Selon RFI, le nouveau long-métrage de Manuela Martelli, « Le dégel », marque une nouvelle étape dans l’exploration cinématographique de l’histoire chilienne par la réalisatrice. Après « Chili 1976 », qui plongeait déjà le spectateur dans les tensions politiques de l’époque, ce deuxième film adopte une approche intimiste et familiale pour aborder cette période trouble.

Ce qu'il faut retenir

  • Manuela Martelli signe son deuxième long-métrage, « Le dégel », après « Chili 1976 ».
  • Le film s’articule autour de l’histoire de la petite Inès, qui sert de fil conducteur narratif.
  • L’intrigue se déroule dans un microcosme isolé au cœur des neiges andines.
  • L’œuvre mêle histoire familiale et mémoire collective du Chili des années 1970.

Une plongée dans l’histoire chilienne par le prisme intime

Avec « Le dégel », Manuela Martelli confirme son intérêt pour l’histoire récente de son pays, mais en adoptant une perspective inédite. Plutôt que de traiter directement des événements politiques, elle choisit de les évoquer à travers le regard d’une enfant, Inès. « C’est une manière de rendre compte de la complexité de cette période sans tomber dans le didactisme », explique la réalisatrice. Le film s’inscrit ainsi dans une démarche où le personnel devient politique.

L’action se situe dans un village niché dans les Andes chiliennes, un cadre enneigé qui renforce l’isolement des personnages. Autant dire que le paysage joue un rôle aussi important que les protagonistes eux-mêmes. Le choix de cette localisation n’est pas anodin : il reflète à la fois l’exil intérieur et la résistance silencieuse de ceux qui ont vécu sous la dictature.

Inès, une héroïne à hauteur d’enfant

Le personnage d’Inès, interprété par une jeune actrice dont le nom n’a pas encore été révélé, incarne bien plus qu’un simple fil conducteur. À travers ses doutes, ses questions et ses observations, le spectateur découvre une société chilienne fracturée par la peur et l’oppression. « Inès n’est pas un personnage passif », souligne Martelli. « Son regard naïf mais percutant permet de questionner les silences et les non-dits de cette époque. »

Le film alterne entre scènes du quotidien et moments de tension, créant un rythme qui maintient le public en alerte. Le choix de filmer une partie de l’intrigue sous la neige ajoute une dimension visuelle et symbolique forte : la glace, comme la mémoire, peut fondre et révéler ce qui était enfoui.

Une œuvre qui s’inscrit dans la continuité de « Chili 1976 »

« Le dégel » s’inscrit dans la lignée de « Chili 1976 », sorti en 2022, qui avait marqué les esprits par sa rigueur et son humanité. Les deux films partagent une même volonté de ne pas réduire l’histoire à des dates ou des événements, mais de la rendre tangible à travers des destins individuels. « Chaque famille chilienne a son propre récit de cette période », rappelle Martelli. « Mon travail consiste à en extraire des fragments qui parlent à tous. »

Le tournage, réalisé en partie dans des conditions difficiles en raison de l’altitude et du climat, a exigé une préparation minutieuse. Les paysages andins, avec leurs sommets enneigés et leurs vallées isolées, ont été choisis pour leur capacité à symboliser à la fois l’oppression et l’espoir. « C’est un décor qui impose une forme de lenteur, une respiration, comme si le temps lui-même était suspendu », confie la réalisatrice.

Et maintenant ?

Le film « Le dégel » est actuellement en post-production et devrait sortir sur les écrans chiliens d’ici la fin de l’année 2026. Une projection internationale est également prévue dans le cadre de festivals spécialisés, notamment à Berlin et à San Sebastián. Les premières critiques, dévoilées lors d’une avant-première à Santiago, soulignent déjà la force visuelle et émotionnelle de l’œuvre. Reste à voir si ce deuxième volet confirmera Manuela Martelli comme une figure majeure du cinéma chilien contemporain.

Pour l’instant, aucune date de sortie française n’a été annoncée, mais les distributeurs devraient se prononcer d’ici la fin de l’automne. Autant dire que les amateurs de cinéma politique et d’histoires intimistes devront patienter un peu avant de découvrir cette nouvelle création.