Chaque jour, des millions de barils de pétrole transitent par le détroit d'Ormuz, un passage stratégique entre le golfe Persique et le golfe d'Oman. Plus du tiers du trafic maritime pétrolier mondial y transite, selon nos confrères de BFM Business. Ce corridor, long de seulement 60 kilomètres au point le plus étroit, concentre une part majeure des exportations mondiales d'or noir.

L'importance géostratégique de cette voie maritime n'est plus à démontrer. En 2025, près de 21 millions de barils par jour ont emprunté ce détroit, d'après les dernières estimations de l'Energy Information Administration (EIA). Une telle concentration de flux en fait un point de tension permanent entre les grandes puissances énergétiques et les pays riverains.

Ce qu'il faut retenir

  • 21 millions de barils par jour transitent par le détroit d'Ormuz, soit environ un tiers du trafic pétrolier maritime mondial en 2025
  • Le détroit ne fait que 60 km de large au point le plus étroit, ce qui en fait un passage hautement stratégique et vulnérable
  • Plus du tiers du trafic maritime pétrolier mondial emprunte cette route, selon BFM Business
  • Ce corridor relie le golfe Persique, riche en réserves, aux marchés asiatiques et occidentaux

Un point de passage incontournable pour l'économie mondiale

Le détroit d'Ormuz n'est pas seulement une voie maritime, c'est une artère vitale pour l'approvisionnement énergétique mondial. Selon l'EIA, près de 80 % des exportations de pétrole du Moyen-Orient transitent par cette route. Les principaux pays exportateurs comme l'Arabie saoudite, l'Iran, les Émirats arabes unis ou encore le Koweït y sont particulièrement exposés.

Côté asiatique, les importations de la Chine, de l'Inde et du Japon dépendent à plus de 60 % de ce passage. Une interruption prolongée du trafic aurait des répercussions immédiates sur les prix du baril et les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les stocks stratégiques des pays consommateurs sont calibrés pour faire face à des ruptures de courte durée, mais une crise prolongée provoquerait une flambée des cours.

Une zone sous haute surveillance et sous tension

La sécurité de ce détroit est une préoccupation majeure pour les puissances régionales et internationales. Les tensions géopolitiques entre l'Iran et ses voisins, notamment les États-Unis et ses alliés du Golfe, ont régulièrement menacé la stabilité de cette zone. En 2019, des attaques contre des navires pétroliers avaient déjà provoqué une montée des cours avant d'être attribuées à Téhéran, selon Washington.

D'autres incidents ont eu lieu ces dernières années, comme l'arraisonnement de pétroliers iraniens ou des exercices militaires à répétition des forces américaines et britanniques dans la région. L'Iran a plusieurs fois menacé de fermer le détroit en cas de conflit ouvert, une décision qui aurait des conséquences catastrophiques pour l'économie mondiale. Ces déclarations servent souvent de levier dans les négociations diplomatiques.

« Le détroit d'Ormuz est un point de passage non négociable pour le commerce mondial. Toute tentative de le fermer aurait des répercussions immédiates et dramatiques sur les prix de l'énergie. »
Un responsable de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), cité par BFM Business

Et maintenant ?

La situation géopolitique dans la région reste volatile, et les prochains mois pourraient voir une intensification des tensions autour du détroit d'Ormuz. Les négociations en cours sur le nucléaire iranien, si elles aboutissent, pourraient temporairement apaiser les tensions. À l'inverse, une escalade militaire entre Israël et l'Iran, ou entre les États-Unis et la République islamique, pourrait entraîner des mesures de rétorsion ciblant ce passage stratégique. Les analystes s'attendent à ce que les pays importateurs renforcent leurs stocks stratégiques dans les prochains mois pour se prémunir contre d'éventuelles perturbations.

Par ailleurs, la transition énergétique pourrait, à terme, réduire la dépendance au pétrole du golfe Persique. Pour l'instant, aucune alternative crédible ne se profile pour remplacer le détroit d'Ormuz. Les projets de pipelines terrestres ou de nouvelles routes maritimes restent marginaux et coûteux.

Dans ce contexte, la surveillance accrue des forces navales internationales, notamment via l'opération Sentinel, devrait se poursuivre pour garantir la liberté de navigation. Une mission à laquelle participent plusieurs pays européens, dont la France.

Le détroit d'Ormuz est le passage obligé pour exporter le pétrole du Moyen-Orient vers l'Asie et l'Occident. Avec 21 millions de barils par jour en transit en 2025, il concentre près d'un tiers du trafic maritime pétrolier mondial. Une fermeture, même temporaire, provoquerait une crise d'approvisionnement majeure et une flambée des prix.