Le roi Harald V de Norvège, doyen des monarques européens, se trouve dans un état de santé « extrêmement grave » après une nette dégradation survenue alors qu’il était hospitalisé depuis le 17 août à Oslo pour un trouble sanguin, a annoncé jeudi le palais royal. Selon nos confrères de Euronews FR, les membres de la famille royale, dont la reine Sonja et le prince héritier Haakon, ont annulé l’intégralité de leurs engagements officiels dans l’attente d’une évolution de la situation.
L’institution monarchique norvégienne a publié un communiqué lapidaire précisant que « l’état de santé de Sa Majesté le roi est extrêmement grave », sans divulguer de détails supplémentaires sur son diagnostic ou les soins en cours. Cette annonce survient alors que plusieurs médias locaux, comme TV 2 et Aftenposten, rapportent la présence de proches du souverain au chevet du monarque à l’hôpital universitaire d’Oslo, où il a été admis il y a près de deux semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Le roi Harald V, âgé de 89 ans, est hospitalisé depuis le 17 août 2026 pour une anémie hémolytique, un trouble sanguin caractérisé par la destruction accélérée des globules rouges.
- Son état s’est « extrêmement dégradé » ces derniers jours, selon le palais royal, qui évoque un pronostic réservé sans préciser la nature des complications.
- La reine Sonja et le prince héritier Haakon, en charge de la régence, ont annulé tous leurs déplacements officiels jusqu’à nouvel ordre.
- Le monarque, qui règne depuis 1991, avait déjà vu ses fonctions réduites ces dernières années en raison de problèmes de santé récurrents, dont la pose d’un pacemaker.
- Harald V a toujours refusé toute abdication, invoquant le serment prêté devant le Parlement norvégien, qui l’engage « à vie » dans ses fonctions.
Une hospitalisation liée à un trouble sanguin complexe
L’hospitalisation du souverain à Oslo s’inscrit dans le cadre d’une prise en charge pour une anémie hémolytique, une pathologie qui se traduit par une destruction prématurée des globules rouges, plus rapide que leur production par la moelle osseuse. Comme l’a rappelé le palais royal, le roi Harald a été admis après avoir présenté des rétentions de liquides, une complication fréquente dans ce type de traitement, notamment lorsqu’il implique l’usage de corticoïdes. Ces derniers, souvent prescrits pour moduler la réponse immunitaire, peuvent en effet perturber l’équilibre hydrique de l’organisme.
Cette hospitalisation s’ajoute à une série de problèmes de santé ayant marqué ces dernières années. En 2020, le monarque avait dû subir l’implantation d’un pacemaker en raison de troubles du rythme cardiaque, une intervention qui avait déjà conduit à une réduction de ses activités protocolaires. Depuis son accession au trône en 1991, après le décès de son père, Olav V, Harald V était devenu le troisième souverain de la dynastie des Glücksbourg à régner sur la Norvège.
Une famille royale en état d’alerte
La nouvelle de l’aggravation de l’état de santé du roi Harald a provoqué une mobilisation immédiate au sein de la famille royale norvégienne. Outre la reine Sonja, épouse du monarque depuis 1968, le prince héritier Haakon — fils aîné du couple et actuel régent — a interrompu l’ensemble de ses déplacements officiels, y compris ceux prévus en Suède et au Danemark. Les médias norvégiens évoquent également la présence de plusieurs membres de la dynastie à l’hôpital d’Oslo, dont la princesse Märtha Louise, fille du roi, et son époux, le chanteur Ari Behn, décédé en 2019 après avoir lutté contre des problèmes de santé similaires.
Selon des sources internes citées par Aftenposten, le protocole norvégien prévoit que, en cas d’incapacité prolongée du souverain, la régence soit assurée par le prince héritier jusqu’à ce que le roi puisse reprendre ses fonctions ou, le cas échéant, jusqu’à une transition dynastique. Pour l’heure, le palais royal n’a pas communiqué sur un éventuel changement dans la ligne de succession, bien que la Constitution norvégienne encadre strictement ce type de situation.
Un monarque ancré dans la modernité malgré les épreuves
Malgré ces épisodes de santé fragilisée, le roi Harald V reste une figure respectée pour son engagement constant en faveur de la monarchie constitutionnelle norvégienne. Contrairement à certains de ses homologues européens, il a toujours refusé de céder à la pression des partisans d’une abdication, insistant sur le fait que son serment devant le Storting (le Parlement norvégien) le liait « à vie ». Cette position, réaffirmée à plusieurs reprises ces dernières années, s’inscrit dans une tradition où la continuité monarchique prime sur les considérations personnelles.
Né en 1937, Harald est le premier prince héritier norvégien à être né en Norvège depuis près de 600 ans. Son règne, débuté en 1991, a été marqué par son rôle dans l’adhésion du pays à l’Espace économique européen (EEE) en 1994 et par son engagement pour les questions environnementales, un domaine dans lequel il s’est illustré en soutenant des initiatives locales et internationales. Autant dire que son éventuelle succession, si elle devait intervenir, bouleverserait un équilibre politique et symbolique profondément ancré dans le pays.
Un héritage à préserver
La situation du roi Harald soulève, plus largement, des questions sur la pérennité des monarchies en Europe, alors que plusieurs souverains européens — comme le roi Philippe des Belgiques ou le roi Charles III du Royaume-Uni — ont vu leur santé décliner ces dernières années. En Norvège, où la monarchie bénéficie d’un soutien populaire fort — estimé à plus de 70 % d’opinions favorables selon les sondages —, l’hypothèse d’une abdication reste exclue pour l’instant, mais elle pourrait être envisagée si la santé du roi ne permettait plus un exercice minimal de ses fonctions.
Pour l’heure, les Norvégiens sont invités à suivre les annonces officielles avec prudence, tandis que les drapeaux du pays, hissés en berne depuis l’annonce de l’hospitalisation du souverain, rappellent la gravité de la situation. Une chose est certaine : le roi Harald, qui a marqué l’histoire du pays par son engagement et sa longévité, laisse derrière lui une empreinte difficile à effacer, quels que soient les développements à venir.
Si la santé du roi Harald devait se dégrader au point de le rendre incapable d’exercer ses fonctions, le prince héritier Haakon assurerait automatiquement la régence en vertu de l’article 4 de la Constitution norvégienne. Une telle situation déclencherait une période de transition pendant laquelle le gouvernement norvégien et les institutions consulteraient les médecins pour évaluer la possibilité d’un rétablissement ou, dans le cas contraire, l’amorce d’un processus de succession. Aucune décision n’est prise à l’avance, et la Constitution norvégienne n’envisage pas explicitement l’abdication, bien que des discussions puissent s’engager en cas de crise prolongée.
L’anémie hémolytique se caractérise par une destruction anormalement rapide des globules rouges, plus rapide que leur production par la moelle osseuse. Le roi Harald a été hospitalisé après avoir développé une rétention de liquides, une complication fréquente lors de traitements à base de corticoïdes — des médicaments souvent utilisés pour limiter les réactions auto-immunes dans ce type de pathologie. Cette hospitalisation s’inscrit dans la continuité de problèmes de santé récurrents, dont la pose d’un pacemaker en 2020.