraux.
Ce qu'il faut retenir
- Le corail est un organisme âgé de plus de 500 millions d’années qui a survécu à cinq extinctions de masse.
- Les récifs coralliens abritent près d'un quart de la biodiversité marine et sont essentiels à la survie de plus de 500 millions de personnes.
- La stratégie de survie du corail repose sur la diversité, l'interdépendance et la lenteur.
La stratégie de survie du corail
Le corail prospère dans des eaux pauvres en nutriments grâce à une symbiose avec des microalgues, les zooxanthelles. Cette coopération intime lui permet d'optimiser l'énergie solaire et de recycler les ressources. Colognoli souligne que cette stratégie de survie est basée sur la diversité, l'interdépendance et la lenteur, et que nous pouvons apprendre de cela pour notre propre survie.
Les chiffres sont alarmants : environ 50 % des récifs coralliens ont déjà disparu en quelques décennies, et les projections les plus pessimistes évoquent jusqu'à 90 % de pertes d'ici la fin du siècle si le réchauffement dépasse 2 °C. Cependant, Colognoli estime que nous devons déplacer notre regard et considérer la nature non seulement comme une victime à défendre, mais également comme une source d'inspiration.
Un nouveau regard sur la protection des coraux
Colognoli a commencé à se poser une question inconfortable : est-il légitime de prétendre « protéger » un organisme qui possède une telle expérience du vivant ? Pourrions-nous apprendre au corail comment survivre ? Cette remise en question ne signifie pas abandonner la protection, mais plutôt inviter à déplacer le regard et à considérer la nature comme une source d'inspiration.
À travers la photographie, les expositions et les conférences que Colognoli développe aujourd'hui sous le nom de Symbiooz, il cherche à transmettre cette idée : face à la crise écologique, nous avons besoin de nouveaux récits. Les données scientifiques sont indispensables, mais elles ne suffisent pas toujours à transformer nos imaginaires.
En conclusion, l'article de Martin Colognoli nous invite à réfléchir sur notre approche de protection des coraux et à considérer la nature comme une source d'inspiration. Nous devons apprendre du corail et utiliser cette connaissance pour notre propre survie. Il est temps de changer notre regard et de déplacer notre attention vers une approche plus durable et plus respectueuse de la nature.
