Selon Le Figaro, le Parlement européen est aujourd’hui pointé du doigt par une ONG pour son silence persistant face aux prises de position répétées de l’eurodéputée LFI, Rima Hassan. Depuis son élection en 2024, cette dernière, figure de la gauche radicale, multiplie les déclarations controversées sur le conflit israélo-palestinien, sans que l’institution strasbourgeoise ne réagisse de manière significative. Un rapport de l’ONG EU Watch, consulté en exclusivité par le quotidien, met en lumière cette inertie et s’interroge sur les limites des prérogatives européennes en la matière.
Ce qu'il faut retenir
- Rima Hassan, eurodéputée LFI élue en 2024, fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires en France pour « apologie du terrorisme » et des faits qualifiés de « provocation publique » ; elle sera jugée le 7 juillet 2026 et le 16 septembre 2026.
- Le Parlement européen n’a pris aucune mesure disciplinaire ni levé son immunité, malgré des demandes répétées, selon un rapport de l’ONG EU Watch.
- L’ONG recense 21 faits matériels publics et 7 procédures pénales en cours pour étayer sa critique de l’inaction européenne.
- Des déclarations comme celle de décembre 2025, où Rima Hassan affirme que « tout Franco-Palestinien puisse rejoindre la résistance armée », ou ses propos tenus en mars 2026 sur le sionisme, n’ont suscité aucune réaction de Strasbourg.
- Le rapport souligne que le silence du Parlement européen « devient lui-même un fait », alors que les propos de l’eurodéputée relèvent désormais d’un « basculement » selon l’ONG.
Un parcours politique marqué par la polémique
Rima Hassan, figure médiatique de La France Insoumise, a été élue au Parlement européen lors des élections de 2024. Depuis, son engagement en faveur de la cause palestinienne s’est accompagné de prises de position de plus en plus radicales, dans un contexte marqué par la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza depuis le 7 octobre 2023 et une escalade des tensions régionales impliquant l’Iran et le Hezbollah. Selon Le Figaro, ces déclarations ont progressivement franchi des lignes rouges, notamment après sa participation, en mai 2024, au Forum Maghreb-Machrek à Tunis, aux côtés de représentants du Hamas, du FPLP et du Jihad islamique.
Dès août 2024, ses propos commencent à susciter l’émotion. Elle se rend en Jordanie pour rendre hommage à Ismaïl Haniyeh, chef politique du Hamas tué fin juillet dans une frappe israélienne. Quelques jours plus tard, elle refuse de qualifier l’attaque du 7 octobre, qui a fait 1 200 morts civils et entraîné la prise en otage d’environ 250 personnes, de « terroriste ». Quatre jours après ces déclarations, plusieurs eurodéputés français, dont la Belge Assita Kanko, adressent un courrier à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, pour demander l’ouverture d’une enquête. Cette initiative, comme toutes celles qui suivront, restera sans suite.
L’inaction européenne au cœur des critiques
Le rapport de EU Watch, dont Samuel Madar, son directeur exécutif, est une figure connue pour son engagement contre l’antisémitisme, souligne que le Parlement européen n’a jamais justifié son absence de réaction. « Ce n’est pas tant pour pointer du doigt Rima Hassan que le silence parlementaire. Le Parlement européen est parfois capable de réagir. Mais s’il explique pourquoi il réagit, il ne dit pas pourquoi il ne réagit pas », explique-t-il. L’ONG recense ainsi des déclarations successives de l’eurodéputée, allant de la légitimation de la violence armée à des propos qualifiés de pro-Intifada, sans que Strasbourg ne bronche.
Parmi les exemples les plus marquants, on retrouve ceux de décembre 2025, où Rima Hassan affirme que « tout Franco-Palestinien puisse rejoindre la résistance armée », ou encore ses propos tenus en mars 2026, où elle qualifie le sionisme d’« idéologie raciste et colonialiste ». En janvier 2025, elle rend également hommage sur Instagram à Yahya Sinwar, considéré comme l’un des cerveaux de l’attaque du 7 octobre, ou partage des contenus à tonalité pro-Intifada. Autant de prises de parole qui, selon EU Watch, ne relèvent plus de la « simple critique », mais d’un « basculement » dans le discours.
Une radicalisation du discours et des craintes de radicalisation
L’ONG met en garde contre une possible radicalisation des discours, susceptible d’encourager le cyberharcèlement ou même le passage à l’acte. En juin 2025, la diffusion d’une vidéo montrant deux salariés d’Orpi, accusés de tenir des propos hostiles envers Rima Hassan et la cause palestinienne, est suivie d’une vague d’incendies criminels visant des agences de l’entreprise. Un événement qui, pour EU Watch
L’eurodéputée enchaîne ensuite les provocations. En septembre 2025, elle appelle au blocus de l’usine Eurolinks à Marseille, ciblée pour ses livraisons de composants d’armes à Israël. Un mois plus tard, elle enjoint à un rassemblement à l’aéroport Charles-de-Gaulle. Face à cette escalade, le Parlement européen se contente, le 10 mars 2026, d’adresser un simple blâme à Rima Hassan pour un fait accessoire : elle avait enregistré un collègue à son insu. Aucune mesure disciplinaire n’est prise pour ses déclarations les plus controversées.
Par ailleurs, l’absence de réaction du Parlement européen face à ces prises de position pourrait alimenter les débats sur les limites des prérogatives européennes en matière de discipline des élus. Faut-il renforcer les mécanismes de contrôle interne ? Faut-il envisager une réforme des règles encadrant l’immunité parlementaire ? Autant de questions qui risquent de resurgir lors des prochaines sessions parlementaires, dans un contexte déjà tendu par les tensions géopolitiques persistantes.
Une situation qui dépasse les frontières
La polémique autour de Rima Hassan ne se limite pas aux institutions européennes. Plusieurs pays, comme Israël et le Canada, ont déjà interdit son entrée sur leur territoire. Sa garde à vue en avril 2026 pour « apologie du terrorisme », après la diffusion d’un tweet citant Kōzō Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans le massacre de l’aéroport de Lod en 1972, a relancé les critiques sur la gestion de son immunité. Pour ses défenseurs, il s’agit d’un « harcèlement judiciaire et politique » ; pour ses détracteurs, d’une preuve supplémentaire de la radicalisation de ses positions.
Alors que les élections européennes de 2024 semblent déjà lointaines, le cas de Rima Hassan illustre les défis posés par la coexistence, au sein des institutions, de sensibilités politiques divergentes et de la nécessité de préserver un équilibre entre liberté d’expression et respect des valeurs démocratiques. Le rapport de EU Watch rappelle d’ailleurs que l’inaction du Parlement européen n’est plus une hypothèse : « À partir de ce moment, l’inaction du Parlement européen n’est plus une hypothèse. Elle devient une question sans réponse. »
Selon le rapport de l’ONG EU Watch, l’institution invoque les limites de ses prérogatives. Aucune explication officielle n’a été donnée pour justifier son absence de réaction face aux 21 faits matériels publics et aux 7 procédures pénales en cours relevés à l’encontre de l’eurodéputée.
Rima Hassan doit être jugée en France le 7 juillet 2026 pour « apologie du terrorisme » et le 16 septembre 2026 pour des faits qualifiés de « provocation publique » et d’« apologie publique de crime ou délit ».