Le département du Trésor américain a annoncé, lundi 7 juillet 2026, le gel de plus de 100 adresses crypto suspectées d’être utilisées pour financer l’État islamique (EI) et sa branche afghane, ISIS-K. Selon Journal du Coin, ces mesures font suite à une enquête révélant des flux financiers totalisant 1,4 million de dollars en dons reçus via ces portefeuilles virtuels.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de lutte contre le financement du terrorisme, où les cryptomonnaies occupent une place croissante dans les réseaux djihadistes. « Les groupes terroristes exploitent les actifs numériques pour échapper aux contrôles traditionnels », a précisé un responsable du Trésor sous couvert d’anonymat. Les adresses concernées, principalement basées sur des réseaux comme Bitcoin et Ethereum, ont été identifiées après des mois de traçage des transactions, a ajouté la même source.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 100 adresses crypto ciblées par le Trésor américain, liées à l’État islamique et à ISIS-K.
  • Un montant total de 1,4 million de dollars en dons reçus via ces portefeuilles.
  • Les réseaux Bitcoin et Ethereum principalement utilisés pour ces transactions.
  • Cette opération s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le financement du terrorisme.
  • Les adresses ont été identifiées après des mois de traçage des flux financiers.

Une enquête approfondie pour traquer les flux financiers

L’enquête menée par les autorités américaines a permis de retracer des dons en cryptomonnaies vers des entités liées à l’État islamique et à ISIS-K. Selon Journal du Coin, ces fonds auraient servi à financer des opérations logistiques, des recrutements ou des attaques. « Les cryptomonnaies offrent une certaine opacité, mais elles laissent aussi des traces numériques », a souligné un expert en cybersécurité interrogé par le média.

Les adresses ciblées incluent des portefeuilles actifs depuis plusieurs années, certains ayant reçu des fonds en plusieurs fois. Les enquêteurs ont utilisé des outils d’analyse blockchain pour établir ces liens, une méthode de plus en plus courante dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les autorités n’ont pas précisé si d’autres pays avaient été informés de ces découvertes.

Un contexte international sous tension

Cette décision intervient alors que les groupes djihadistes, notamment en Afghanistan, renforcent leurs capacités financières malgré la chute du régime taliban en 2021. ISIS-K, responsable d’attaques meurtrières en Asie centrale, reste une menace persistante pour la stabilité régionale.

Les États-Unis et leurs alliés multiplient les initiatives pour couper les vivres à ces organisations. En 2025, l’Union européenne avait déjà adopté des mesures similaires pour geler les actifs crypto liés à des groupes terroristes. « La coordination internationale reste essentielle pour endiguer ces flux », a rappelé un diplomate européen sous anonymat. Les cryptomonnaies, bien que décentralisées, ne sont pas à l’abri des investigations des autorités.

Et maintenant ?

Cette annonce pourrait inciter d’autres pays à renforcer leurs propres dispositifs de surveillance des actifs numériques. Une réunion du G7 est prévue en septembre 2026 pour discuter des moyens de lutter plus efficacement contre le financement du terrorisme via les cryptomonnaies. Les autorités américaines ont par ailleurs indiqué qu’elles allaient publier prochainement un guide à destination des plateformes d’échange pour améliorer leur détection des transactions suspectes. Reste à voir si ces mesures suffiront à dissuader les groupes ciblés.

Les cryptomonnaies, un outil de financement pour les groupes terroristes

Les djihadistes ne sont pas les seuls à utiliser les cryptomonnaies pour contourner les sanctions et les contrôles. Des réseaux criminels, des trafics en tout genre ou même des États sous embargo y ont également recours.

Selon Journal du Coin, ISIS-K aurait notamment utilisé des méthodes comme le mixing (mélange de transactions) ou le recours à des portefeuilles anonymes pour brouiller les pistes. « Les groupes terroristes s’adaptent rapidement aux nouvelles technologies », a expliqué un analyste spécialisé en sécurité numérique. Les régulateurs du monde entier peinent encore à suivre le rythme de ces évolutions, malgré les avancées récentes.

Cette opération du Trésor américain rappelle l’importance de la coopération entre les secteurs public et privé. Les plateformes d’échange de cryptomonnaies, souvent pointées du doigt pour leur manque de diligence, pourraient être contraintes de renforcer leurs protocoles de conformité. Une chose est sûre : la bataille contre le financement du terrorisme via les actifs numériques ne fait que commencer.

Selon les autorités américaines et les experts en cybersécurité, Bitcoin et Ethereum restent les cryptomonnaies les plus utilisées par les groupes terroristes en raison de leur liquidité et de leur adoption massive. D’autres actifs comme Monero, plus anonymes, sont également exploités, mais leur utilisation est moins documentée.

Les enquêteurs utilisent des outils d’analyse blockchain, capables de retracer les flux financiers en temps réel. Ils croisent ces données avec des informations issues du renseignement humain ou des signalements des plateformes d’échange. Des algorithmes de détection des schémas suspects complètent cette approche.