Beyoncé lors d’un concert, Swann Arlaud à l’édition 2026 du festival de Cannes, ou encore Léna Situations au Met Gala : autant de personnalités publiques qui, ces derniers mois, ont été photographiées en train de fumer. Un phénomène qui s’étend bien au-delà des podiums et des tapis rouges, à en croire Ouest France, qui souligne la résurgence de la cigarette comme symbole de coolitude et de glamour.
Selon le quotidien, cette tendance interroge : et si la lutte contre le tabagisme, pourtant en progression ces dernières années, connaissait un recul marqué par l’influence des célébrités ? Une question qui mérite d’être creusée, d’autant que les données récentes sur la consommation de tabac en France et dans le monde laissent entrevoir des signaux contrastés.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, 24,5 % des adultes français déclarent fumer régulièrement, selon Santé publique France, une baisse qui s’était poursuivie depuis 2019.
- En 2026, plusieurs stars internationales et françaises ont été vues en train de fumer en public, contribuant à une image glamour de la cigarette.
- Les associations anti-tabac alertent sur un possible « effet d’entraînement » chez les jeunes, déjà observés dans certains pays européens.
- Les campagnes de prévention, comme celles menées par l’INPES, peinent à rivaliser avec la visibilité médiatique accordée aux célébrités fumant à l’écran ou en couverture.
- En France, la vente de tabac reste légale, mais les paquets neutres et les avertissements sanitaires restent en vigueur.
Une tendance portée par les célébrités
Le phénomène n’est pas isolé. Beyoncé, lors de sa tournée mondiale en 2026, a été plusieurs fois filmée en train de fumer une cigarette entre deux morceaux, un geste capté par des spectateurs et relayé massivement sur les réseaux sociaux. À Cannes, l’acteur Swann Arlaud a été photographié à plusieurs reprises avec une cigarette à la main, dans un style qui rappelle les icônes des années 1950.
En mai 2026, au Met Gala à New York, Léna Situations, influenceuse et autrice à succès, a fait sensation en arborant une tenue assortie d’un fume-cigarette, un accessoire qu’elle a ensuite partagé sur ses réseaux avec la légende : « Parfois, il faut savoir prendre le temps de souffler. » Une phrase qui, selon Ouest France, a été reprise plus de 200 000 fois en 48 heures.
Un symbole de rébellion et de style
Pour les observateurs, cette recrudescence de l’image de la cigarette répond à une quête de rébellion et de distinction. Dans un monde saturé de messages sanitaires, fumer devient, pour certains, un acte de résistance, voire un marqueur de sophistication. « La cigarette, c’est le dernier accessoire qui ne peut pas être acheté, mais seulement mérité », a commenté un styliste parisien dans les colonnes du quotidien.
Les marques de tabac, bien que contraintes par la législation, surfent indirectement sur cette vague. En 2025, les ventes de cigarettes électroniques aromatisées ont bondi de 18 % en France, selon les chiffres de la Douane, un phénomène que certains attribuent à l’influence des célébrités.
Les associations anti-tabac sonnent l’alerte
Face à cette tendance, les associations de santé publique tirent la sonnette d’alarme. Drogues Info Service a enregistré une hausse de 12 % des appels liés à la consommation de tabac chez les 18-25 ans au premier trimestre 2026. « On observe un effet de mimétisme inquiétant, surtout chez les jeunes femmes », a déclaré la directrice de l’association, Priscille Vasseur.
En Europe, plusieurs pays ont déjà pris des mesures. En Irlande, depuis janvier 2026, toute représentation visuelle de la cigarette à l’écran est désormais interdite dans les contenus destinés aux moins de 18 ans. Une mesure qui pourrait, selon certains experts, être étendue à d’autres États membres.
Une chose est sûre : dans un paysage médiatique où l’image prime, la cigarette a encore de beaux jours devant elle – du moins en apparence.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le tabac reste responsable de 8 millions de décès par an dans le monde, dont 75 000 en France. Une reprise de la consommation, surtout chez les jeunes, pourrait entraîner une hausse des maladies cardiovasculaires et des cancers du poumon à horizon 2040.