Dans un geste politique fort, le Parlement européen a officiellement choisi Qwant comme moteur de recherche par défaut, marquant une rupture symbolique avec le géant américain Google. Selon Journal du Geek, cette décision intervient alors que les tensions entre l’Europe et les États-Unis s’intensifient autour des questions de souveraineté numérique et de protection des données. L’adoption de Qwant, moteur de recherche européen indépendant, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie technologique du continent face aux géants américains et chinois.
Ce qu'il faut retenir
- Adoption par le Parlement européen de Qwant comme moteur de recherche par défaut, remplaçant Google.
- Un geste politique en faveur de la souveraineté numérique européenne, dans un contexte de tensions croissantes avec Washington.
- Qwant, basé en France, se positionne comme une alternative respectueuse de la vie privée, sans pistage publicitaire.
- L’Europe réaffirme son ambition d’atteindre une autonomie technologique totale d’ici 2030, selon les objectifs fixés par la Commission.
Cette décision, rapportée par Journal du Geek, intervient à un moment où les relations transatlantiques se tendent sur plusieurs fronts, notamment en matière de régulation numérique et de protection des données. Le Parlement européen a ainsi envoyé un signal clair en faveur d’une technologie souveraine, moins dépendante des acteurs étrangers. Qwant, créé en 2013, se distingue par son modèle économique basé sur la confidentialité : le moteur ne trace pas ses utilisateurs et ne vend pas leurs données personnelles à des annonceurs.
Selon des sources internes, cette adoption ne se limite pas à un simple changement de moteur de recherche. Elle s’accompagne d’un engagement financier et politique pour soutenir le développement de solutions numériques européennes. « Ce choix reflète une volonté de rééquilibrer le rapport de force avec les géants américains, qui dominent actuellement 90 % du marché européen des moteurs de recherche », explique un porte-parole de Qwant cité par Journal du Geek.
Qwant face à Google : un duel technologique et éthique
Le marché des moteurs de recherche reste largement dominé par Google, qui capte environ 92 % des parts de marché en Europe. Malgré des alternatives comme Bing (Microsoft) ou DuckDuckGo, aucune n’a réussi à s’imposer durablement. Qwant, avec moins de 1 % de part de marché, mise sur ses atouts : respect de la vie privée, neutralité algorithmique et développement d’une intelligence artificielle souveraine. « Nous ne sommes pas contre Google, nous proposons simplement une autre vision de la technologie, centrée sur l’utilisateur », précise Jean-Baptiste Kempf, cofondateur de Qwant, dans une déclaration rapportée par Journal du Geek.
Cette adoption par le Parlement européen pourrait donner un coup de projecteur inédit à Qwant. Jusqu’ici, le moteur bénéficiait surtout du soutien des institutions françaises, comme l’Assemblée nationale ou le Sénat, qui l’avaient choisi comme solution par défaut en 2017. L’élargissement à l’échelle européenne marque une étape décisive pour sa crédibilité et son développement commercial. « C’est une reconnaissance majeure pour notre modèle, qui prouve que la souveraineté numérique n’est pas une utopie », ajoute Kempf.
La souveraineté numérique, priorité absolue pour Bruxelles
L’adoption de Qwant s’inscrit dans un plan plus ambitieux porté par la Commission européenne. En 2021, celle-ci avait présenté sa stratégie « Europe numérique 2030 », visant à réduire la dépendance du continent aux technologies étrangères. Parmi ses objectifs : doubler la part des solutions européennes dans les marchés publics d’ici 2027, et atteindre une autonomie à 80 % pour les semi-conducteurs et les logiciels critiques d’ici 2030. « La crise sanitaire et les tensions géopolitiques ont montré les risques d’une dépendance excessive. Aujourd’hui, l’Europe doit agir », avait alors déclaré Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur.
Cette politique se traduit par des mesures concrètes, comme le Digital Markets Act (DMA), entré en vigueur en 2024, qui vise à limiter le pouvoir des géants du numérique. Le Parlement européen a également alloué 2,5 milliards d’euros dans son budget 2026 pour financer des projets de recherche en intelligence artificielle et en cybersécurité, deux domaines stratégiques où Qwant est actif. « Nous ne pouvons plus laisser des entreprises étrangères contrôler nos données et nos infrastructures critiques », avait souligné Ursula von der Leyen lors du discours sur l’état de l’Union en 2025.
Cette décision pose également la question de l’efficacité des alternatives européennes face aux géants américains, dont les algorithmes et les écosystèmes restent difficilement égalables. Alors que l’Europe avance ses pions, les prochains mois seront cruciaux pour évaluer si ce pari technologique et politique portera ses fruits.
Selon Journal du Geek, Qwant a été retenu pour son modèle économique centré sur la protection des données, sa neutralité algorithmique et son engagement en faveur de la souveraineté numérique. Contrairement à d’autres alternatives, Qwant ne vend pas les données de ses utilisateurs et développe des technologies locales, ce qui correspond aux priorités européennes.