Depuis le début des affrontements entre les États-Unis, Israël et l'Iran il y a deux mois, la crise économique du pays s'est aggravée de manière spectaculaire. À Téhéran, l'inflation, déjà très élevée avant le conflit, a atteint des niveaux records. Selon France 24, la monnaie nationale, le rial, s'est effondrée, tandis que les prix des denrées de base ont flambé, plongeant une partie croissante de la population dans la précarité.

Ce qu'il faut retenir

  • L'inflation en Iran a atteint des niveaux records depuis le début du conflit il y a deux mois.
  • La monnaie nationale, le rial, s'est effondrée face aux sanctions et à l'instabilité économique.
  • Les prix des produits de base ont explosé, aggravant la précarité d'une partie importante de la population.
  • Le conflit a exacerbé une situation économique déjà fragile avant les hostilités.

Une monnaie en chute libre et des prix qui s'envolent

Avant même le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran, l'économie iranienne montrait des signes de faiblesse. Deux mois de conflit ont achevé de la fragiliser. D'après France 24, le rial, qui valait encore environ 42 000 unités pour un dollar il y a quelques mois, a perdu près de 40 % de sa valeur. Cette dépréciation brutale a mécaniquement fait exploser le coût des importations, des médicaments aux produits alimentaires.

À Téhéran, les rayons des supermarchés affichent désormais des étiquettes difficiles à croire : un litre d'huile culinaire coûte désormais l'équivalent de 15 euros, contre 3 euros il y a un an. Les œufs, les légumes frais et même le pain subissent des hausses de prix comparables. Autant dire que le pouvoir d'achat des Iraniens s'est réduit comme peau de chagrin.

Des ménages sous pression, des classes moyennes en première ligne

Les ménages iraniens, en particulier ceux des classes moyennes et populaires, subissent de plein fouet cette crise. Selon Olivier Faissolle, journaliste de France 24 ayant couvert la situation sur place, de nombreux habitants de Téhéran se tournent désormais vers le marché noir pour se procurer des produits essentiels. « Les files d'attente devant les magasins d'État s'allongent chaque jour, et les stocks s'épuisent en quelques heures », a-t-il expliqué. Les denrées rationnées, comme la viande ou le riz, deviennent des produits de luxe inabordables pour une frange croissante de la population.

Les retraités, dont les pensions sont indexées sur un taux d'inflation officiel souvent sous-estimé, sont particulièrement touchés. Beaucoup doivent désormais choisir entre se nourrir correctement et payer leur loyer ou leurs factures d'électricité. Les associations locales rapportent une augmentation des cas de malnutrition chez les enfants dans les quartiers défavorisés de la capitale.

Un contexte économique déjà dégradé avant la guerre

Cette crise actuelle ne survient pas ex nihilo. Avant le début du conflit, l'Iran subissait déjà les effets des sanctions économiques internationales, notamment celles imposées par les États-Unis sous l'administration Trump et maintenues en partie sous Biden. Le pays, fortement dépendant de ses exportations pétrolières, voyait ses revenus s'effondrer depuis 2018. Comme le rapporte France 24, le PIB iranien avait reculé de 6 % en 2020, et la situation ne s'était que légèrement améliorée depuis.

La pandémie de Covid-19 avait également fragilisé un système de santé déjà sous-financé. Les hôpitaux manquent de matériel de base, et les médicaments essentiels sont devenus rares ou inabordables pour une grande partie de la population. Le conflit actuel a donc agi comme un accélérateur de crise, transformant une situation difficile en une urgence humanitaire et économique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'ampleur réelle de la crise. Plusieurs scénarios sont envisageables : une stabilisation progressive si le conflit cesse rapidement, ou au contraire une aggravation si les hostilités s'étendent ou si de nouvelles sanctions sont imposées. Les observateurs s'interrogent notamment sur la capacité du gouvernement iranien à maintenir son système de subventions alimentaires, déjà sous tension.

Une réunion du Fonds monétaire international est prévue en juin pour discuter d'éventuels plans de sauvetage. Reste à voir si les pays membres parviendront à un accord, alors que les tensions géopolitiques compliquent toute coopération internationale.

Dans l'immédiat, la priorité pour les autorités iraniennes semble être de limiter les risques de troubles sociaux. Des distributions d'aide alimentaire d'urgence ont été annoncées dans certaines provinces, mais leur efficacité reste à prouver face à l'ampleur de la crise. Une chose est sûre : sans solution politique rapide, l'économie iranienne pourrait mettre des années à se relever.