Le mouvement des lycéens contre les heures de cours non remplacées, les classes surchargées, Parcoursup et les établissements délabrés a donné lieu à plus de 5 000 gardes à vue en seulement cinq jours de mobilisation, selon les chiffres donnés par l'exécutif, vendredi 2 octobre, comme le rapporte Franceinfo - Politique. La cheffe des députés La France insoumise, Mathilde Panot, a affirmé, lundi 5 octobre, qu'il y a en ce moment « plus d'interpellations qu'au plus fort des gilets jaunes ».
Ce que dit Mathilde Panot est vrai. Le mouvement des gilets jaunes, mobilisés contre la hausse des prix du carburant et contre la vie chère, a connu sa plus grande vague d'interpellations le 8 décembre 2018, lors de son quatrième samedi de manifestation, dit aussi l'acte IV. Ce jour-là, 1 723 personnes avaient été interpellées, selon le ministère de l'Intérieur.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 5 000 interpellations en cinq jours de mobilisation lycéenne
- Le mouvement des gilets jaunes a connu 1 723 interpellations le 8 décembre 2018
- Le mouvement des lycéens a connu un pic d'interpellations jeudi 1er octobre avec 1 954 personnes interpellées
Les interpellations
En comparaison, le mouvement des lycéens a connu un pic d'interpellations jeudi 1er octobre. Ce jour-là, 1 954 personnes ont été interpellées, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Quelque 1 747 vendredi 2 octobre. Sur la longueur, les six premiers mois du mouvement des gilets jaunes, qui ont connu le plus fort de leur mobilisation et 26 actes, ont été marqués par près de 12 000 interpellations, selon les chiffres du gouvernement donnés par Le Parisien.
Ce rythme d'interpellations est sans précédent dans l'histoire récente des mobilisations citoyennes. Il est même plus intense que pendant les dix jours d'émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, un adolescent tué par un policier le 27 juin 2023 à Nanterre. À l'époque, 3 354 avaient été interpellés en dix jours, soit une moyenne de 350 interpellations par jour d'émeute, selon les chiffres des forces de l'ordre.
Les reactions
La Ligue des droits de l'Homme dénonce « une dérive globale par rapport à l'État de droit » lors des interventions des forces de l'ordre face aux adolescents. Mathilde Panot, la cheffe de file des députés La France insoumise à l'Assemblée nationale, a affirmé, lundi 5 octobre dans le 8h30 de franceinfo qu'il y a en ce moment « plus d'interpellations qu'au plus fort des gilets jaunes ».
Mathilde Panot voit dans ces nombreuses interpellations « une manière d'intimider cette jeunesse » et en veut pour preuve le fait que, en 2018-2019, beaucoup de gardés à vue avaient été relâchés sans condamnation. « Vous savez combien de gardes à vue de gilets jaunes ont donné lieu à un non-lieu, c'est-à-dire qu'on a retenu les gens pour rien ? Quasiment 50% et même si on prend juste le rappel à la loi, 70% », a-t-elle assuré.
En conclusion, le mouvement des lycéens a donné lieu à un nombre important d'interpellations, qui sont sans précédent dans l'histoire récente des mobilisations citoyennes. Il est à craindre que la situation ne s'aggrave dans les prochains jours, et il est important que les autorités trouvent une solution pour répondre aux revendications des lycéens et mettre fin aux tensions.