Le cyclisme a connu une profonde mutation ces deux dernières décennies, notamment en matière de lutte antidopage. Selon RMC Sport, l’ancien grimpeur néerlandais Robert Gesink — qui a évolué au plus haut niveau de 2007 à 2024 — a récemment souligné cette évolution lors d’un entretien accordé au podcast Bahamontes. Pour l’ex-membre emblématique de l’équipe Visma-Lease a Bike, désormais considérée comme l’une des meilleures formations mondiales, le peloton est aujourd’hui « bien plus propre » qu’à ses débuts, malgré la persistance de tricheurs.
Ce qu'il faut retenir
- Robert Gesink a couru de 2007 à 2024 au sein de la même équipe, d’abord sous le nom de Rabobank, puis Visma-Lease a Bike, selon RMC Sport.
- L’ancien coureur, aujourd’hui âgé de 40 ans, a évoqué l’évolution du dopage dans le cyclisme lors d’un podcast, décrivant une période passée marquée par la suspicion généralisée.
- En 2007, son équipe a été touchée par l’affaire Michael Rasmussen, exclu du Tour de France à quelques jours de l’arrivée alors qu’il était en tête du classement général.
- Gesink a terminé 5e du Tour de France 2010, une édition marquée par plusieurs déclassements pour dopage parmi les prétendants.
- Le Néerlandais a contribué aux succès de Primoz Roglic, notamment trois victoires au Tour d’Espagne entre 2019 et 2021, ainsi qu’à la participation au Tour de France 2020.
- Il a estimé que le cyclisme moderne est « bien plus propre », tout en reconnaissant que le dopage persiste sous une forme ou une autre.
Un parcours marqué par les scandales et la transformation du cyclisme
Robert Gesink a intégré le peloton professionnel en 2007 au sein de la formation Rabobank, une équipe qui a marqué l’histoire du cyclisme néerlandais. À cette époque, le dopage était une réalité omniprésente, selon ses propres mots. « Quand j’ai intégré le peloton, le dopage était monnaie courante », a-t-il déclaré lors de son entretien. Cette période, particulièrement trouble, a été marquée par une méfiance généralisée. « Ce n’étaient pas les meilleures années ; il y avait beaucoup de méfiance, de jalousie et d’incertitude. Si quelqu’un réalisait une bonne performance, les autres pensaient immédiatement : « Il a pris quelque chose de nouveau » », a-t-il expliqué à RMC Sport.
Le cyclisme des années 2000 a été ébranlé par une série d’affaires retentissantes, dont celle impliquant Lance Armstrong, dont les titres ont été retirés après des révélations de dopage systémique. Dans ce contexte, le sponsor Rabobank a décidé de se retirer de la discipline à la fin de l’année 2012, illustrant la crise de confiance qui touchait alors le sport. Gesink, lui, a bénéficié d’un entourage qui l’a aidé à rester sur la voie du respect des règles. « Quand j’étais jeune, je pensais que si je voulais atteindre ce niveau, je devais faire pareil. Heureusement, mon entourage m’a aidé à rester sur le droit chemin », a-t-il confié.
Une carrière couronnée par des succès malgré un environnement difficile
Malgré les doutes et les controverses, Robert Gesink a construit une carrière remarquable, ponctuée de performances notables. L’une de ses saisons les plus abouties reste l’année 2010, où il a terminé 5e du Tour de France. Cette édition avait été marquée par plusieurs déclassements pour dopage parmi les coureurs ayant terminé dans les premières places, rappelant l’ampleur des problèmes de l’époque. Plus tard, Gesink a joué un rôle clé dans les succès de Primoz Roglic au sein de l’équipe Visma-Lease a Bike. Entre 2019 et 2021, il a notamment contribué aux trois victoires du Slovène au Tour d’Espagne, consolidant la réputation de son équipe comme l’une des meilleures au monde.
Son expérience inclut également une participation au Tour de France 2020, une édition marquée par la chute de Roglic la veille de l’arrivée finale, après une lutte acharnée avec Tadej Pogacar. Malgré ces aléas, Gesink a toujours défendu l’idée que le cyclisme moderne a su se réinventer, notamment grâce à des contrôles antidopage plus stricts et une prise de conscience collective. « Le cyclisme moderne est beaucoup plus propre, mais il y aura toujours des tricheurs », a-t-il résumé avec pragmatisme.
Une évolution structurelle et une équipe devenue référence
Le parcours de Gesink coïncide avec la transformation de son équipe. Initialement nommée Rabobank, puis renommée à plusieurs reprises, la formation est devenue Visma-Lease a Bike en 2017. Sous cette nouvelle identité, elle a progressivement émergé comme un acteur majeur du cyclisme mondial. L’arrivée de coureurs comme Primoz Roglic et Jonas Vingegaard a permis à l’équipe de briller sur les grands tours, avec des victoires au Tour de France, au Tour d’Espagne et au Giro.
Cette réussite sportive s’accompagne d’une image de plus en plus associée à l’intégrité, même si le passé trouble du cyclisme continue de hanter certains esprits. Gesink, qui a pris sa retraite à la fin de l’année 2024, a été un témoin privilégié de cette évolution. Pour lui, les progrès réalisés en matière de transparence et de lutte antidopage sont indéniables, même si le combat contre la triche reste permanent. « Quand on regarde en arrière, on se rend compte que le cyclisme a beaucoup changé », a-t-il souligné.
En attendant, les déclarations de Robert Gesink rappellent que le cyclisme a su, malgré ses démons, se reconstruire sur des bases plus saines. Son témoignage, comme celui d’autres anciens coureurs, contribue à façonner une image plus claire de l’évolution de ce sport.
L’équipe Rabobank a été directement impliquée dans plusieurs affaires majeures. La plus marquante reste l’exclusion de Michael Rasmussen du Tour de France 2007, alors qu’il portait le maillot jaune à quelques jours de l’arrivée. Rasmussen, l’un des leaders de l’équipe, avait été exclu après avoir menti sur ses lieux de préparation et avoir été contrôlé positif à la testostérone en 2007. Cette affaire avait profondément ébranlé la crédibilité de l’équipe et du cyclisme néerlandais. Par ailleurs, le retrait du sponsor Rabobank en 2012 était lié à l’image désastreuse du dopage dans le cyclisme, notamment après les révélations sur Lance Armstrong et l’affaire US Postal, selon RMC Sport.