Le marché photovoltaïque européen, malgré une baisse historique des coûts, peine à décoller face à une demande d’électricité record et à des défis structurels, selon nos confrères de Frandroid.

Ce qu'il faut retenir

  • Hausse record de la demande d’électricité en Europe, amplifiée par les fortes chaleurs de l’été 2026.
  • Baisse de la production nucléaire et diminution des niveaux des rivières, limitant le refroidissement des centrales thermiques.
  • L’indisponibilité temporaire de centrales à gaz aggrave la pression sur le réseau électrique.
  • Le solaire, malgré son potentiel, enregistre une stagnation de son marché en Europe.
  • Les coûts des panneaux solaires n’ont jamais été aussi bas, mais les freins administratifs et économiques persistent.

Un secteur électrique européen sous tension

L’été 2026 s’inscrit comme l’un des plus éprouvants pour le réseau électrique européen. Entre pics de demande liés aux canicules et réduction de la production, les gestionnaires de réseaux peinent à maintenir l’équilibre offre-demande. Comme le rapporte Frandroid, la conjugaison de ces facteurs crée une pression inédite sur les infrastructures. La baisse de la production nucléaire, due à des maintenances prolongées et à des problèmes de corrosion, réduit mécaniquement la capacité de production. De leur côté, les rivières à des niveaux historiquement bas limitent le refroidissement des centrales thermiques, tandis que des indisponibilités temporaires de centrales à gaz — en raison de maintenances ou de retards d’approvisionnement — aggravent la situation.

Dans ce contexte, le solaire apparaît comme une solution logique. Pourtant, malgré des coûts de production en chute libre — divisés par deux en dix ans selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) — son déploiement reste en demi-teinte. «

Le solaire est techniquement la réponse la plus adaptée à ces défis, mais son adoption se heurte encore à des barrières structurelles
», souligne un expert du secteur, cité par Frandroid.

Des coûts en chute libre, mais des freins persistants

Les prix des panneaux solaires ont atteint des niveaux historiquement bas. D’après l’AIE, le coût moyen d’un module photovoltaïque a chuté de près de 80 % depuis 2010, passant de plus de 2 dollars par watt à moins de 0,40 dollar aujourd’hui. Cette baisse s’explique par des avancées technologiques, une production industrialisée en Asie et une concurrence accrue entre fabricants. Pourtant, l’Europe peine à en tirer pleinement profit. Les délais administratifs pour obtenir des permis de construire, les subventions insuffisantes dans certains pays et les réticences des investisseurs freinent les projets.

«

On a les moyens technologiques, mais pas toujours la volonté politique ou financière pour accélérer le déploiement
», explique un analyste énergétique interrogé par Frandroid. Les mécanismes de soutien, comme les tarifs d’achat garantis, varient fortement d’un État membre à l’autre. En Allemagne, par exemple, les installations solaires ont progressé de 20 % en 2025, tandis qu’en France, la croissance reste timide, autour de 5 % sur la même période. Ces disparités reflètent des approches nationales divergentes, souvent liées à des contraintes budgétaires ou à des priorités énergétiques différentes.

Quelles solutions pour relancer le solaire européen ?

Pour sortir de cette impasse, plusieurs pistes sont envisagées. D’abord, une simplification des procédures administratives, avec des délais standardisés pour les permis de construire et des zones prioritaires identifiées. Ensuite, un renforcement des mécanismes de financement, notamment via des fonds européens dédiés à la transition énergétique. Enfin, une meilleure intégration des projets solaires dans les plans nationaux pourrait permettre de lever certains blocages.

Des initiatives locales montrent la voie. En Espagne, par exemple, la région de Murcie a mis en place un guichet unique pour accélérer les demandes de raccordement des installations solaires, réduisant les délais de moitié. «

L’efficacité administrative est aussi importante que la rentabilité économique pour développer le solaire
», commente un responsable régional, cité par Frandroid. Ces exemples pourraient inspirer d’autres pays, à condition que les décideurs politiques s’emparent du sujet.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants. La Commission européenne doit publier, d’ici la fin 2026, de nouvelles directives pour accélérer les projets renouvelables, dont le solaire. Par ailleurs, les États membres devront préciser leurs budgets pour 2027, un exercice qui pourrait révéler — ou non — leur engagement réel en faveur de la filière. Autant dire que les acteurs du secteur surveillent de près ces échéances.

Au-delà de l’urgence climatique, c’est toute la souveraineté énergétique de l’Europe qui est en jeu. Le solaire, s’il parvient à s’imposer, pourrait réduire la dépendance aux énergies fossiles et limiter les risques de black-outs estivaux. Mais pour cela, il faudra concilier innovation technologique, volonté politique et pragmatisme économique.

Plusieurs facteurs expliquent cette stagnation. D’abord, les délais administratifs pour obtenir des permis de construire restent longs dans de nombreux pays. Ensuite, les subventions et mécanismes de soutien varient fortement d’un État membre à l’autre, créant des disparités. Enfin, les investisseurs hésitent encore en raison d’un cadre réglementaire instable et de réticences locales, notamment sur l’impact paysager ou la concurrence avec d’autres usages des sols.