Le Dikke Van Dale, dictionnaire de référence de la langue néerlandaise, va intégrer le terme « vulvalippen » — littéralement « lèvres de la vulve » — dans sa prochaine édition, selon Courrier International. Cette décision intervient à la suite d’une campagne portée par des collectifs féministes néerlandais, visant à remplacer l’expression historique « schaamlippen », soit « lèvres de la honte ».
Ce qu'il faut retenir
- Le Dikke Van Dale, dictionnaire officiel néerlandais, va ajouter le terme « vulvalippen » à son édition à venir, d’après une annonce relayée par le média public NOS le 7 août 2026.
- Cette décision fait suite à une campagne féministe demandant le remplacement du terme « schaamlippen » (« lèvres de la honte »), jugé stigmatisant.
- La sexologue Ellen Laan, décédée entre-temps, avait initié ce mouvement il y a deux ans.
- Le collectif Schaamteloos (« sans honte »), l’artiste Esther van der Valk et le mouvement féministe Dolle Mina’s ont rejoint l’initiative en 2026.
- Les partisans de cette réforme militent pour un vocabulaire neutre sur la sexualité, afin d’éviter que les enfants n’associent honte et anatomie.
Cette évolution lexicale marque un tournant dans la perception des parties génitales féminines aux Pays-Bas. Selon le média public NOS, cité par Courrier International, l’éditeur du Dikke Van Dale a validé l’ajout de « vulvalippen » après avoir été saisi par les porteurs de cette campagne. Le terme, qui désigne spécifiquement les petites lèvres de la vulve, est présenté comme une alternative plus neutre et moins connotée que « schaamlippen », mot historiquement chargé de connotations négatives.
L’initiative, lancée il y a deux ans par la sexologue Ellen Laan, s’est concrétisée en 2026 avec l’appui de plusieurs acteurs. La plateforme Schaamteloos, l’artiste Esther van der Valk et le mouvement féministe Dolle Mina’s ont multiplié les actions pour promouvoir cette réforme. Parmi leurs actions : des œuvres artistiques représentant des vulves, des affiches placées dans des abribus, ainsi que des courriers adressés aux professionnels de santé.
Leur objectif affiché est clair : « Il est important que les enfants grandissent avec un vocabulaire neutre au sujet de leur corps », a expliqué Esther van der Valk au Volkskrant, cité par Courrier International. « Si des enfants entendent qu’ils ont des lèvres “de la honte”, ils en déduisent que c’est une chose dont on doit avoir honte. Or, nous voulons diffuser l’idée que le sexe et les parties génitales sont des choses positives et normales. Pour cela, il faut utiliser des mots adaptés. »
« Il est important que les enfants grandissent avec un vocabulaire neutre au sujet de leur corps. Si des enfants entendent qu’ils ont des lèvres “de la honte”, ils en déduisent que c’est une chose dont on doit avoir honte. »
— Esther van der Valk, artiste et militante, selon De Volkskrant
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation du vocabulaire anatomique, tant aux Pays-Bas qu’à l’international. Les défenseurs de cette cause rappellent que l’utilisation de termes péjoratifs peut renforcer les tabous autour de la sexualité et, par ricochet, affecter la santé sexuelle et mentale des individus. Aux Pays-Bas, cette question a pris une ampleur particulière ces dernières années, avec une montée en puissance des discours sur la santé sexuelle et l’éducation corporelle dès le plus jeune âge.
Pour l’heure, l’édition 2026 du Dikke Van Dale n’a pas encore été officiellement publiée. Son ajout dans le dictionnaire pourrait néanmoins influencer les prochaines mises à jour des manuels scolaires, des supports éducatifs et des recommandations médicales. Les militants rappellent que cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de déconstruction des stéréotypes de genre et de promotion d’une éducation sexuelle inclusive.
Le terme « schaamlippen » — littéralement « lèvres de la honte » — était perçu comme stigmatisant car il associait directement les parties génitales féminines à un sentiment de honte. Les militants estimaient que cette appellation contribuait à entretenir des tabous autour de la sexualité et pouvait influencer négativement la perception que les enfants et les adultes ont de leur propre corps.
Les porteurs de la campagne ont organisé des expositions artistiques représentant des vulves, diffusé des affiches dans des abribus, et envoyé des lettres aux professionnels de santé pour les sensibiliser à l’importance d’un vocabulaire neutre. Ces actions visaient à normaliser l’utilisation du terme « vulvalippen » dans l’espace public et éducatif.