Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'économie russe est confrontée à de nombreuses difficultés. Selon BFM Business, les entreprises russes ont de plus en plus de mal à gagner de l'argent, avec plus d'une sur trois déficitaire. Les dernières données de Rosstat, le service fédéral des statistiques, montrent que 33% des grandes et moyennes entreprises suivies par Rosstat étaient déficitaires entre janvier et juillet 2026, un chiffre en hausse de deux points par rapport à l'année passée.
Ce marasme économique a des conséquences concrètes pour les salariés russes, qui ne recevront pas la prime de fin d'année qui fait normalement partie de leur rémunération classique. Près de la moitié des entreprises russes ne comptent pas en verser, selon une étude menée par le cabinet d'expertise comptable Aktion Bukhgalteriya, relayée par la version russe de Forbes.
Ce qu'il faut retenir
- Plus d'une entreprise russe sur trois est déficitaire
- Les bénéfices dégagés par les entreprises russes ont chuté de 16% par rapport à l'année dernière
- Le nombre de secteurs d'activité déficitaires a été multiplié par quatre par rapport à l'année dernière
- Les taux d'intérêt sont élevés, avec des taux avoisinant les 20%
- La croissance économique est en berne, avec une prévision de 0,9% pour 2026 et 2027
Les causes du marasme économique
Les économistes russes pointent du doigt le coût élevé des prêts pour expliquer ce marasme. Auprès d'Izvestia, le chercheur Vladimir Eremkin observe ainsi que les entreprises empruntent auprès des banques à des taux avoisinant les 20%. En conséquence, une part croissante de leurs bénéfices est tout simplement avalée par le paiement des intérêts. Et les taux découragent l'investissement. Au premier semestre, les investissements en capital fixe ont chuté de 10% sur un an, en particulier dans la métallurgie et le génie civil, constate Izvestia.
Les pertes les plus élevées sont observées dans la métallurgie, avec 269 milliards de roubles, soit 2,87 milliards d'euros au taux de change actuel. La demande intérieure et les exportations font grise mine. Severstal, la plus grande compagnie du secteur, a enregistré une perte de 4,7 milliards de roubles au premier semestre alors qu'il affichait un bénéfice confortable de 43,6 milliards de roubles à la même période l'année dernière.
Les secteurs qui résistent
Le secteur des hydrocarbures est un des seuls à émerger, avec les industries agroalimentaires et pharmaceutiques. La flambée des cours provoquée par la guerre au Moyen-Orient leur a permis de résister à la multiplication des attaques ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques sur le sol russe. Les producteurs de pétrole et de gaz ont accumulé des bénéfices de 26,7 milliards d'euros, selon Rosstat, en hausse de 51% sur un an.
Ces derniers pourraient désormais profiter de l'accord passé entre Donald Trump et le Kremlin pour la fourniture de 2,25 millions de barils de diesel, mais les recettes attendues sont loin d'être faramineuses. Reuters estime que ces exportations rapporteraient environ 357 millions d'euros. En comparaison, Vladimir Poutine a indiqué que les frappes ukrainiennes contre les raffineries ont coûté 1% du PIB de l'économie russe, soit 23,8 milliards d'euros.
Les défis à venir
L'effort de guerre devient d'autant plus lourd à porter pour la société russe que la croissance a nettement ralenti. Dans ses dernières prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) l'évalue à 0,9% pour 2026 et 2027, nettement moins qu'en 2023 et 2024 lorsque l'économie russe bondissait de 4% par an, grâce à des investissements massifs.
« Ce keynésianisme militaire a atteint ses limites », estime le chercheur Thomas Graham, dans une note publiée par le Council on Foreign Relations (CFR), un centre de réflexion américain.
En conclusion, l'économie russe est confrontée à de nombreux défis, avec des conséquences potentielles pour la stabilité du pays. Les sanctions occidentales, la guerre en Ukraine et les difficultés économiques internes devraient continuer à peser sur l'économie russe, avec des effets potentiels sur la croissance et l'emploi. Il reste à voir comment la Russie va gérer ces défis et quelles seront les conséquences à long terme pour l'économie et la société russes.