Le gouvernement défend bec et ongles sa plateforme d'orientation post-bac, Parcoursup, face aux critiques réitérées des lycéens qui se mobilisent pour de meilleures conditions d'études, selon Franceinfo - Politique. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a présenté la plateforme comme un progrès par rapport au système antérieur, soulignant que seulement 38 bacheliers n'ont pas trouvé de solution en 2025, contre 3 700 en 2017, dernière année avant la mise en place de Parcoursup.
Ce qu'il faut retenir
- 38 bacheliers n'ont pas trouvé de solution sur Parcoursup en 2025, selon le ministre Philippe Baptiste.
- Ces 38 bacheliers font partie des 22 235 candidats qui ont saisi une commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES).
- Entre 10 800 et 13 100 lycéens n'auraient pas trouvé de formation via Parcoursup, selon les estimations.
- Les difficultés rencontrées par les étudiants avec les affectations sur Parcoursup sont avant tout révélatrices d'un problème structurel de l'enseignement supérieur en France.
- Le ministère de l'Enseignement supérieur assure que ceux qui ont été admis dans une formation se déclarent majoritairement satisfaits par les réponses des formations obtenues via Parcoursup.
Les chiffres avancés par le gouvernement
Les chiffres avancés par le ministre Philippe Baptiste sont authentiques, mais ne décrivent qu'une partie du tableau, comme l'a pointé une mission flash de l'Assemblée nationale consacrée à Parcoursup, en février. Les 38 bacheliers cités par le ministre font partie des 22 235 candidats qui ont saisi une commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) en 2025. Cependant, mettre la focale sur ces seuls 38 candidats sans solution, y compris avec l'aide d'une CAES, « est une façon extrêmement faussée de mesurer l'efficacité de la procédure », juge Julien Grenet, directeur adjoint de l'Institut des politiques publiques (IPP).
Les difficultés des étudiants avec Parcoursup
Les difficultés rencontrées par les étudiants avec les affectations sur Parcoursup sont avant tout révélatrices d'un problème structurel de l'enseignement supérieur en France, alerte le chercheur. Beaucoup de ces demandes de réorientation viennent de bacheliers technologiques ou professionnels, affectés malgré eux en licence, où leur taux d'échec est d'environ 90%, faute de place en BTS ou BUT. Affecter coûte que coûte des bacheliers dans des filières, même quand elles ne sont pas adaptées à leur profil, est « extrêmement inefficace » et « ne fait pas sens d'un point de vue économique », déplore Julien Grenet.
En conclusion, le débat autour de Parcoursup et de son efficacité à répondre aux besoins des étudiants et de l'enseignement supérieur en France est loin d'être clos. Les chiffres avancés par le gouvernement, bien que réels, ne donnent qu'une vision partielle de la situation, et les difficultés rencontrées par les étudiants avec les affectations sur Parcoursup mettent en lumière des problèmes structurels plus profonds.