Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a declare que le projet de resort de luxe de la famille Trump en Albanie, notamment de Jared Kushner et d'Ivanka Trump, est une étape importante dans la transformation du pays, selon BFM Business. Cependant, ce projet a suscité la colère de milliers de personnes qui ont manifesté pendant trois jours consécutifs dans les rues de la capitale albanaise, Tirana, pour exprimer leur opposition à ce projet touristique.
Le projet, d'un montant de 1,4 milliard d'euros, prévoit la construction d'un complexe hôtelier de luxe sur la côte adriatique, dans une zone protégée située aux portes de la mer Adriatique, face aux Pouilles (Italie). Cette zone, réputée pour être le dernier fleuve sauvage d'Europe, abrite une rare colonie de pélicans frisés et des espèces menacées comme la grenouille d'eau albanaise et des tortues caouannes.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de resort de luxe de la famille Trump en Albanie est estimé à 1,4 milliard d'euros.
- La zone choisie pour le projet est une zone protégée qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales.
- Des milliers de personnes ont manifesté contre le projet pendant trois jours consécutifs.
- Le Premier ministre albanais, Edi Rama, défend le projet comme une étape importante dans la transformation du pays.
Le projet et ses enjeux
Le projet de resort de luxe de la famille Trump en Albanie a été annoncé au printemps 2024 par Jared Kushner et son épouse, Ivanka Trump. Selon les informations disponibles, il s'agirait d'un complexe de plusieurs hôtels et de villas situés à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Tirana, ainsi que d'un « resort » très haut de gamme sur l'île de Sazan, ancienne base militaire communiste secrète, inhabitée et dépourvue d'infrastructures.
Le gouvernement albanais a accordé à Atlantic Incubation Partners LLC, qui serait selon plusieurs enquêtes liée au fonds d'investissement Affinity de Jared Kushner, le statut d'investisseur stratégique. Cela permet à l'entreprise de bénéficier de procédures administratives accélérées et du soutien de plusieurs ministères, selon un document consulté par l'AFP.
Les critiques et les inquiétudes
Le projet est de plus en plus décrié, notamment par les associations écologistes. Plusieurs aspects posent problèmes, notamment la zone côtière de Vjosa-Narta, sur laquelle est prévu le complexe touristique, qui est une zone protégée qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales. Des ONG dénoncent depuis des mois l'impact d'un tel chantier et d'une artificialisation.
A ces inquiétudes se sont ajoutés des doutes sur l'origine des fonds utilisés pour acheter le terrain et la légalité des procédures. Comme de nombreux terrains en Albanie, cette zone fait l'objet de multiples litiges liés aux droits de propriété. En 1945, à l'arrivée au pouvoir de la dictature communiste d'Enver Hoxha, la propriété privée a été abolie dans le pays.
Les manifestations et les réactions
Des milliers de personnes ont manifesté pour la troisième journée consécutive, mercredi 3 mai, dans les rues de la capitale albanaise, Tirana, contre le projet touristique. Les manifestants ont brandi des drapeaux albanais et ont tenté d'avancer sur le boulevard Deshmoret e Kombit, mais ont été arrêtés par la police qui a établi des cordons de sécurité et des barrières métalliques.
Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a proposé aux manifestants une rencontre afin de débloquer la situation, mais les manifestants ont refusé, estimant que le gouvernement devait annuler le projet. Le parquet spécial anticorruption (SPAK) a ouvert une enquête sur les changements de statut de la zone protégée de Vjosa-Narta et sur la manière dont le cadre légal a été modifié pour permettre la signature de contrats sans appel d'offres.
En conclusion, le projet de resort de luxe de la famille Trump en Albanie suscite la colère des manifestants et des inquiétudes quant à l'impact environnemental et aux procédures de réalisation. Les prochaines étapes attendues sont la poursuite des manifestations et des négociations entre les manifestants et le gouvernement, ainsi que les conclusions de l'enquête ouverte par le parquet spécial anticorruption (SPAK).