Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris sur la plateforme d'annonces pour escorts et prostituées Sexemodel, récemment rebaptisée Meslibertines.com, selon nos confrères du Figaro. Cette décision intervient après que le parquet a été saisi par la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, concernant ce site chapeauté par un citoyen suisse exilé à Dubaï.

La procureure de la République, Laure Beccuau, a annoncé cette enquête sur France Inter, soulignant que les magistrats sont « tout à fait mobilisés sur ce dossier ». L'enquête a été confiée à la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet, et les autorités helvétiques ont été sollicitées pour une demande d'entraide.

Ce qu'il faut retenir

  • L'enquête a été ouverte par le parquet de Paris sur la plateforme d'annonces Sexemodel.
  • La plateforme est soupçonnée de servir de lien entre des proxénètes, des clients et des victimes de prostitution, dont certaines pourraient être mineures.
  • Le site est chapeauté par un citoyen suisse exilé à Dubaï, déjà condamné en 2011 pour proxénétisme aggravé.

Contexte et objectifs

La fermeture du site « est un de nos objectifs », a déclaré Laure Beccuau. Parallèlement, la brigade de protection des mineurs mène des enquêtes lorsque l'on sait que Sexemodel, ou d'autres noms sous lesquels elle se cache, sert au contact des proxénètes, des clients et des victimes de cette prostitution. Une récente décision de justice a abouti à une condamnation à six ans de prison, rappelle Laure Beccuau.

En France, il n'est pas interdit pour une personne majeure de se prostituer, mais la loi sanctionne l'achat d'actes sexuels et réprime l'exploitation de la prostitution. Le ressortissant suisse qui a créé le site Sexemodel a déjà été condamné en 2011 pour proxénétisme aggravé, mais les autorités suisses ont refusé d'exécuter le mandat d'arrêt international car les sites d'annonces de prostitution sont légaux au regard du droit helvète.

Enquête et coopération internationale

Les magistrats français ont enclenché une demande d'entraide avec les autorités helvétiques, qui sont en train de collecter des éléments pour structurer une enquête sur laquelle ils ne lâcheront rien, selon Laure Beccuau. Cette coopération internationale est cruciale pour faire face à la cybercriminalité et protéger les victimes de prostitution.

Proxénétisme et législation

Le proxénétisme est un délit qui consiste à tirer profit de la prostitution d'autrui. La loi française réprime l'exploitation de la prostitution, mais les sites d'annonces de prostitution sont légaux en Suisse. Cette différence de législation complique les enquêtes et les poursuites contre les responsables de ces sites.

Et maintenant ?

L'enquête sur Sexemodel devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, avec une coopération accrue entre les autorités françaises et suisses. Les prochaines étapes de l'enquête pourraient inclure des auditions de témoins, des perquisitions et des saisies de preuves. Il reste à voir si les autorités parviendront à fermer définitivement le site et à poursuivre les responsables.

La conclusion de cette enquête pourrait avoir des implications importantes pour la lutte contre la cybercriminalité et la protection des victimes de prostitution. Les autorités devront continuer à travailler ensemble pour faire face à ces défis et assurer que la justice soit rendue.