Alors que le Bitcoin reste souvent critiqué pour sa consommation électrique, une récente étude menée par l’Université de Cambridge révèle une évolution significative de son mix énergétique. Selon les données publiées par Cryptoast, l’industrie minière du Bitcoin s’appuie désormais à 60 % sur des sources d’énergie bas carbone, marquant une progression notable dans sa démarche de réduction d’empreinte environnementale.

Ce qu'il faut retenir

  • 60 % de l’électricité utilisée par le minage de Bitcoin provient de sources bas carbone, selon l’Université de Cambridge (Cryptoast).
  • La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique est passée de 52,4 % à 59,4 % entre juin 2024 et décembre 2025.
  • Malgré une hausse de 38 % de sa consommation électrique, les émissions de CO₂ n’ont progressé que de 20 % sur la même période.
  • L’hydroélectricité est désormais la première source d’énergie du secteur, devant le gaz naturel.
  • Seulement 10 % des mineurs utilisent actuellement leurs infrastructures pour l’intelligence artificielle, mais 40 % étudient cette diversification.

Un secteur en mutation vers des énergies plus durables

Les résultats de cette étude, présentés par Alexander Neumueller, responsable des travaux au sein du Centre for Alternative Finance de l’Université de Cambridge, ont été dévoilés lors de la première édition de l’Energy Investors Forum à Dallas. Cet événement, dédié à l’intersection entre les marchés de l’énergie, les infrastructures financières et le calcul intensif, a mis en lumière les avancées du secteur minier du Bitcoin en matière de transition énergétique. « Le Bitcoin s’impose comme un acteur capable de privilégier des sources énergétiques écologiques et renouvelables », a souligné Neumueller lors de son intervention.

L’analyse révèle une hausse de 38 % de la consommation électrique du secteur entre juin 2024 et décembre 2025, passant de 138 térawattheures (TWh) à une estimation de 190 TWh en rythme annuel. Pourtant, cette augmentation n’a pas entraîné une progression proportionnelle des émissions de CO₂, qui n’ont crû que de 20 %, passant de 40 millions de tonnes à 48 millions de tonnes. Cette dissociation s’explique par une réorientation majeure du mix énergétique utilisé par les mineurs.

L’hydroélectricité dépasse le gaz naturel comme première source d’énergie

Parmi les enseignements clés de cette étude, la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique du Bitcoin est passée de 52,4 % à 59,4 % sur la période analysée. Cette progression s’accompagne d’un changement de hiérarchie dans les sources d’énergie : l’hydroélectricité occupe désormais la première place, devant le gaz naturel. Ce basculement illustre une volonté croissante des acteurs du secteur de s’éloigner des énergies fossiles au profit de solutions plus respectueuses de l’environnement.

Cette transition s’inscrit dans un contexte où la décentralisation du réseau Bitcoin rend difficile l’obtention de mesures exactes de sa consommation énergétique. Cependant, les chercheurs de l’Université de Cambridge rappellent que les données disponibles, bien que partielles, offrent une vision plus précise que les estimations souvent fantasmées du grand public. « Les études sérieuses permettent de corriger les idées reçues sur l’impact environnemental du Bitcoin », a indiqué Neumueller. Cette nuance est d’autant plus importante que le secteur reste sous le feu des projecteurs pour sa consommation électrique, régulièrement surévaluée.

Une diversification timide vers l’intelligence artificielle

L’étude révèle également un intérêt croissant des mineurs pour une diversification de leurs activités, notamment vers l’intelligence artificielle (IA) et le calcul haute performance (HPC). Selon les résultats, seulement 10 % des mineurs interrogés utilisent actuellement une partie de leurs capacités pour ces services, mais 40 % affirment étudier cette option. Cette tendance s’explique par la recherche d’une meilleure résilience financière et d’un positionnement concurrentiel renforcé.

Pour autant, cette diversification reste marginale et conditionnelle. Les mineurs soulignent que cette transition ne doit pas compromettre leur activité principale. « L’électricité devient une ressource rare, et de nombreux mineurs disposent déjà de cette énergie », a déclaré Neumueller. Toutefois, il a précisé que cette évolution nécessitera « beaucoup de capitaux et beaucoup d’expertise ». Cette observation souligne les défis logistiques et financiers auxquels pourraient être confrontés les acteurs du secteur s’ils souhaitent s’engager davantage dans l’IA.

Et maintenant ?

Si la transition énergétique du minage de Bitcoin semble bien engagée, son avenir dépendra de plusieurs facteurs. D’une part, la capacité des mineurs à maintenir cette dynamique vers les énergies renouvelables, malgré une consommation électrique en hausse. D’autre part, l’évolution de leur modèle économique, notamment leur capacité à intégrer de nouvelles activités comme l’IA sans perturber leur cœur de métier. Les prochaines années pourraient voir une accélération de ces tendances, mais tout dépendra des conditions économiques et réglementaires en place.

Une chose est sûre : le débat sur l’impact environnemental du Bitcoin ne peut plus ignorer ces avancées. Les données de l’Université de Cambridge offrent une base plus solide pour évaluer la réalité de cette industrie, loin des idées reçues. Reste à savoir si cette dynamique se poursuivra au même rythme, ou si des obstacles imprévus pourraient freiner cette transition.

Le minage de Bitcoin repose sur des calculs complexes réalisés par des machines spécialisées, ce qui nécessite une quantité importante d’électricité. Cette consommation, souvent estimée à des niveaux élevés sans toujours être sourcée précisément, en fait une cible privilégiée des critiques environnementales. Cependant, comme le rappellent les données de l’Université de Cambridge, une partie croissante de cette électricité provient désormais de sources renouvelables.