Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé mardi 21 mesures d'urgence pour faire face à la crise du logement en Espagne, selon Euronews FR. Ces mesures visent à faciliter la location ou l'achat d'un nouveau logement, à prolonger les protections contre les expulsions pour les habitants vulnérables, à réglementer la location de chambres, à imposer une nouvelle taxe sur les locations saisonnières, à interdire les achats immobiliers spéculatifs et à accorder des avantages fiscaux aux propriétaires et aux locataires qui paient leurs loyers à temps.
Ces mesures ont été approuvées après des violences à Barcelone et la mobilisation de dizaines de milliers de personnes dans les rues pour réclamer une solution rapide, suite à l'expulsion de María del Carmen Abascal, 87 ans, de son domicile madrilène le mois dernier. Le gouvernement de coalition de Pedro Sánchez ne disposait pas de la majorité et a subi un revers législatif cinglant lorsque les partis d'opposition de droite ont rejeté les décrets d'urgence destinés à répondre à la crise du logement.
Ce qu'il faut retenir
- 21 mesures d'urgence pour faire face à la crise du logement
- Faciliter la location ou l'achat d'un nouveau logement
- Prolonger les protections contre les expulsions pour les habitants vulnérables
- Réglementer la location de chambres
- Imposer une nouvelle taxe sur les locations saisonnières
- Interdire les achats immobiliers spéculatifs
La situation actuelle
La poussée des coûts et la pénurie de logements excluent de plus en plus d'Espagnols du marché immobilier, malgré la forte croissance économique de la quatrième économie européenne. Les manifestants réclament des protections renforcées pour les locataires, des mesures contre la fraude et l'interdiction des expulsions lorsqu'aucune solution de relogement n'est disponible.
Le gouvernement va également créer un fonds de 10 milliards d'euros pour offrir des prêts pouvant aller jusqu'à 50 000 € pour l'achat d'un premier logement, ainsi que des subventions à la construction, a ajouté le chef du gouvernement espagnol. Ces mesures devront être ratifiées par une assemblée provisoire plutôt que par le Parlement, dissous après la convocation des élections anticipées.
Les reactions
Alejandro Quiroga, professeur de science politique à l'université Complutense de Madrid, estime que la validation des décrets par l'assemblée provisoire est conforme à la Constitution, mais aussi un geste politique nécessaire de la part de Sánchez. « Je ne pense pas que Sánchez avait une alternative », juge Quiroga. « Si vous convoquez des élections anticipées pour maintenir l'attention du public sur la question du logement, vous ne pouvez pas ensuite rester les bras croisés. Cela n'aurait pas été judicieux ».
Le Premier ministre a toutefois sollicité les voix de ses adversaires, déclarant : « Nous ne parlons pas d'une question idéologique, mais de bon sens ». « De nombreux Espagnols attendent des solutions, pas seulement ceux qui se rassemblent sur les places, ni les milliers de manifestants dans les rues. Je parle de millions de citoyens qui attendent de leurs représentants qu'ils aient le courage de tenir tête aux puissants plutôt que de se soumettre », a-t-il ajouté.
En conclusion, le gouvernement espagnol a annoncé des mesures pour faire face à la crise du logement, mais il reste à voir comment elles seront mises en œuvre et accueillies par les Espagnols. Les élections anticipées prévues pour le 29 novembre seront une étape importante pour déterminer l'avenir de la politique du logement en Espagne.