Selon Franceinfo - Culture, le réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho continue d'explorer les travers moraux humains dans une ambiance beaucoup plus réaliste cette fois-ci, avec son film « The Ugly ».

Yeon Sang-ho aime les monstres, les zombies et les fantômes tout particulièrement. C'est en 2015 que son travail retentit à l'international avec « Dernier train pour Busan », haletant film de zombies parfaitement exécuté. Il a depuis - entre autres - écrit pour Netflix une série animée d'horreur, « Seoul Station » (2016), réalisé le premier film de super-héros coréen, « Psychokinesis », en 2018, et tourné une suite à son premier succès, « Peninsula ».

Ce qu'il faut retenir

  • « The Ugly » est une adaptation du propre roman graphique de Yeon Sang-ho.
  • Le film explore le conformisme social et la haine dans une Corée du Sud en plein essor industriel.
  • Le réalisateur a choisi de ne jamais montrer le visage de la mère pour laisser au spectateur l'arbitrage moral.

Le contexte du film

Dans la Corée du Sud d'aujourd'hui, Dong-hwan supervise un documentaire tourné sur son père. Le vieil homme est un graveur de sceaux aveugle, dont l'artisanat d'une grande délicatesse et d'une grande précision l'a rendu célèbre dans tout le pays. Tout bascule au moment où, lors du tournage, la police contacte Dong-hwan pour lui signifier que les ossements de sa mère ont été retrouvés enterrés dans la forêt.

Dong-hwan, qui n'a jamais connu sa mère qu'il croyait partie lorsqu'il était bébé, décide d'enquêter sur elle. Tout le monde la décrit comme laide, affreusement laide ; au point de justifier tous les malheurs qui lui sont arrivés. En passant de témoin en témoin, le fils tente de reconstituer l'histoire de sa mère.

La réalisation du film

Le récit de « The Ugly » est construit sur une première partie qui installe lentement son cadre, avant d'assembler toutes les pièces du puzzle dans un second temps. Avec sa réalisation minutieuse et très immersive, Yeon Sang-ho propose ici une œuvre beaucoup plus intimiste qu'à son habitude, plus lente également.

C'est par des flash-back narrés par les personnes qu'il interroge que Dong-hwan parvient à saisir des bribes de “on m'a dit” au sujet de sa mère. Ces souvenirs nous plongent dans une Corée des années 1970, aux couleurs beaucoup plus chaudes que le présent qui leur donnent une impression de moiteur et d'hyperactivité ambiante.

Et maintenant ?

« The Ugly » est à découvrir, non pas tant pour son mystère et son aspect haletant, qui tendent à s'essouffler très rapidement, l'histoire assez convenue devenant très prévisible, mais plutôt pour la fable sociale et morale qu'il explore. Le film sortira le 29 juillet 2026.

Le film « The Ugly » est une œuvre qui explore les thèmes de la beauté, de la haine et du conformisme social dans une Corée du Sud en plein essor industriel. Avec une réalisation minutieuse et immersive, Yeon Sang-ho propose une œuvre intimiste et lente, qui laisse au spectateur l'arbitrage moral sur l'histoire de la mère.