Un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, qui avait causé la mort de 39 personnes et blessé plus de 5 600 Mahorais, le Premier ministre Sébastien Lecornu a entamé ce mercredi 26 août une visite officielle de deux jours dans l’archipel de Mayotte. Comme le rapporte Euronews FR, cette déplacement s’inscrit dans un contexte marqué par des retards persistants dans la reconstruction du territoire, malgré les engagements financiers pris par l’État.

Dans une lettre adressée aux maires de Mayotte, Sébastien Lecornu a reconnu que « la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents » et que « les résultats ne sont pas encore suffisamment visibles dans la vie quotidienne des Mahoraises et des Mahorais ». Une situation d’autant plus préoccupante que seuls 11,7 % des 4 milliards d’euros prévus par la loi de programmation de 2025, allouant des investissements jusqu’en 2031, ont été effectivement dépensés en 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • 39 morts et plus de 5 600 blessés après le passage du cyclone Chido, en février 2025.
  • Un an et demi plus tard, seuls 11,7 % des 4 milliards d’euros alloués à la reconstruction ont été dépensés.
  • Le Premier ministre souligne des problèmes d’accès à l’eau, aux soins et aux écoles, ainsi que des retards dans les projets publics.
  • Mayotte, département le plus pauvre de France, compte 48 % d’habitants étrangers (Insee, 2017).
  • Sébastien Lecornu se réunira avec l’ensemble des maires de l’archipel ce jeudi 27 août.
  • La lutte contre l’immigration clandestine figure parmi les priorités de cette visite.

Une reconstruction en demi-teinte malgré les milliards engagés

Si la loi de programmation adoptée en août 2025 a permis de débloquer 4 milliards d’euros jusqu’en 2031, les retards dans l’exécution des projets restent criants. Sébastien Lecornu a pointé du doigt, dans sa lettre aux maires, les « problèmes d’accès à l’eau et aux soins », les « besoins de construction et de rénovation des écoles », ainsi que les « retards dans la livraison ou la mise en service d’équipements publics ». Autant de défis qui freinent la vie quotidienne des habitants, alors que l’archipel fait face à des enjeux structurels majeurs.

Pour le Premier ministre, la difficulté n’est plus tant une question de moyens financiers que d’efficacité dans leur mise en œuvre. « La difficulté de Mayotte n’est plus d’abord celle des crédits », a-t-il souligné, avant d’ajouter : « Mayotte n’a plus besoin d’une accumulation de promesses. Elle a besoin de preuves. » Une phrase qui résume l’impatience des Mahorais, alors que les travaux tardent à se matérialiser sur le terrain.

Immigration clandestine et souveraineté maritime au cœur du débat

Cette visite de deux jours s’inscrit dans la continuité des déclarations récentes d’Édouard Philippe, qui s’est rendu à Mayotte la semaine précédente. Selon nos confrères de Euronews FR, l’ancien Premier ministre, candidat déclaré à l’élection présidentielle pour le parti Horizons, a affirmé que « l’urgence est de fermer les vannes de l’immigration », allant jusqu’à évoquer une fermeture « totale » des frontières. Une position radicale qui contraste avec les promesses de Sébastien Lecornu, dont les annonces sur ce sujet seront particulièrement attendues.

Outre la question migratoire, la visite du Premier ministre abordera également la « maîtrise civilo-militaire de nos espaces maritimes » dans l’océan Indien. Un enjeu stratégique pour un département où 48 % des habitants sont étrangers, selon le dernier recensement de l’Insee, réalisé en 2017. La pression migratoire, couplée à des défis socio-économiques persistants, place Mayotte au cœur des débats sur la politique d’immigration française.

Une mobilisation des acteurs locaux indispensable

Pour Sébastien Lecornu, la réussite de la refondation de Mayotte passe nécessairement par l’implication des maires de l’archipel. « La refondation de Mayotte ne se fera pas sans eux », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de « lever les obstacles » et de « renforcer les moyens ». Une réunion avec l’ensemble des édiles est prévue ce jeudi après-midi, alors que le Premier ministre entend s’appuyer sur les acteurs locaux pour accélérer les projets.

Cette visite marque également le premier déplacement de Sébastien Lecornu dans un département d’Outre-mer depuis son arrivée à Matignon en septembre 2025. Son agenda prévoit notamment la visite d’un quartier de renouvellement urbain, d’un poste de sécurité et une rencontre avec des écoliers. Autant de symboles forts pour montrer l’attention de l’État envers ce territoire éloigné.

Et maintenant ?

Sébastien Lecornu a annoncé une nouvelle visite à Mayotte au début de l’année 2027, afin d’évaluer les avancées concrètes réalisées. Il a également convié les maires de l’archipel et le président du département-région à Matignon en novembre, à l’occasion du Congrès des maires, pour dresser un premier bilan. « La fin de ce quinquennat ne doit pas être une période d’attente pour Mayotte. Elle doit être, bien au contraire, une période d’action et d’exécution », a-t-il conclu dans sa lettre. Une feuille de route claire, mais dont la mise en œuvre dépendra des engagements pris sur le terrain.

Cette visite intervient alors que les tensions autour de l’immigration et de la reconstruction de Mayotte restent vives. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour ce département, où les attentes des habitants et les défis structurels se heurtent à la réalité des retards administratifs. La capacité du gouvernement à concilier urgence sociale, souveraineté nationale et efficacité budgétaire sera déterminante pour l’avenir de l’archipel.

Plusieurs facteurs expliquent ces retards : des problèmes d’accès à l’eau et aux soins, des besoins criants en matière de construction et de rénovation des écoles, ainsi que des incertitudes autour de la réalisation de certains projets publics. Selon le Premier ministre, seuls 11,7 % des 4 milliards d’euros alloués ont été dépensés en 2026, ce qui illustre les difficultés d’exécution des travaux.

Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de « lever les obstacles » et de « renforcer les moyens » pour accélérer la reconstruction. Il a également abordé la lutte contre l’immigration clandestine et la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes dans l’océan Indien. Une réunion avec les maires de Mayotte est prévue pour identifier les décisions à prendre et les moyens à renforcer.