Selon Le Figaro, l’influenceur américain Braden Peters, alias Clavicular, incarne une mouvance en ligne particulièrement préoccupante : le « looksmaxxing ». Ce courant, qui prône l’optimisation extrême de l’apparence physique, expose ses adeptes à des risques sanitaires majeurs, voire mortels. Avec 323 200 abonnés sur la plateforme Kick, il diffuse des conseils pour sculpter son corps ou son visage par tous les moyens, y compris les plus dangereux.

Ce qu'il faut retenir

  • Le « looksmaxxing » est une communauté en ligne où des jeunes hommes cherchent à optimiser leur apparence physique par des moyens extrêmes.
  • Braden Peters, alias Clavicular, est l’un de ses représentants les plus influents avec 323 200 abonnés sur Kick.
  • Parmi les pratiques promues : le bone-smashing, des microfractures volontaires sur les os du visage pour affiner la mâchoire, ou l’injection de testostérone dès 14 ans.
  • Ces méthodes exposent les jeunes à des complications médicales graves, voire irréversibles.

Une communauté en ligne aux dérives inquiétantes

Le « looksmaxxing » s’est structuré autour d’un objectif simple, mais aux conséquences potentiellement dramatiques : transformer son apparence physique en un idéal de beauté masculin, souvent inspiré par des standards irréalistes. Clavicular, dont le vrai nom est Braden Peters, en est l’un des visages les plus médiatisés. Âgé de 20 ans au moment de son ascension, il a partagé sur YouTube et Kick des méthodes pour modifier son corps, comme le bone-smashing, une technique consistant à s’infliger des microfractures sur les os du visage pour en modifier la structure. « Le bone-smashing, ça marche vraiment », affirmait-il dans un podcast en 2025, selon Le Figaro.

Ces pratiques, bien que marginales, trouvent un écho inquiétant auprès de jeunes internautes en quête de reconnaissance sociale. Les réseaux sociaux, et notamment Kick, ont joué un rôle clé dans la viralité de ces contenus. Les algorithmes de recommandation amplifient la visibilité de ces influenceurs, exposant des milliers de spectateurs à des conseils potentiellement dangereux.

Des méthodes extrêmes et des risques sanitaires majeurs

Parmi les pratiques les plus alarmantes promues par le « looksmaxxing », on trouve l’auto-injection de testostérone. Clavicular a expliqué dans une interview au New York Times s’être administré cette hormone dès l’âge de 14 ans, achetée en ligne sans contrôle médical. « Les taux de testostérone chez les hommes ont chuté rapidement au fil des générations. Je me situe simplement là où nous devrions être du point de vue de l’évolution », a-t-il justifié. Pourtant, ces injections, réalisées sans suivi médical, exposent à des risques graves : stérilité, troubles cardiovasculaires, ou complications hépatiques.

Autre pratique régulièrement évoquée : les coups volontaires pour remodeler le visage. Certains adeptes utilisent des marteaux ou des objets contondants pour « sculpter » leur mâchoire, une méthode qui peut entraîner des fractures, des déformations permanentes, voire des lésions cérébrales. Ces comportements, bien que minoritaires, illustrent l’ampleur du phénomène et son ancrage dans une quête de perfection physique parfois autodestructrice.

Un phénomène qui interroge sur la régulation des réseaux sociaux

La popularité de Clavicular et de ses semblables pose une question cruciale : dans quelle mesure les plateformes numériques sont-elles responsables de la diffusion de contenus dangereux ? Kick, une plateforme de streaming vidéo, a été un accélérateur de sa notoriété. Pourtant, malgré les signalements et les alertes, peu de mesures concrètes ont été prises pour encadrer ces dérives. En France, l’Arcom a récemment annoncé vouloir renforcer son action pour protéger les mineurs des dangers des réseaux sociaux, notamment en luttant contre les contenus incitant à des comportements à risque.

Les experts s’inquiètent de l’impact psychologique de ces communautés. Le « looksmaxxing » repose souvent sur une vision biaisée de la beauté, où la valeur personnelle est directement liée à l’apparence physique. Cette pression, couplée à l’isolement et à la recherche de validation en ligne, peut aggraver les troubles anxieux ou dépressifs chez les jeunes les plus vulnérables.

« Ces communautés exploitent le mal-être des jeunes hommes, en leur proposant des solutions simplistes à des problèmes complexes. Derrière ces conseils se cache souvent une logique de profit, où les influenceurs monétisent leur propre souffrance », a analysé la psychologue clinicienne Sophie Marin, spécialiste des dérives numériques, dans une tribune publiée en 2025.

Des dérives qui dépassent les frontières américaines

Si Clavicular est américain, le phénomène du « looksmaxxing » touche désormais l’Europe. Des groupes et forums en ligne, souvent hébergés sur des plateformes comme Reddit ou Discord, recrutent des jeunes hommes francophones. Les contenus y sont souvent traduits ou adaptés, avec des conseils similaires : exercices extrêmes, régimes restrictifs, ou même chirurgie « maison » à l’aide de tutoriels vidéo.

En France, les associations de santé mentale tirent la sonnette d’alarme. « Nous recevons de plus en plus de signalements de jeunes hommes présentant des troubles du comportement alimentaire ou des addictions aux stéroïdes, tous liés à des communautés en ligne comme le looksmaxxing », confirme Santé Publique France. Ces dérives rappellent celles observées avec les « thinspo » ou « fitspo » des années 2010, mais avec une dimension encore plus risquée en raison des méthodes invasives prônées.

Et maintenant ?

Face à l’ampleur de ce phénomène, plusieurs pistes pourraient être explorées dans les mois à venir. Les plateformes comme Kick ou YouTube devraient renforcer leurs politiques de modération pour identifier et supprimer les contenus incitant à l’automutilation ou à des pratiques médicales non encadrées. En France, la loi sur l’âge numérique, prévue pour 2026, pourrait imposer des restrictions supplémentaires pour protéger les mineurs des algorithmes à risque.

Côté santé publique, des campagnes de sensibilisation ciblées pourraient être lancées pour informer les jeunes sur les dangers du « looksmaxxing ». Enfin, les influenceurs promouvant ces pratiques pourraient faire l’objet de poursuites pour mise en danger d’autrui, comme cela a déjà été le cas pour d’autres dérives en ligne.

L’affaire Clavicular rappelle une fois de plus que les réseaux sociaux, s’ils offrent des opportunités de visibilité, peuvent aussi devenir des vecteurs de désinformation et de risques sanitaires. Elle pose une question de fond : jusqu’où faut-il laisser des communautés en ligne dicter les standards de beauté et de santé à des millions de jeunes ?

Selon Le Figaro, le « looksmaxxing » reste un phénomène relativement marginal, mais en croissance rapide, notamment grâce à la viralité des réseaux sociaux. Les communautés en ligne autour de cette mouvance comptent des dizaines de milliers de membres, principalement des jeunes hommes âgés de 15 à 30 ans. Son expansion est favorisée par des algorithmes qui amplifient les contenus extrêmes, créant un effet d’entraînement dangereux.