Le célèbre Train Jaune, surnommé le « Canari » en raison de sa couleur distinctive, a repris du service ce mercredi après près de trois mois d’interruption. L’éboulement survenu sur la ligne fin février avait contraint les autorités à suspendre l’exploitation de ce joyau ferroviaire, vieux de plus d’un siècle, reliant Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol. Selon Franceinfo – Culture, cette reprise marque le retour d’un moyen de transport emblématique, à la fois pour les touristes et les habitants des Pyrénées Catalanes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Train Jaune a repris du service après trois mois d’arrêt suite à un éboulement survenu fin février.
  • Ce train historique, surnommé le « Canari », sillonne les Pyrénées Catalanes depuis 1910.
  • Il atteint jusqu’à 1 500 mètres d’altitude, notamment à la gare de Bolquère, la plus haute des Pyrénées.
  • Quelque 200 000 voyageurs empruntent cette ligne chaque année, dont la moitié en été.
  • La vitesse moyenne de 30 km/h permet de découvrir des paysages exceptionnels.
  • Des ouvrages techniques remarquables, comme le pont Gisclard et le viaduc de Séjourné, jalonnent son parcours.

Un retour salué par les passagers

Dès sa remise en service, le Train Jaune a retrouvé ses adeptes. Les voyageurs, émerveillés par les paysages traversés, ne tarissent pas d’éloges. « C’est fantastique, c’est impressionnant. Les montagnes… C’est une région splendide », s’est exclamé un passager à bord. Les points de vue à couper le souffle, notamment lors de l’ascension vers la gare de Bolquère, située à 1 500 mètres d’altitude, attirent chaque année des milliers de visiteurs. Autant dire que le retour du train a été accueilli avec enthousiasme par les touristes comme par les locaux.

Un exploit technique toujours d’actualité

Inauguré en 1910, le Train Jaune n’est pas seulement un moyen de transport : c’est un patrimoine ferroviaire unique. Son parcours est jalonné de prouesses techniques, comme le pont Gisclard, premier pont ferroviaire métallique de France, ou le viaduc de Séjourné, culminant à 65 mètres de haut. Ces ouvrages, conçus au début du XXe siècle, ont permis de désenclaver les villages isolés des Pyrénées. Aujourd’hui encore, leur originalité fascine. « C’est un exploit technique. Quand on passe sur les aqueducs, c’est là qu’on réalise ce qui a été fait. Et on se demande comment d’ailleurs », a souligné une voyageuse à bord du train.

Les conducteurs, comme Paul-François Rochefeuille, mettent en avant la technicité du train. « C’est un train qui fait plaisir à conduire, de par sa technicité et puis par l’environnement, aussi », a-t-il déclaré. À l’intérieur, les wagons rétro et la vitesse réduite (30 km/h en moyenne) offrent une expérience de voyage hors du commun, où le temps semble suspendu.

Un tourisme lent qui séduit

Le Train Jaune incarne une forme de tourisme lent, où le voyage compte autant que la destination. Jean-François Lado, référent Train Jaune pour SNCF Voyageurs, a expliqué que « la vitesse réduite permet de découvrir énormément de paysages. C’est vraiment une autre manière de découvrir le train, un autre trajet, même si c’est un train du quotidien, également utilisé par les locaux ». Cette approche a séduit des voyageurs en quête d’authenticité et de tranquillité.

Chaque année, près de 200 000 personnes choisissent ce mode de transport pour explorer les Pyrénées Catalanes. La moitié d’entre eux effectuent leur voyage durant la période estivale, profitant des températures clémentes et des paysages verdoyants. Le train, accessible à tous, devient ainsi un ambassadeur des territoires qu’il traverse.

Un patrimoine ferroviaire à préserver

Le Train Jaune ne se contente pas de transporter des voyageurs : il véhicule aussi une partie de l’histoire industrielle française. Ses wagons de style rétro, ses tunnels et ses viaducs rappellent une époque où l’innovation technique devait relever des défis géographiques majeurs. Aujourd’hui, sa préservation est un enjeu pour les collectivités locales et les associations de patrimoine. Des visites guidées sont même organisées pour mettre en valeur son héritage, comme l’a confirmé un responsable de la ligne.

Malgré les contraintes techniques et les aléas climatiques, le Train Jaune continue de rouler. Sa reprise après l’éboulement de février témoigne de la résilience de ce mode de transport, symbole d’un tourisme durable et d’un patrimoine à sauvegarder.

Et maintenant ?

La ligne devrait fonctionner normalement jusqu’à la fin de l’année, mais des travaux de sécurisation pourraient être envisagés pour prévenir de futurs incidents. Les responsables locaux devraient annoncer d’ici l’automne un calendrier des maintenances prévues pour l’hiver 2026-2027. En attendant, le Train Jaune reste un incontournable pour les amateurs de paysages pyrénéens et de voyages hors du temps.

À l’heure où le tourisme de masse interroge, ce petit train rouge offre une alternative apaisée, où chaque voyageur peut s’évader à son rythme. Une parenthèse dans les montagnes, entre modernité et tradition.

D'après les informations communiquées par SNCF Voyageurs, les horaires du Train Jaune sont rétablis dans leur intégralité depuis ce mercredi 27 mai 2026. Les départs sont assurés selon la fréquence habituelle, avec des circulations renforcées en été. Les horaires détaillés sont disponibles sur le site officiel de la SNCF et dans les gares desservies.