On réduit souvent le jeu d’imagination chez l’enfant à une simple distraction. Pourtant, ces moments de « faire semblant » — jouer au marchand, au docteur ou à la dînette — jouent un rôle bien plus structurant dans son développement, selon une étude publiée par RFI. Les chercheurs soulignent en effet que cette activité pourrait contribuer à prévenir certaines difficultés émotionnelles chez les plus jeunes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le jeu d’imagination favorise le développement émotionnel et cognitif des enfants, selon RFI.
  • Cette activité pourrait aider à prévenir des troubles psychologiques précoces.
  • Les jeux de « faire semblant » stimulent la créativité et l’empathie.
  • Les experts recommandent de valoriser ces moments de jeu libre.

Un rôle clé dans la construction psychologique

Les psychologues et pédiatres s’accordent depuis longtemps sur l’importance du jeu dans l’épanouissement de l’enfant. Mais selon RFI, les vertus du jeu d’imagination — aussi appelé « jeu symbolique » — dépassent largement le cadre du divertissement. Il permet en effet aux enfants d’expérimenter des rôles sociaux, de gérer des émotions complexes et de développer leur langage. Autant dire que ces séances de jeu ne sont pas du temps perdu, mais bien des moments formatifs.

L’étude citée par RFI met en lumière un lien direct entre la pratique régulière du jeu d’imagination et une meilleure résilience face aux difficultés émotionnelles. En endossant des rôles variés — médecin, client, parent, explorateur — l’enfant apprend à se mettre à la place d’autrui, à négocier et à résoudre des conflits fictifs. Bref, il construit des compétences sociales et émotionnelles qui lui seront utiles tout au long de sa vie.

Des bénéfices concrets pour la santé mentale

Les chercheurs ont observé que les enfants qui s’adonnent fréquemment à ce type de jeu présentaient un taux réduit de symptômes d’anxiété et de dépression. Selon RFI, ces résultats s’expliquent par le fait que le jeu symbolique offre un espace sécurisé pour exprimer et maîtriser des émotions parfois difficiles à verbaliser. L’imagination devient ainsi un outil thérapeutique naturel.

Un autre aspect souligné par l’étude concerne la créativité. Les enfants qui développent une forte capacité à « faire semblant » seraient également plus aptes à trouver des solutions innovantes face à des problèmes réels. Cette flexibilité cognitive, nourrie par le jeu, pourrait les aider à mieux s’adapter aux changements et aux défis ultérieurs. Les experts recommandent donc aux parents et éducateurs de ne pas sous-estimer l’importance de ces moments de jeu libre, même s’ils peuvent paraître anodins en apparence.

Comment encourager le jeu d’imagination ?

Pour tirer pleinement profit de ces bénéfices, encore faut-il que les adultes accompagnent l’enfant dans ces activités. RFI rappelle que le rôle des parents ou des enseignants n’est pas de diriger le jeu, mais de le rendre possible. Créer un environnement propice — avec des accessoires simples comme des déguisements, des ustensiles de cuisine en plastique ou des figurines — suffit souvent à stimuler l’imagination. L’idée est de laisser l’enfant explorer, inventer et répéter des scénarios à sa guise.

Il est également conseillé de valoriser ces moments sans les transformer en « activité pédagogique ». L’enfant doit percevoir le jeu comme un espace de liberté, et non comme une obligation. Les spécialistes insistent sur le fait que l’intervention des adultes doit rester discrète : un simple encouragement ou une question ouverte (« Et si tu étais le médecin, que ferais-tu ? ») peut suffire à enrichir l’expérience sans briser la dynamique du jeu.

Et maintenant ?

Les chercheurs appellent désormais à intégrer davantage de données sur l’impact du jeu d’imagination dans les politiques publiques de santé mentale infantile. Une recommandation pourrait émerger lors du prochain congrès international de pédiatrie, prévu en novembre 2026 à Berlin. D’ici là, les parents et éducateurs sont invités à observer attentivement ces moments de jeu, qui pourraient bien devenir un indicateur clé du bien-être psychologique des enfants.

Pour les familles, l’enjeu est donc double : d’une part, accorder une place centrale au jeu libre dans le quotidien, et d’autre part, ne pas hésiter à consulter un professionnel en cas de doute sur le développement émotionnel de l’enfant.

Les spécialistes estiment que les prémices du jeu symbolique apparaissent dès 18 mois, lorsque l’enfant commence à imiter des actions simples (nourrir une poupée, parler au téléphone). Cette capacité se développe fortement entre 3 et 6 ans, période où le jeu d’imagination devient particulièrement riche et structurant.