Le gouvernement français prévoit de mobiliser jusqu'à 60 milliards d'euros issus de l'épargne réglementée des Français, notamment du Livret A, pour financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, selon BFM Business. Cette décision a suscité une vive réaction de la part de la gauche, qui dénonce un « chèque en blanc exorbitant » qui pourrait fragiliser le financement du logement social.
Un collectif réunissant des élus de gauche et des organisations associatives et syndicales a demandé lundi le retrait du dispositif gouvernemental prévoyant de mobiliser l'épargne réglementée pour financer de nouveaux réacteurs nucléaires, craignant qu'il ne fragilise le financement du logement social. Le député LFI Maxime Laisney a dénoncé cette décision, qualifiant cela de « chèque en blanc exorbitant ».
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement prévoit de mobiliser jusqu'à 60 milliards d'euros du Livret A pour financer les réacteurs nucléaires.
- La gauche dénonce un « chèque en blanc exorbitant » qui pourrait fragiliser le financement du logement social.
- Un collectif de gauche et d'organisations associatives et syndicales a demandé le retrait du dispositif gouvernemental.
Le contexte
Dans son projet de budget 2027, le gouvernement prévoit de financer jusqu'à 60% de la construction des six nouveaux réacteurs EPR2 grâce à un prêt mobilisant l'épargne réglementée des Français, notamment celle du Livret A, dans la limite de 60 milliards d'euros. L'État garantirait le remboursement et prendrait en charge les intérêts pendant la construction, puis assurerait à une filiale du groupe EDF un taux fixe de 3% pendant l'exploitation.
Le Livret A, comme le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), fait partie des produits d'épargne dits réglementés. Les fonds qui y sont placés par les épargnants sont rémunérés à 1,7%. Cela représente des centaines de milliards d'euros. Une partie de cette épargne est centralisée dans le Fonds d'épargne de la Caisse des dépôts, qui finance notamment le logement social.
Les réactions
Le collectif estime que financer le nucléaire avec ces fonds, sans concertation préalable, détournerait ces ressources de leur vocation sociale et réduirait les marges disponibles pour accélérer la construction et la rénovation des logements sociaux. « Ceci mérite un débat et ce débat n'a pas lieu », a regretté Dominique Plihon, d'Attac, dénonçant une « décision unilatérale » de l'exécutif, qui « viole les règles de la démocratie ».
Le gouvernement avait assuré en mars que le financement du logement social resterait prioritaire. Le principal article du dispositif, l'article 69 relatif à la garantie de l'État, doit être examiné mercredi en commission des finances, selon M. Laisney, qui redoute un recours au 49.3 pour faire adopter le budget sans vote.
Les prochaines étapes
Des représentants d'Attac, de France Nature Environnement, de Sud PTT et de l'Union des syndicats CGT du groupe Caisse des dépôts participaient à cette conférence, aux côtés de parlementaires LFI, écologistes et communistes. Parmi eux, le sénateur communiste Fabien Gay, favorable aux six EPR2, s'oppose néanmoins à leur financement par le Livret A.
En conclusion, la décision du gouvernement de mobiliser jusqu'à 60 milliards d'euros du Livret A pour financer les réacteurs nucléaires a suscité une vive réaction de la part de la gauche et des organisations associatives et syndicales. Il reste à voir comment cette décision sera mise en œuvre et quels seront les impacts sur le financement du logement social.