À un an de l’élection présidentielle de 2027, le Parti socialiste (PS) s’apprête à organiser un vote inédit parmi ses militants le 9 juillet prochain. Ce scrutin, qui se tiendra en ligne, vise à acter la stratégie du parti pour les prochains scrutins, comme le rapporte Franceinfo – Politique. Les adhérents seront notamment appelés à se prononcer sur la participation de leur candidat à une primaire de la gauche, une option soutenue par la direction du PS.
Ce qu'il faut retenir
- Un vote électronique inédit est prévu le 9 juillet 2026 pour définir la stratégie du PS face à l’élection présidentielle de 2027.
- Les militants devront se prononcer sur la participation de leur candidat à une primaire de la gauche, en deux temps : désignation du candidat socialiste d’ici fin septembre, puis participation à une primaire plus large.
- Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’unité de la gauche, face à la montée de l’extrême droite, mais suscite des divisions internes.
- Des figures comme François Hollande et Raphaël Glucksmann critiquent ce processus, jugé trop exclusif.
Ce vote s’inscrit dans une démarche collective portée par Olivier Faure, premier secrétaire du PS, ainsi que par Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, et le mouvement l’Après. Leur objectif affiché est de rassembler l’ensemble des forces de gauche, de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, afin de proposer une alternative crédible au Rassemblement national, donné favori dans les sondages.
Selon l’entourage d’Olivier Faure, « dans ce moment clé, nous sommes déterminés à poser une stratégie qui réunit de Ruffin à Glucksmann et donne une perspective à une victoire de la gauche démocratique et écologique ». Les défenseurs de cette primaire insistent sur l’urgence de présenter un front uni, « car nous ne pouvons pas devenir la gauche la plus bête du monde au moment où la menace de l’extrême droite n’a jamais été aussi crédible », a-t-on précisé auprès de l’entourage du premier secrétaire.
Le processus proposé par le PS s’articule autour de deux étapes. Dans un premier temps, les militants devront choisir leur candidat d’ici la fin septembre, voire début octobre 2026. Ensuite, ce dernier pourrait participer à une primaire de la gauche démocratique et écologiste, un projet actuellement défendu par plusieurs formations politiques. L’idée est de désigner un représentant unique capable de fédérer au-delà des clivages traditionnels.
Pourtant, cette stratégie ne fait pas l’unanimité au sein même du PS et de la gauche. Plusieurs personnalités, dont François Hollande et l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, ont exprimé leur opposition à ce processus. Leurs critiques portent notamment sur le manque d’inclusivité et le risque de marginaliser certaines tendances de la gauche, y compris au sein du Parti socialiste.
« Nous devons éviter une primaire qui se limiterait à une poignée de candidats, au risque de reproduire les erreurs du passé. La gauche a besoin de s’ouvrir, pas de se fragmenter davantage », a souligné un proche de Glucksmann.
Cette divergence de vues reflète les tensions persistantes au sein de la gauche, alors que les sondages placent le Rassemblement national en tête des intentions de vote pour 2027. La stratégie de la « gauche unie » mise en avant par Olivier Faure et ses alliés vise précisément à contrer cette dynamique, en proposant une alternative politique capable de rassembler au-delà des clivages idéologiques.
Le PS, historiquement affaibli après les défaites successives de 2017 et 2022, mise sur cette primaire pour redonner de la visibilité à ses idées. Le parti, qui traverse une période de refondation, espère ainsi regagner une place centrale dans le paysage politique français. Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra largement de l’adhésion des militants, mais aussi de la capacité des différents courants à trouver un terrain d’entente.
L’enjeu dépasse largement le cadre du PS : il s’agit, pour l’ensemble de la gauche, de prouver qu’elle peut s’unir face à une extrême droite en progression constante. La question reste entière : cette primaire parviendra-t-elle à rassembler, ou ne fera-t-elle que cristalliser les oppositions ? Une chose est sûre : les prochains mois seront déterminants pour l’avenir de la gauche française.
Pour l’instant, le Parti socialiste, les Écologistes et le mouvement l’Après ont exprimé leur soutien à cette initiative. D’autres formations, comme Place publique ou le Parti communiste, n’ont pas encore officiellement réagi, mais pourraient être associées aux discussions.
Le PS souhaite acter sa stratégie avant l’été, afin de laisser le temps aux négociations avec les autres partis de gauche. Ce calendrier permettrait également d’éviter un conflit avec les échéances électorales locales prévues en 2026.