A moins de deux semaines des élections municipales, les tensions entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) viennent de s'intensifier, selon nos confrères de Le Monde. Le bureau national du PS a dénoncé dans un communiqué les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon, après les récentes polémiques autour de la manière dont le leader « insoumis » a prononcé les patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ».
Ce communiqué intervient dans un contexte de campagne électorale municipale où les listes PS sont données devant les listes insoumises par les sondages dans la majorité des cas. Le PS, souvent engagé dans des listes d'union de la gauche notamment avec les Ecologistes, appelle les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos et les électeurs de LFI à voter pour les « listes de rassemblement de la gauche ».
Ce qu'il faut retenir
- Le Parti socialiste accuse Jean-Luc Mélenchon de « propos antisémites intolérables ».
- Les tensions entre LFI et PS s'intensifient à moins de deux semaines des élections municipales.
- Le PS appelle les militantes et les militants insoumis à se désolidariser de ces propos.
- Les listes PS sont données devant les listes insoumises par les sondages dans la majorité des cas.
Les réactions de Jean-Luc Mélenchon
La réaction de Jean-Luc Mélenchon face à ce communiqué du parti où il a passé plus de trente ans ne s'est pas fait attendre. Par un tweet, le triple candidat à la présidentielle a tonné contre ces « intolérables accusations d’antisémitisme », qui n’avaient jamais été formulées aussi clairement à son encontre par le PS. Il a également dénoncé une « insupportable désolidarisation du combat antifasciste qui reprend les attaques de l’extrême droite ».
Les propos de Jean-Luc Mélenchon interviennent également après que le PS a estimé que « certaines pratiques » du mouvement antifasciste de la Jeune Garde, dont des membres sont accusés d’être impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, « ont conduit à la mort » du militant d’extrême droite à Lyon. La Jeune Garde, fondée par le député LFI Raphaël Arnault, est associée au parti mélenchoniste.
Les conséquences pour les élections municipales
Le PS rappelle qu’« il ne saurait y avoir d’accord national » entre lui et LFI « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ». Cela pourrait avoir des conséquences pour les élections municipales, notamment en ce qui concerne les éventuels rapprochements au second tour entre des listes de gauche pour empêcher la droite de gagner.
Plusieurs personnalités socialistes, comme l’ex-président de la République François Hollande, la présidente d’Occitanie Carole Delga ou le député Jérôme Guedj, ont réclamé une rupture totale avec LFI. LFI estime que des « insoumis » et des socialistes feront liste commune dans une cinquantaine de villes, le plus souvent sous l’égide de têtes de liste sans étiquette partisane.
Il reste à voir comment cette situation va évoluer dans les prochaines semaines et quelles seront les conséquences de cette rupture pour les élections municipales et pour l’avenir de la gauche en France.
