Un rongeur d’Amérique du Sud, longtemps méconnu, se retrouve aujourd’hui sous les projecteurs scientifiques. Selon RFI, le rat pygmée de rizière à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus) est identifié comme le principal réservoir naturel du hantavirus Andes, une souche particulièrement virulente. Cette découverte prend une dimension particulière depuis que plusieurs passagers d’un bateau de croisière ont été infectés par ce virus, soupçonné d’être à l’origine de leur décès.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Oligoryzomys longicaudatus est le principal vecteur du hantavirus Andes, une souche mortelle pour l’humain.
  • Ce rongeur est endémique en Amérique du Sud, où il circule principalement dans les zones humides et agricoles.
  • Les premières études sur ce virus remontent à 1995, année du premier cas humain enregistré.
  • La transmission à l’humain se fait principalement par inhalation de particules contaminées par les déjections ou l’urine du rongeur.
  • Plusieurs cas graves ont été recensés récemment, notamment parmi les passagers d’un bateau de croisière en 2026.

Un rongeur endémique d’Amérique du Sud aux caractéristiques bien précises

Le Oligoryzomys longicaudatus, plus communément appelé rat pygmée de rizière à longue queue, est un petit rongeur qui vit principalement dans les régions humides et les zones agricoles d’Amérique du Sud. Selon les recherches menées depuis 1995, cette espèce est le principal réservoir du hantavirus Andes, un virus qui peut provoquer des syndromes pulmonaires sévères chez l’humain. Son habitat naturel s’étend des forêts tropicales aux prairies, où il se nourrit de graines, de fruits et parfois d’insectes. Les scientifiques ont remarqué que sa prolifération est favorisée par les modifications environnementales, comme la déforestation ou l’expansion des cultures de riz, qui lui offrent des conditions idéales pour se développer.

La transmission du hantavirus Andes à l’humain : un mécanisme encore mal compris

D’après les experts, la transmission du hantavirus Andes à l’humain se produit principalement par inhalation de particules virales présentes dans l’air. Ces particules proviennent des déjections, de l’urine ou de la salive du Oligoryzomys longicaudatus, qui contamine ainsi son environnement. «

Le virus est excrété par le rongeur, puis se retrouve en suspension dans l’air lorsque ses déjections sèchent, ce qui expose directement l’humain à un risque d’inhalation
», a expliqué un chercheur en virologie cité par RFI. Contrairement à d’autres souches de hantavirus, celle-ci semble capable de se transmettre entre humains, ce qui augmente considérablement le danger. Les cas de transmission interhumaine ont notamment été documentés lors d’épidémies en Argentine et au Chili, où des clusters de contamination ont été observés au sein de familles ou de communautés.

Les premiers cas humains et l’évolution des connaissances depuis 1995

Le premier cas d’infection humaine à hantavirus en Amérique du Sud a été identifié en 1995 au Chili. Depuis, les recherches menées par des équipes internationales ont permis de mieux cerner les mécanismes de transmission et les facteurs de risque. Selon RFI, ces études ont révélé que les périodes de sécheresse prolongée, suivies de fortes pluies, favorisent la prolifération des rongeurs et, par conséquent, la propagation du virus. «

Les variations climatiques jouent un rôle clé dans la dynamique des populations de Oligoryzomys longicaudatus, et donc dans la survenue de cas humains
», a précisé un épidémiologiste travaillant sur le terrain. Ces travaux ont également permis de cartographier les zones à risque en Amérique du Sud, notamment dans les régions agricoles densément peuplées.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires en Amérique du Sud et ailleurs surveillent de près l’évolution de la situation, d’autant plus que des cas récents impliquant des passagers de bateaux de croisière ont été signalés en 2026. Des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer les populations vivant dans les zones à risque sur les mesures de prévention, comme l’élimination des déchets alimentaires et l’utilisation de masques dans les environnements contaminés. Une surveillance accrue des populations de rongeurs et des échantillons environnementaux pourrait permettre de mieux anticiper les foyers épidémiques. Reste à voir si ces initiatives suffiront à endiguer la propagation du virus, alors que les changements climatiques continuent de modifier les écosystèmes locaux.

Ce rat pygmée, longtemps ignoré, est aujourd’hui au cœur des préoccupations sanitaires. Si les recherches ont progressé, de nombreuses zones d’ombre persistent quant à la transmission interhumaine ou aux moyens de limiter la prolifération de ce virus. Pour l’instant, la vigilance reste de mise.