L’Écosse devient le premier pays du Royaume-Uni à légaliser la crémation par l’eau, également appelée aquamation ou hydrolyse alcaline, une méthode funéraire présentée comme plus respectueuse de l’environnement. Selon Courrier International, cette pratique est désormais autorisée après un vote du Parlement écossais le 2 mars 2026, marquant « le plus grand changement dans la réglementation funéraire depuis l’autorisation de la crémation en 1902 », comme le souligne le Guardian.

Ce qu'il faut retenir

  • L’aquamation utilise un processus d’hydrolyse alcaline pour dissoudre les tissus humains à 150 °C en 90 minutes.
  • Cette méthode émet 7 fois moins de CO₂ qu’une crémation classique, selon les estimations de la BBC.
  • Le processus produit des cendres similaires à celles d’une crémation traditionnelle, mais sans nécessiter de cercueil.
  • 84 % des Écossais interrogés en 2023 soutenaient cette innovation, selon le Telegraph.
  • L’Écosse est le 29e pays au monde à adopter cette pratique, déjà répandue en Irlande, au Canada et aux États-Unis.
  • Son coût devrait être « équivalent ou légèrement supérieur » à celui d’une crémation classique, mais sa mise en œuvre n’interviendra pas avant l’été 2026.

Une méthode innovante pour réduire l’empreinte carbone des funérailles

L’aquamation repose sur un principe simple : le corps est plongé dans une solution d’hydroxyde de potassium et d’eau chauffée à 150 °C pendant quatre-vingt-dix minutes. Les tissus sont dissous, ne laissant que les os, qui sont ensuite rincés à 120 °C, séchés et réduits en poudre. Cette poudre, remise aux proches, est identique aux cendres obtenues par crémation traditionnelle. Selon la BBC, cette méthode émet en moyenne 45 kg de CO₂, contre 320 kg pour une crémation classique.

Jenni Minto, ministre écossaise de la Santé publique, a salué une « solution nouvelle et écologique ». Pour Georgina Robinson, postdoctorante à l’université de Durham, cette alternative répond aussi à la rareté des terrains disponibles pour les inhumations, un enjeu croissant dans les zones urbaines densément peuplées. En effet, contrairement à la crémation, l’aquamation ne nécessite pas de cercueil, ce qui réduit également l’utilisation de matériaux à usage unique, comme le relève le Guardian.

Un soutien populaire et des perspectives législatives élargies

La légalisation de l’aquamation en Écosse fait suite à une consultation publique menée en 2023, au cours de laquelle 84 % des participants se sont déclarés favorables à cette méthode, selon le Telegraph. Cette approbation reflète une tendance plus large au Royaume-Uni, où l’Angleterre et le pays de Galles étudient désormais l’introduction de nouvelles pratiques funéraires, incluant l’hydrolyse alcaline et le compostage humain, comme l’indique le Guardian.

Début juin 2026, The Independent rapportait que l’Écosse, en pionnière, pourrait inspirer d’autres régions à adopter ces alternatives. En effet, les autorités anglaises et galloises ont déjà évoqué leur intention de réviser leurs législations pour intégrer ces nouvelles méthodes, dans un contexte où la demande pour des funérailles plus durables ne cesse de croître.

Un déploiement progressif et des défis logistiques

Si l’aquamation est désormais légale en Écosse, sa mise en œuvre pratique prendra du temps. La BBC précise qu’un équipement dédié à l’hydrolyse alcaline doit encore être construit, une procédure qui nécessite l’autorisation des services d’urbanisme ainsi que celle de Scottish Water, l’entreprise publique gestionnaire de l’eau en Écosse. Par ailleurs, le coût de cette prestation devrait être « équivalent ou légèrement supérieur » à celui d’une crémation traditionnelle, sans que les tarifs exacts n’aient encore été communiqués.

Pour l’heure, les autorités écossaises tablent sur un lancement opérationnel à l’été 2026. Cette échéance coïncide avec une période où les discussions sur l’adaptation des pratiques funéraires aux enjeux climatiques s’intensifient, tant au Royaume-Uni que dans d’autres pays européens.

Et maintenant ?

Si l’Écosse ouvre la voie, l’Angleterre et le pays de Galles pourraient suivre d’ici 2027, une fois leurs consultations législatives achevées. Une adoption plus large de l’aquamation en Europe dépendra toutefois de son acceptation par les familles, mais aussi de la capacité des établissements à s’équiper. D’autres pays, comme la France ou l’Allemagne, observent ces évolutions avec attention, bien que leurs réglementations funéraires actuelles ne prévoient pas encore cette alternative.

Un changement de paradigme dans les pratiques funéraires ?

Avec l’augmentation des températures et la pression sur les ressources, les funérailles écologiques s’imposent comme un sujet de société. L’aquamation, bien que moins connue que le compostage humain — déjà légal dans certains États américains —, offre une solution intermédiaire : ni inhumation, ni crémation classique, mais une alternative dont l’empreinte carbone reste limitée. Reste à savoir si cette méthode gagnera en popularité au-delà des frontières écossaises, et si d’autres pays européens emboîteront le pas.

Une question se pose alors : dans un contexte où les émissions de CO₂ des funérailles traditionnelles sont pointées du doigt, l’aquamation deviendra-t-elle la norme d’ici une décennie ? Seul l’avenir le dira, mais une chose est sûre : le débat sur la durabilité des rites funéraires ne fait que commencer.

L’aquamation utilise un processus d’hydrolyse alcaline à haute température pour dissoudre les tissus, tandis que la crémation classique repose sur la combustion du corps à plus de 800 °C. L’aquamation émet moins de CO₂ et ne nécessite pas de cercueil, contrairement à la crémation traditionnelle.

Non. À ce jour, la législation française n’autorise que la crémation et l’inhumation. Cependant, des discussions pourraient s’engager dans les années à venir, notamment dans un contexte de recherche de solutions plus durables.