Le monde du football est souvent présenté comme une terre de passion, mais il peut aussi se muer en un marché où les joueurs deviennent de simples produits. C’est cette réalité que Nicolas Cartelet explore dans son roman « Qui se souvient de Joseph Diop », publié aux éditions Flammarion. Selon Franceinfo - Sport, l’auteur y dépeint l’ascension et le déclin d’un footballeur sénégalais, Joseph Diop, dont la carrière prend un tournant inattendu en Chine, symbole du « paroxysme du fric dans le foot ».
Ce qu'il faut retenir
- Le roman de Nicolas Cartelet s’inspire de trajectoires réelles de footballeurs africains ayant évolué en Chine dans les années 2010.
- Joseph Diop, personnage fictif, incarne un joueur ballotté entre clubs européens et le marché chinois, où l’argent dominait les transferts.
- La Chine a été, dans les années 2010, un eldorado pour des joueurs en fin de carrière, avec des projets ambitieux comme « Chine 2050 ».
- L’auteur souligne que certains joueurs ne comprenaient pas les mécanismes économiques entourant leur carrière.
- Nicolas Cartelet, passionné de football, intègre dans son récit une référence à Liverpool, club emblématique de son cœur de supporter.
Un footballeur entre rêves et désillusions
Joseph Diop, personnage central du roman, représente une génération de footballeurs africains dont la carrière a été marquée par des transferts à l’étranger. Comme le rapporte Franceinfo - Sport, sa trajectoire suit un schéma presque classique : passage par la France, puis un club anglais, avant de tenter sa chance en Chine. Dans les années 2010, le championnat chinois s’est imposé comme une destination prisée pour des joueurs en fin de carrière, attirés par des contrats mirobolants. Pourtant, derrière cette façade se cachait une réalité bien moins reluisante.
Nicolas Cartelet, interrogé par Franceinfo - Sport, explique que son roman n’est pas une biographie, mais s’inspire de faits réels. « Je suis très attaché à la fiction, je ne me vois pas écrire une biographie de footballeur. Mais je tire des fils tous inspirés de faits réels », déclare-t-il. Le personnage de Joseph Diop, bien que fictif, incarne ces parcours où l’argent et les promesses de gloire prennent le pas sur la passion du jeu. Autant dire que le football chinois des années 2010 a été, pour beaucoup, un mirage.
La Chine, symbole du football business
Pour Cartelet, la Chine a été « l’exemple paroxystique du fric dans le foot ». Le pays a lancé des projets ambitieux, comme « Chine 2050 », visant à faire de lui une grande nation du football en partant de zéro. Les témoignages de joueurs ayant évolué sur place abondent : beaucoup avouent ne pas avoir compris les mécanismes économiques entourant leur carrière. « Il y a eu énormément de témoignages de joueurs disant qu’ils ne comprenaient pas grand-chose à ce qui se passait autour d’eux », précise l’auteur.
Dans ce contexte, Joseph Diop devient un produit marketing, une « belle prise » pour les clubs chinois. « Mon roman prend Joseph Diop à la toute fin de carrière, quand il se retourne et se rend compte qu’il n’a pas décidé grand-chose », explique Nicolas Cartelet. Son récit met en lumière une réalité cruelle : celle de footballeurs considérés comme des marchandises, ballottés de club en club sans réel contrôle sur leur destin.
Un hommage à Liverpool et à la passion du football
Malgré ce tableau sombre, le roman de Cartelet n’oublie pas la passion qui anime le football. L’auteur, supporter de Liverpool, a souhaité intégrer ce club emblématique dans l’histoire de Joseph Diop. « Il y a une ferveur chez les Anglais de Liverpool qui m’a beaucoup touché, et c’était important que Joseph Diop passe par ce club et marque son histoire », souligne-t-il. Dans le récit, Diop offre à Liverpool la victoire en Ligue des champions avec un but qui rappelle celui de Zidane en 2002 contre le Real Madrid.
Ce clin d’œil à l’histoire du football permet à Cartelet de rappeler que, malgré les dérives du football business, la magie du jeu reste intacte. « Le roman d’un passionné de football, qui ne rate aucune Coupe du monde », rappelle Franceinfo - Sport. Une façon de rappeler que, derrière les transferts et les contrats, il y a avant tout des joueurs et une passion qui les anime.
Une réflexion sur l’éthique du football moderne
Au-delà du récit personnel de Joseph Diop, le roman de Nicolas Cartelet invite à une réflexion plus large sur l’éthique du football moderne. Le football est devenu un marché où les joueurs sont souvent réduits à leur valeur marchande. « C’est le récit d’une forme de dérive du football business », explique l’auteur. Pourtant, malgré ces dérives, le football reste un sport universel, porté par des millions de passionnés à travers le monde.
Pour Cartelet, il est essentiel de rappeler que derrière chaque contrat et chaque transfert, il y a des histoires humaines. Son roman, à mi-chemin entre fiction et réalité, en est la preuve. « Qui se souvient de Joseph Diop » rappelle que le football ne doit pas être réduit à un simple business, mais doit rester avant tout une histoire de passion et de rêves.
Dans les années 2010, la Chine a lancé des projets ambitieux pour développer son football, comme le plan « Chine 2050 ». Les clubs chinois ont attiré des joueurs en fin de carrière avec des contrats très lucratifs, faisant du championnat chinois un eldorado temporaire pour des footballeurs africains en quête de revenus.
Le projet « Chine 2050 » visait à faire de la Chine une grande nation du football en partant de zéro. Il s’agissait d’un plan ambitieux incluant des investissements massifs, des académies de formation et l’importation de joueurs expérimentés pour accélérer le développement du football chinois.